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Édition du vendredi 16 janvier 2026
Énergie

Plus souvent utilisé dans les communes rurales, le chauffage au fioul disparaît peu à peu

Selon une nouvelle étude de l'Insee, 2,6 millions de résidences principales sont chauffées au fioul en 2022, soit près de 9 % d'entre elles. Depuis plus de 15 ans, sous l'impulsion de politiques publiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, ce chiffre est en baisse, même si l'usage du fioul reste important en milieu rural.

Par Lucile Bonnin

Dans encore 2,6 millions de résidences principales, le fioul reste la source principale de chauffage. C’est ce que pointe une nouvelle étude de l’Insee qui dresse un panorama précis de la part des foyers français qui sont encore principalement chauffés par le fioul. 

Une évolution progressive

Le fioul présente à la fois un inconvénient environnemental et financier. D’abord, cette énergie est fortement émettrice de gaz à effet de serre. Selon le ministère de la Transition écologique, « un système au fioul émet jusqu’à 8 fois plus de CO2 (gaz carbonique) qu’une pompe à chaleur pour la même quantité d’énergie produite ». Ensuite, sur l’aspect financier, le fioul « reste cher » : « Pour une maison moyenne de 100 m², la facture peut aller de 1 500 euros à 3 000 euros par an »  et son prix peut varier de façon drastique, comme ont pu le constater de nombreux ménages en 2022 avec l’inflation. 

Rappelons que la loi Climat et résilience du 1er juillet 2022 a interdit l’installation de nouvelles chaudières au fioul dans les bâtiments existants. Dans la dernière décennie, des aides ont aussi été mises en place pour les pouvoirs publics pour pouvoir faire cette transition comme MaPrimeRénov ou encore la prime « Coup de pouce chauffage »  pour remplacer une vieille chaudière au fioul.

Mais cette transition de grande ampleur ne peut pas se faire du jour au lendemain. Comme l’observe l’Insee, il y a tout de même un recul : « En 2022, le fioul domestique est la source principale de chauffage de 8,5 % des résidences principales, soit 2,6 millions. Cette énergie est bien moins répandue que l’électricité (36 %) et le gaz (35 %). » 

Les auteurs de cette étude observent qu’entre 2006 et 2022, le nombre de résidences principales chauffées au fioul a presque été divisé par deux, passant de 4,6 millions à 2,6 millions. « Si la baisse du nombre d’appartements chauffés au fioul est ancienne, le mouvement n’a démarré qu’au milieu des années 2000 pour les maisons », indiquent les trois auteurs. C’est le moment où les « constructions neuves ont été plus rarement équipées au fioul qu’auparavant et où une partie des résidences principales existantes chauffées au fioul ont été converties à d’autres énergies, en particulier l’électricité ». Il faut noter aussi que « le nombre de résidences principales chauffées au fioul a pu diminuer en raison de la bascule, entre 2006 et 2022, d’une partie d’entre elles dans le champ des logements secondaires ou vacants, notamment dans le cadre de successions. » 

Différences territoriales 

Les différences d’utilisation du fioul selon les territoires sont très marquées et peuvent, selon l’étude, « s’expliquer en partie par les spécificités de leurs parcs résidentiels ».

C’est dans les territoires moins denses que le fioul reste l’énergie la plus utilisée pour chauffer les résidences principales : « 16,7 % des logements utilisent ce mode de chauffage dans les zones rurales, contre 3,5 % dans les espaces urbains denses », peut-on lire dans l’étude. L’Insee estime qu’en 2022 la part de résidences principales chauffées au fioul dépasse 30 % dans la plupart des communes rurales du Massif central, du nord du pays et des Alpes, alors que dans les grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille, elle est inférieure à 5 %. Davantage utilisé dans les petites copropriétés de quatre appartements ou dans les maisons individuelles, le chauffage au fioul est donc le plus présent dans les logements des territoires ruraux. 

Moins de fioul et moins de gaz

L’étude met enfin en avant le fait que la possibilité de se raccorder aux réseaux de gaz a un impact sur l’utilisation du fioul. Il apparaît que dans les communes où moins de 30 % des maisons sont chauffées au gaz, le chauffage au fioul est particulièrement répandu : « En moyenne 18 % des maisons sont alors concernées, contre 7 % dans les autres communes. »  Dans le département de la Lozère, aucune commune n’atteint ce critère de raccordement au gaz et donc la proportion de maisons chauffées au fioul est très élevée (34 %). 

En effet, dans certaines communes rurales le réseau n’a jamais été construit, en raison du coût important des travaux et du manque d’habitant pour rentabiliser l’investissement. Dans d‘autres cas, certaines communes ont fait le choix de ne pas développer le gaz afin de favoriser d’autres énergies : électricité, réseaux de chaleur, bois, renouvelables. Par ailleurs dans les constructions neuves, le gaz tend à être de moins en moins autorisé pour répondre aux nouvelles règles environnementales (RE2020) fixées en 2020. L’électricité et les pompes à chaleur sont désormais davantage utilisées dans les nouvelles constructions. Par conséquent, même des communes déjà équipées n’étendent plus forcément le réseau jusqu’à ces habitations. 

Consulter l'étude de l'Insee. 

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