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Le mouvement HLM espère un meilleur « dialogue républicain » après des objectifs atteints en 2025



Incapable de « faire l'économie de constats en demi-teinte et de quelques doléances » à l'issue d'une nouvelle année marquée par une grave crise du logement en France, la porte-voix des bailleurs sociaux a fait vœu « d'engager toutes nos forces » pour « éviter le crash démocratique ». « Je nous souhaite une année 2026 qui nourrisse et renforce le dialogue républicain, loin des fake-news, des outrances populistes et des provocations à la haine », a ajouté Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du Logement. 

L'année 2025 se termine à un nouveau record, avec près de 2,9 millions de ménages en attente d'un logement social. « C'est un chiffre considérable auquel nous peinons à répondre  » avec les près de 390 000 attributions de logements décidées en 2025, en « très légère augmentation de 4 000 attributions par rapport à 2024 », a détaillé Emmanuelle Cosse. 

« Nous ne pouvons évidemment pas nous satisfaire de ce chiffre historiquement bas quand les besoins explosent », a-t-elle ajouté. Le nombre de nouveaux logements HLM créés devrait « approcher les 100 000 agréments », après 85 000 en 2024, comme s'y était engagé le secteur auprès de l'ancienne ministre du Logement.   

La présidente de l'Union sociale pour l'habitat a de nouveau appelé à poursuivre la politique de rénovation urbaine et à ne pas faire « le choix de remplacer une analyse des besoins de notre société par une fiche comptable ». Dans un contexte de réduction des dépenses de l’État, elle s'est dit « très inquiète » des rumeurs concernant la disparitions d'agences publiques ou les coupes drastiques dans des politiques. 

Réclamant depuis plusieurs des années le « retour de la puissance publique dans les politiques du logement », elle a estimé que « la difficulté à se loger n'est pas un échec personnel », mais « une erreur de politique publique, un abandon ». Emmanuelle Cosse a aussi défendu « sans concession » la loi SRU, qui impose à certaines communes un taux minimum de logements sociaux, alors qu'une proposition de loi sénatoriale propose d'assouplir cette obligation. 

La mesure obtient les faveurs du ministre du Logement Vincent Jeanbrun qui a estimé mardi au Sénat qu'elle pourrait « inciter les élus à faciliter la construction de logements sociaux et intermédiaires », dont les loyers sont accessibles aux classes moyennes mais pas aux ménages à bas revenus. Le mouvement HLM attend du soutien du ministre du Logement « sur le budget évidemment, mais aussi sur la loi SRU, trop souvent caricaturée ». Pour Emmanuelle Cosse, il faut « la faire appliquer, pas amoindrir sa portée en faisant entrer des logements qui n'ont rien de sociaux ». 



Édition du mercredi 14 janvier 2026

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