« L’autoroute fluviale est fermée, donc le ravitaillement s’effectuera dès aujourd’hui par voie aérienne, grâce à la mobilisation de moyens privés et militaires », a déclaré ce jeudi le préfet Antoine Poussier lors d’un point presse. Ces avions privés et trois Casa de l’armée transporteront 100 tonnes de fret par semaine.
Ce déficit pluviométrique a entraîné, selon la préfecture, « une forte baisse du niveau des cours d’eau et l’interruption progressive du trafic fluvial », réseau vital pour ces communes non reliées au réseau routier.
À compter de jeudi, « le centre opérationnel de zone, renforcé par la mission d’appui de la sécurité civile, assurera quotidiennement la coordination et la priorisation des moyens logistiques civils et militaires », a détaillé la préfecture. Ces opérations de ravitaillement cibleront les communes dépourvues d’accès routier : à l’ouest, le long du fleuve Maroni (Maripasoula, Papaïchton et Grand-Santi), et au sud-est, sur le fleuve Oyapock (Camopi).
L’objectif est d’assurer l’acheminement de biens de première nécessité à un prix raisonnable, le maintien du service public de l’éducation pour la rentrée des vacances de la Toussaint et le bon fonctionnement des moyens de production d’eau potable, y compris sur le littoral.
Un dispositif de fret subventionné par la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) est réactivé pour assurer l’approvisionnement en produits de première nécessité.
Contrôle des prix
« Cette aide, qui permet d’avoir un fret à 50 centimes d’euros par kilo, est reconduite cette année », a confirmé à l’AFP Jean-Paul Fereira, président par intérim de la CTG.
En contrepartie, les commerçants bénéficiant de ce dispositif doivent garantir un prix de référence pour limiter l’inflation. « Des contrôles seront réalisés par la Répression des fraudes », a précisé le préfet.
Les contrôles des prix visent à éviter les abus de la crise de 2024, quand une bouteille de gaz de 12,5 kg se vendait 120 euros. Il y a deux ans, répondre à deux mois d’urgence avait coûté 3,5 millions d’euros à l’État et à la CTG.
Cette crise est décuplée par le dérèglement climatique et le phénomène El Niño.
Selon Météo-France Guyane, juillet et août ont été les mois les plus secs enregistrés depuis 1967. Ce stress hydrique s’est poursuivi en septembre avec seulement 2,9 mm de pluie « contre 18 mm en moyenne entre 1991 et 2020 », a indiqué à l’AFP Ludovic Magnouloux, responsable du service prévision.
Particulièrement précoce avec un début en juin, la saison sèche pourrait s’étirer jusqu’aux premiers mois de 2027 « sous l’effet d’un El Niño record », selon Météo-France Guyane, alors que les pluies arrivent généralement en décembre.


