La population en France s’établit, au 1er janvier 2026, à 69,1 millions d’habitants (66,8 millions en métropole et 2,3 millions dans les Dom). Mais la principale information du cru 2025 des données démographiques de l’Insee est ailleurs : l’an dernier, il y a eu 6 000 décès de plus que de naissances (645 000 naissances, 651 000 décès). Si le chiffre global de la population a augmenté de 0,25 % l’an dernier, c’est donc uniquement dû à l’apport de l’immigration (+ 176 000 en 2025).
Le nombre de décès a certes été en hausse l’an dernier (de 1,5 %), du fait notamment d’une épidémie de grippe hivernale plus meurtrière que les années passées. Mais ce n’est pas cela qui explique que le solde naturel soit devenu négatif : c’est bien la diminution continue, année après année, du nombre de naissances qui est en cause. Si la baisse est déjà marquée en un an (2,4 % de naissances en moins), c’est surtout sur une échelle de temps plus longue que la diminution apparaît la plus spectaculaire : le nombre de naissance a diminué de presque 25 % en quinze ans – les 645 000 naissances de 2025 sont à comparer aux presque 830 000 de 2010. Autrement dit, chaque génération, désormais, compte quasiment 200 000 enfants de moins qu’il y a quinze ans, avec toutes les conséquences que cela implique. Cela signifie autant d’enfants en moins dans les écoles et, au fil des années, autant de travailleurs en moins sur le marché du travail.
La diminution du nombre d’enfants ne s’explique pas par une baisse du nombre de femmes en âge de féconder : au contraire, celui-ci est toujours en hausse, légère mais constante, depuis 2015. C’est donc bien « l’indicateur conjoncturel de fécondité » (nombre moyen d’enfants par femme) qui est en cause. Il s’établit aujourd’hui à 1,56 enfant par femme (contre 2 en 2010). Pour retrouver un chiffre aussi bas, il faut remonter plus d’un siècle en arrière, en 1917. Ce n’est qu’en 1916, en pleine Première Guerre mondiale, qu’un taux inférieur a été constaté (1,23).
Depuis plusieurs années, des enquêtes interrogent les raisons de cette baisse de la natalité. En 2020, l’Unaf avait publié une étude expliquant que l’appétence des Français à faire des enfants n’avait pas diminué, puisque le « désir d’enfant » restait à un niveau élevé, mais que celui-ci se heurtait à des difficultés matérielles qui empêchaient d’aller au bout de ce projet, ou du moins le retardaient : difficultés à se loger, à trouver un emploi stable, quasi-disparition des aides à la parentalité.
Il est également certain que les évolutions sociétales récentes, en particulier le taux d’emploi des femmes beaucoup plus important qu’auparavant, jouent un rôle. C’est d’ailleurs une tendance qui dépasse largement les frontières de la France : pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, les couples font des enfants de plus en plus tard (l’âge moyen d’un premier accouchement est aujourd’hui, en France, de 31,2 ans, indique l’Insee), ce qui a pour conséquence de rendre plus incertain le fait d’avoir un deuxième ou un troisième enfant, et donc une diminution du nombre global d’enfants.
Il reste enfin que selon plusieurs études, dont une publiée par l’Ined en juillet dernier (lire Maire info du 10 juillet 2025), le « désir d’enfant » lui-même est aujourd’hui orienté à la baisse. L’accumulation des incertitudes sur l’avenir – entre réchauffement climatique, risques de guerre et instabilité politique – est l’une des causes de cette évolution identifiées par l’Ined. L’éclatement de la guerre en Ukraine, en 2022, et les perspectives d’une extension de ce conflit peuvent avoir accentué le phénomène.
La mortalité a été relativement plus élevée l’an dernier que la moyenne des années précédentes, du fait de la grippe hivernale et de plusieurs vagues de fortes chaleurs. Plus tendanciellement, le nombre de décès par an est à la hausse depuis 2011, du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité de la génération des baby-boomers.
En revanche, l’espérance de vie continue d’augmenter (+ 0,1 % en 2025), pour s’élever au plus haut niveau jamais constaté dans le pays : 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes.
Conséquence de ces évolutions : il y a aujourd’hui dans le pays quasiment autant de personnes de 65 ans et plus que de jeunes de 20 ans et moins – ces deux catégories représentent chacun environ 22,5 % de la population, alors qu’il y a 20 ans, presque 10 points de pourcentage les séparaient, avec 16 % de personnes âgées pour 25 % de jeunes.
En septembre dernier (lire Maire info du 5 septembre), un rapport du Haut-commissariat à la stratégie et au plan faisait le point sur les conséquences en cascade de cette évolution démographique.
Dans le rapport, il était question d’une « marée » de dénatalité, terme très parlant puisque la dénatalité va toucher, peu à peu, de plus en plus de secteurs. Elle a dés maintenant un impact sur les écoles maternelles et primaires, puis se répercutera sur les collèges, puis les lycées, les universités et enfin le monde du travail. C’est dans ce dernier domaine que l’impact sera peut-être le plus violent : entre baisse de la natalité et départ à la retraite des baby-boomers, la population active va, mécaniquement, fortement diminuer dans les années à venir. D’où la nécessité, jugeait en septembre dernier le Haut-commissariat, de mettre en œuvre rapidement une « stratégie d’immigration de travail », seul moyen de compenser la diminution de la population active et de conserver la compétitivité du pays.
La population en France s’établit, au 1er janvier 2026, à 69,1 millions d’habitants (66,8 millions en métropole et 2,3 millions dans les Dom). Mais la principale information du cru 2025 des données démographiques de l’Insee est ailleurs : l’an dernier, il y a eu 6 000 décès de plus que de naissances (645 000 naissances, 651 000 ... ...
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Journal Officiel du mercredi 14 janvier 2026