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Fermeture du cuivre au 31 janvier 2026 : l'Arcep fait le point sur ce qu'il faut savoir



En 2026, le chantier de fermeture du réseau cuivre lancé par l’opérateur devient concret. Ce 27 janvier, l’opérateur Orange a annoncé avoir procédé à la fermeture technique du réseau cuivre dans 763 communes « réparties dans 54 départements et 14 régions, soit environ 900 000 locaux » (lire Maire info du 28 janvier).

Une autre échéance importante arrive demain : « Près des trois quarts des communes françaises vont vivre la fermeture commerciale de leur réseau cuivre », indique l’Arcep sur son site internet. Ainsi, la vente de nouveaux abonnements utilisant le réseau cuivre, quel que soit l'opérateur, ne sera plus possible dans ces communes dès le 31 janvier. Précisons que les abonnements ADSL déjà souscrits sont maintenus et que c’est spécifiquement la vente d’abonnements qui s’arrête. 

Mais ce n’est qu’un « premier jalon » de la fermeture définitive du réseau cuivre qui se fait en plusieurs phases : une fermeture commerciale et une fermeture technique. La première consiste en l’arrêt de la vente des abonnements, la deuxième « consiste à arrêter tous les services sur cuivre au niveau d'une zone donnée », selon une logique de lots annuels de communes. À l’horizon 2030, le réseau cuivre historique, qui fournit le téléphone, internet et la télévision, n’existera plus et sera remplacé par la fibre optique.

C’est dans ce contexte que l’Arcep publie un dossier de presse résumant les enjeux de cette première étape avant la disparition définitive de l’ADSL. 

Des informations et dates pour chaque commune 

Pour toutes les communes, l’Arcep rappelle que la fermeture commerciale est prévue par Orange soit ce 31 janvier 2026, soit le 31 janvier 2027. Près de 8 000 communes ont fait l’objet d’un report de calendrier afin, comme l’explique le secrétaire général d’Orange, de ne « prendre aucun risque en matière de déconnexion d’abonnés, y compris dans les communes presque intégralement fibrées. »

L’Arcep souligne qu’Orange a « l’obligation de communiquer au moins 36 mois à l’avance la liste des communes concernées par une fermeture », qu’elle soit commerciale ou technique. Une base de données ouverte est donc accessible à tous et comprend « un « Fichier de trajectoire » téléchargeable en format tableur et incorporant des statistiques utiles pour les élus locaux (…) » afin qu’ils puissent informer leurs administrés s’ils le désirent. On y retrouve notamment – ce qui devrait intéresser de nombreux maires – le nombre d’abonnements à l’ADSL qui sont encore actifs sur la commune à moins d’un an de la fermeture. 

Un moteur de recherche développé par les services de Bercy permet aussi aux élus de savoir si la date de fermeture définitive (ou « fermeture technique ») du réseau cuivre a déjà été fixée pour la commune et d’en connaître la date exacte. Aujourd’hui, « près de 10 000 communes ont d’ores et déjà une date de fermeture définitive connue et prévue par Orange », indique le régulateur. 

Le déploiement complet de la fibre optique est indispensable 

Le dossier de l’Arcep souligne surtout un paramètre essentiel de ce chantier : pour pouvoir fermer le réseau cuivre sur une commune, Orange a l’obligation de respecter certains critères et notamment de s’assurer que le déploiement complet de la fibre optique a bien été fait sur la commune. 

Cette fameuse obligation du déploiement complet de la fibre avant de procéder à la fermeture du cuivre – en plus d’être réclamée par les associations d’élus et de consommateurs – « constitue une incitation pour les opérateurs de réseaux à accélérer leurs efforts de déploiement pour les locaux qui ne sont pas encore éligibles à la fibre (environ 6 % des locaux en France fin septembre 2025). » En effet, « les opérateurs qui déploient la fibre optique sont naturellement intéressés à ce que le réseau cuivre ferme, car elle accélère le remplissage des réseaux en fibre optique dans lesquels ils ont investi. »

Pour que ce chantier soit un succès, il faut aussi s’assurer qu’il n’y ait pas de « naufragés de la fibre », comme l’avait souligné Michel Sauvade, co-président de la commission numérique de l’AMF lors du dernier congrès des maires (lire article Maires de France). Selon l’Arcep, 28 % des abonnés ADSL déclarent ne pas avoir connaissance de la fermeture prochaine du cuivre. C’est pourquoi le gouvernement, l’Arcep et les opérateurs tendent à renforcer la communication sur le sujet avec la publication de guides ou encore des moteurs de recherches précis comme celui de l’Arcep intitulé « Ma connexion internet ». 

Le dossier clarifie aussi un point important pour les élus : il est « possible de souscrire à un abonnement internet ou téléphonique seul sur la fibre pour remplacer un éventuel abonnement internet ou téléphonique sur le réseau cuivre ». Effectuer ce changement d’abonnement le plus tôt possible est recommandé. 

Aujourd’hui, « la France fait partie des pays les mieux fibrés d’Europe avec une couverture supérieure de 20 points à la moyenne de l’UE », note l’Arcep. « Fin septembre 2025, près de 94 % des locaux étaient éligibles à la fibre et 80 % des abonnements internet fixe étaient en fibre optique (contre 16 % en 2015). »

Consulter le dossier de l'Arcep. 



Édition du vendredi 30 janvier 2026

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