Leur mission était d'analyser les pratiques et les modes d'intervention mis en place par les acteurs locaux, pour apporter des améliorations et de l'efficacité aux politiques menées, dans l'intérêt des habitants. Comme le souligne le rapport, « les organisations ont souvent une réaction de protection : tout se fait déjà et on a tout essayé. Ce discours convenu se veut rassurant et il est censé clore définitivement le débat. Pourtant, la réalité est souvent bien plus nuancée, et il faut aller au-delà ». Les délégués ont vérifié cet autre constat : une même politique, menée au même moment dans des endroits différents, avec des acteurs identiques, des moyens similaires aura pourtant des impacts différents.
Les délégués du gouvernement ont amorcé quelque chose de nouveau. En revenant sur leurs expériences, ce livre vert sert aussi et surtout de méthodologie pour les prochains délégués du gouvernement. La loi Égalité et citoyenneté a en effet installé ces délégués dans le paysage de la politique de la ville. Ce sont eux qui pourront intervenir sur demande du préfet, après saisine du conseil citoyen.
Au gré de six fiches thématiques (gouvernance, éducation, jeunesse, emploi, santé, prévention de la radicalisation), ce livre vert identifie un certain nombre de leçons ou pistes qui intéresseront tous les acteurs de la politique de la ville. Le délégué ne doit donc pas être un généraliste. Il faut se méfier des intitulés thématiques trop vastes tels la lutte contre la radicalisation. L'expérience d'une déléguée expérimentée pour traiter des questions de santé se justifie. Le thème du peuplement est une problématique centrale. Le sujet des trafics de drogue dans les quartiers est un sujet récurrent et mériterait un délégué du gouvernement chargé de la tranquillité et de la sécurité publique. En rencontrant tous les acteurs, en créant les liens et alimentant les réseaux, les délégués « contribuent à capter des projets » qui sans cela se seraient perdus, faute d'avoir ouvert la bonne porte, trouver le bon partenaire. Les délégués mettent aussi l'accent aussi sur l'animation et les échanges trop peu nourris avec les conseils citoyens. Un point de vigilance réaffirmé quelques jours tard par la secrétaire d’État à la Ville qui réunissait, pour la dernière fois du mandat, le comité national de suivi des conseils citoyens (1157 recensés).

