La situation de Sevran, dont le maire Stéphane Gatignon a campé six jours devant l’Assemblée nationale pour réclamer plus de fonds pour sa ville, n’est « pas unique », car « c’est malheureusement le cas d’à peu près 200 communes en grande difficulté », a déclaré hier Renaud Gauquelin, maire de Rillieux-la-Pape et président de l’association des maires Ville et Banlieue de France, dans une interview à l’AFP.
Précisant qu’il ne partageait pas «
la manière » de Stéphane Gatignon, mais qu’il « apport(ait) toute (sa) solidarité » à son collègue de Seine-Saint-Denis, Renaud Gauquelin a expliqué la nécessité que « les villes de banlieues soient traitées d’une façon un peu spécifique compte tenu des disparités assez criantes qui existent entre communes ». Lors des débats sur la péréquation à l’Assemblée nationale (voir Maire Info d’hier), François Pupponi, député-maire de Sarcelles et vice-président de Ville et Banlieue, avait affirmé qu’en France, « les inégalités entre communes vont de 1 à 1 000 ».
« Ce qui nous intéresse, c’est que la DDU (dotation de développement urbain) et la DSU (dotation de solidarité urbaine) soient en augmentation », a poursuivi Renaud Gauquelin, se félicitant que le Parlement ait « su écouter les spécificités des villes et banlieues". Mais «reste la péréquation, parce qu’il y a des villes qui bénéficient de dotations dont elles n’ont pas besoin », a pointé du doigt le maire de Rillieux-la-Pape.
Appliquant déjà des taux d’impôts « écrasants », les communes en difficulté doivent tailler dans leur budget, et « réduire certaines actions qui ne sont pas prioritaires », comme les « carnavals, la fête du sport (…) On attend tous avec impatience la Banque publique d’investissement », a conclu Renaud Gauquelin, soulignant également les difficultés globales à trouver des financements depuis la chute de Dexia.
Le ministère délégué chargé de la Ville, qui a lancé une réforme de la politique de la Ville en octobre, a missionné François Pupponi pour travailler sur la péréquation pour les banlieues. L’association Ville et Banlieue y a été associée, précise le ministère, qui organisera demain matin une première réunion de travail sur le sujet.