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Hantavirus : la situation « sous contrôle », l'OMS rejette toute comparaison avec l'épidémie de covid-19



Parmi les passagers du navire MV Hondius, parti d’Argentine pour rejoindre le Cap-Vert, 11 cas ont été détectés, en comptant les trois passagers qui sont déjà décédés. Ils sont originaires des Pays-Bas, de France, d’Allemagne, de Suisse, du Royaume-Uni, des États-Unis et d’Espagne. En revanche, aucune infection n’a été pour l’instant été constatée chez les « cas contacts », notamment les passagers des deux avions dans lesquels se trouvaient des personnes infectées.

Quarantaine forcée pour les cas contacts

Le gouvernement français a pris, dès le week-end dernier, des mesures rapides et « maximalistes », préférant faire jouer à plein le principe selon lequel il vaut mieux prendre trop de précautions que pas assez (lire Maire info de lundi). Seule évolution depuis : le traitement des cas contacts. Alors que dans un premier temps, le Premier ministre avait indiqué qu’ils seraient simplement testés puis appelés à « s’auto-isoler », il a finalement changé son fusil d’épaule et annoncé, lundi 11 mai au soir, que tous les cas contacts seraient hospitalisés et maintenus à l’isolement le temps nécessaire à l’hôpital. Il s’agit des 22 passagers français des vols empruntés par des personnes malades. Ils sont tous « hospitalisés ou en cours d’hospitalisation », a indiqué hier la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, pour « au moins 14 jours ». Ces personnes sont toutes, pour le moment, « en bonne santé ». Mais il faut rappeler que le temps d’incubation de ce virus peut atteindre six semaines. Les autorités sanitaires restent donc prudentes.

Virus « peu infectieux » selon l’institut Pasteur

Plusieurs questions restent posées à propos de ce virus : même s’il est bien connu – contrairement au covid-19 lorsqu’il est apparu – , rien ne dit que l’on n’ait pas affaire ici à une forme mutante dont les caractéristiques pourraient être différentes des souches classiques, reconnaissent les épidémiologistes. La réponse viendra lorsque ce virus aura été entièrement séquencé.

Par ailleurs, les experts ignoraient encore, jusqu’à présent, si des personnes pouvaient être porteuses du virus sans présenter de symptômes. La réponse est arrivée avant-hier : un des passagers espagnols du navire, rapatrié, a été testé positif alors qu’il ne présentait aucun symptôme. Il a été placé en quarantaine, comme les autres passagers, dans un hôpital militaire de Madrid. 

En dehors de ces incertitudes, les autorités sanitaires ne semblent pas excessivement inquiètes. L’OMS affirme que par de nombreux aspects, la situation n’a rien à voir avec celle de 2020, d’une part parce que ce virus semble beaucoup moins contagieux que le covid-19, et d’autre part parce que « cluster » a été immédiatement identifié et que tous les passagers du navire sont à l’isolement. « Le virus est étudié, on connaît sa structure et son fonctionnement, et il est peu infectieux », expliquait hier la directrice générale de l’Institut Pasteur, Yasmine Belkaid, qui affirme que son organisation n’est « pas inquiète », juste « vigilante ». 

Même tonalité chez la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui a déclaré hier lors d’une conférence de presse qu’il n’y a « pas d'éléments en faveur d'une circulation diffuse du virus » en France. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a quant à lui affirmé ce matin que « les Français peuvent voyager comme ils le souhaitent », qu’il n’y a « aucune restriction » car « le virus e court pas comme c’était le cas pour le coronavirus ». 

Meilleure coordination

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, s’est également exprimé sur ce sujet hier, pour la première fois, avec la même volonté de rassurer et de contrer tout « alarmisme ». « La situation est sous contrôle et le gouvernement a pris les bonnes décisions », a déclaré le président de la République, qui a clairement indiqué qu’il « ne faut pas comparer ce qui n’est pas comparable », les caractéristiques du hantavirus étant « très différentes » de celle du covid-19. Les protocoles « les plus rigoureux » ont été mis en place grâce « à l’expérience du passé », a poursuivi le chef de l’État. 

Comme le Premier ministre la veille, il a toutefois critiqué en filigrane un manque de coordination entre les États européens, et souhaité que « les standards les plus exigeants » soient alignés dans toute l’Union. Hier, Sébastien Lecornu avait également déclaré qu’une « meilleure coordination internationale est indispensable ». Le Premier ministre a demandé aux ministres « de renforcer immédiatement la coopération avec les États voisins et de pousser à une coordination plus étroite des protocoles sanitaires mis en place au sein de l’Union européenne et de l’espace Schengen ». 

Le gouvernement annonce que deux réunions quotidiennes se tiendront à Matignon tant que durera la crise. 

Quant à la patiente française infectée par le virus, elle se trouve toujours en réanimation à l’hôpital Bichat, à Paris, dans un état très grave. Selon ses médecins, elle a été atteinte de « la forme la plus sévère » de ce virus, et son pronostic vital reste engagé. 



Édition du mercredi 13 mai 2026

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