Devant les élus locaux, la présidente de la région Île-de-France et candidate LR, Valérie Pécresse, a dit vouloir « mettre en place le projet de décentralisation le plus puissant de l’histoire de notre pays » à travers « un pacte de liberté et de confiance » entre l’État et les collectivités. Elle a assuré que son projet de « République des territoires » est « l'une des priorités » du début de son quinquennat. « Toutes mes propositions seront débattues lors d’une grande conférence de Territoires unis juste après l’élection pour ajuster le programme. (…) Tout peut être négocié et co-construit avec vous » , a-t-elle assuré aux élus. Elle veut notamment laisser les communes « définir elles-mêmes les compétences qu’elles veulent partager au sein des intercommunalités » . Valérie Pécresse a fait savoir que l’autonomie financière « d[evai]t être garantie par la Constitution » et qu’elle mettrait un terme aux contrats de Cahors, pour l’heure suspendus.
« Choc de simplification »
Si elle est élue, la présidente de la région francilienne souhaite « débureaucratiser » le pays en mettant en place un « choc de simplification » . Objectif, « diviser par deux le temps de toutes les procédures administratives » . « Ce choc de simplification je l’ai fait dans ma région, aujourd’hui il faut le faire pour la France » .
Différenciation
Promettant d’inscrire le droit à la différenciation dans la Constitution, elle souhaite donner la possibilité aux collectivités « d’adapter les règlements nationaux » aux réalités locales. « S’agissant des maires, ce sera avec des contrats conclus avec les préfets » , a-t-elle précisé. « Je n’exigerai plus des communes qu’elles appliquent des lois inapplicables, je veux que les maires retrouvent le pouvoir de dessiner leur ville » , a-t-elle affirmé, en proposant notamment de « sortir de la loi SRU » et de la remplacer par de « vrais contrats de mixité sociale et de mixité de logements qui seront conclus au niveau local » .
Valérie Pécresse s’est également engagée à redonner la main aux élus sur les attributions des logements sociaux pour que « les travailleurs de première ligne d’une ville puissent être logés en priorité dans leur ville » , avec 60 % de logements sociaux attribués par les maires dans leur commune. Elle prévoit également « d’éradiquer les quartiers-ghettos en dix ans avec pas plus de 30 % de logements très social par quartier ».
Plus largement, elle préconise d'adapter le « zéro artificialisation nette » (ZAN) dans les communes rurales « partout où il y a des projets d'intérêt local, de développement économique ou de logement des familles » .
Peine plancher pour les agressions d’élus
« Face à l’explosion des violences » , notamment à l’encontre des élus, la présidente d’Île-de-France prône la mise en place d’une peine plancher : « Lorsqu’un élu sera agressé physiquement, il y aura une condamnation à un an minimum de prison ferme » et « il n’y aura plus de classement sans suite lorsqu’il y aura un outrage à élu ».
En outre, elle souhaite faire de la police municipale « la troisième force de sécurité du pays » et la « mettre en œuvre dans chaque commune » en donnant des « moyens » aux élus locaux. Elle s’est également dit favorable à l’armement des policiers municipaux, « surtout en zone urbaine » .

