Édition du mercredi 2 octobre 2019


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Aides à domicile : les professionnels relancent la mobilisation

 

Une intersyndicale des services d'aide aux personnes âgées (à domicile et en établissements type maisons de retraite, d'hébergement de personnes âgées dépendantes), et l'Ad-PA appellent à la grève le 8 octobre. Celle-ci promet d'être fortement suivie, avec le soutien annoncé d'associations de familles ou de malades comme France Alzheimer. Les précédentes mobilisations, en janvier et mars 2018, avaient mis la pression sur le gouvernement pour qu'il précise sa feuille de route. Les motivations et griefs n'ont pas changé comme l'explique le président de l'Ad-PA (association des directeurs au service des personnes âgées), Pascal Champvert dans une interview à Maire info, vendredi 27 septembre. 
Cela a d'ailleurs poussé l'Ad-PA à déposer avec trois autres associations nationales (1), en juillet, un recours contre un décret « préfigurant la réforme de la tarification des services à domicile », et organisant pourtant la répartition de 50 millions d'euros. Cette action juridique était un  « coup de poing sur la table » face à un État « qui non seulement ne répond pas au problème (du financement des services à domicile) mais en plus met en place une usine à gaz pour distribuer des pacotilles », justifie-t-il. 
Les professionnels s'impatientent, plus globalement, de l'absence d'évolution tangible dans la prise en charge de la dépendance. Un rapport a été rendu par Dominique Libault, conseiller d’État, en mars dernier (lire Maire info du 1er avril). « Mais il n'a débouché sur aucune décision », regrette Pascal Champvert. Ce rapport avait été commandé pour accompagner la feuille de route de la ministre. Ses propositions ont recueilli plutôt l'aval des professionnels, « même si on regrette que les financements soient sous dimensionnés, et la mise en oeuvre trop étalée dans le temps ». 
Ce rapport doit surtout nourrir le projet de loi sur « le grand âge et l'autonomie », qui devrait être présenté en conseil des ministres avant la fin de l'année. « Il ne sera donc pas voté avant la mi-2020 ». « Nous ne pouvons plus attendre », reprend Pascal Champvert. « Le problème est que l’État dit oui mais ne fait pas. Il n'assume pas la responsabilité du retard de la France dans la prise en charge des personnes âgées », dénonce-t-il. La critique est directement tournée vers Bercy. « Le président de la République et le Premier ministre donnent toujours raison à Bercy, jamais au ministre des affaires sociales ».
Parmi les revendications « immédiates », les professionnels réclament « la création de deux emplois en plus dans tous les établissements et services à domicile ».  Soit la création de 40 000 postes supplémentaires pour 2019 pour atteindre l'objectif inscrit dans le plan Solidarité Grand Âge de 2006 du ratio de un personnel pour une personne âgée (résident ou à domicile). « Nous demandons une vraie loi telle que promise par Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron ».
Un forum relatif aux enjeux du vieillissement de la population pour le bloc local est organisé, mardi 19 novembre, lors du congrès de l’AMF.


Emmanuelle Stroessser

(1) UNA, UNIOPSS et APF
 

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