Sans dévoiler à ce stade le choix du gouvernement, qui privilégie la concertation avec les associations d’élus jusqu’à l’automne, Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, a confirmé le montant à compenser (26 milliards d’euros) en évoquant un scénario : « Attribuer l’intégralité de la part départementale de la taxe sur le foncier bâti aux communes, la cotisation sur la valeur ajoutée économique (CVAE) aux EPCI et une fraction d’impôt national aux conseils départementaux pour compenser la perte du foncier bâti. Cela serait plus simple que de fractionner une part d’impôt national pour 36 000 communes », a-t-il souligné. Devant les maires de villes moyennes, il a en tout cas précisé le calendrier de la réforme en estimant que « les principes de la réforme devront être arrêtés en mars-avril 2019 afin que nous disposions du temps nécessaire pour appliquer la réforme et que les élus candidats aux élections municipales de 2020 aient une visibilité sur les ressources dont ils disposeront pour le prochain mandat ».
Dans une résolution, Pour une « refonte » responsable de la fiscalité locale, diffusée en plein débat, Villes de France estime que le scénario (parmi d’autres) proposé par la mission Bur-Richard « qui consiste à remplacer le produit de la TH (26,3 milliards d’euros au total en 2020), par le transfert au bloc communal de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) perçue par les départements (15,1 milliards en 2020, soit 57 % de la recette à rétablir), complétée par une attribution d’impôt national (de préférence la TVA) est le moins inapproprié possible / mauvais possible ». L’association estime que ce scénario « préserve l’autonomie fiscale pour le bloc local avec la gestion intégrale du foncier bâti, et rend encore possible l’évolution des taux d’imposition locaux », tandis que la TVA « présente l’avantage de refléter la croissance et présente le mérite de la simplicité ». Villes de France pose cependant une condition indispensable à la mise en place de ce scénario : « Une péréquation robuste et renforcée, au niveau national » car « les villes de plus de 20 000 habitants, et plus encore à partir de 50 000 seront davantage ‘’sous-compensées’’, c’est-à-dire auront davantage besoin de fiscalité nationale pour équilibrer leurs ressources, après réforme (compte tenu notamment de leur charges de centralité, ndlr) à l’inverse des communes plus rurales qui seront ‘’sur-compensées’’ ».
Nul doute que le débat se poursuivra notamment lors de la Conférence nationale des territoires (CNT) de juillet, réunissant l’État et les associations nationales d’élus au menu de laquelle figurera notamment l’avenir de la fiscalité locale. Le CFL va également formuler de nouvelles propositions avant l’été. Le gouvernement, qui souhaite « une réforme juste et durable », a rappelé Olivier Dussopt, devrait faire connaître son choix à la fin de l’année.

