« L’inquiétude et l’incompréhension des maires sont très fortes et la dégradation du lien de confiance avec l’Etat est très rapide », a témoigné Philippe Laurent, secrétaire général de l’AMF. Un degré d’inquiétude qui explique sans doute que les maires seront encore plus nombreux que les autres années, 15 000 participants annoncés, à venir écouter ce qu’auront à leur dire les membres du gouvernement, puis le président de la République qui clôturera les travaux de ce 100e congrès.
« Les collectivités sont favorables au rétablissement des comptes publics et elles y ont pris toute leur part depuis plusieurs années, et mieux que l’Etat », a répété hier le président de l’AMF. « Mais les nouveaux efforts demandés nous paraissent disproportionnés, injustes et inatteignables sans entraver gravement l’investissement public local, a-t-il une nouvelle fois dénoncé. L’effort demandé n’est pas tenable. L’Etat doit l’entendre ».
« Il y a une volonté de baisser la dette des collectivités de 8,9 % à 5 % afin de pouvoir augmenter celle de l’Etat de 80 à 89 % », a expliqué Philippe Laurent, insistant sur le fait qu’il s’agissait de dépenses d’investissement pour les collectivités et, à l’inverse, de dépenses de fonctionnement pour l’Etat.
« On nous dit qu’il n’y a pas de baisse de la DGF mais lorsque l’on creuse un peu le PLF 2018 et les différentes lignes de crédits pour les territoires, on arrive à une baisse de plus de 2 milliards pour 2018 », a enchaîné André Laignel. « La question de notre participation à la prochaine Conférence nationale des territoires est très clairement posée si aucune évolution substantielle ne se faisait jour », a poursuivi le numéro 2 de l’association.
Mais pour l’instant les dirigeants de l’AMF, qui se sont entretenus fin octobre avec Emmanuel Macron, qui s’est montré « à l’écoute », « souhaitent vraiment que cela se passe bien ». « Beaucoup dépendra des orientations que souhaitera donner au pays, et donc aux collectivités locales, le président de la République, qui est le gardien des institutions », a dit François Baroin.
Les maires auront peut-être une réponse le 23 novembre, jour où Emmanuel Macron viendra clôturer le 100e Congrès de l’AMF.
Télécharger le programme complet du 100e Congrès.

