Maire-info

�dition du mardi 29 septembre 2026

Sénat
Une vingtaine de maires en exercice parmi les nouveaux sénateurs élus dimanche
Le Sénat et le ministère de l'Intérieur ont publié hier les résultats définitifs des élections sénatoriales du 27 septembre. Dans l'attente de la constitution des groupes, on en sait plus sur le profil des nouveaux élus, leur profil et ceux d'entre eux qui devront renoncer à un autre mandat, règles de non-cumul obligent. 

Un Sénat un peu plus jeune, un peu moins féminisé et comptant 67 nouveaux sénateurs. Ce sont les premiers chiffres que l’on peut donner après ce scrutin qui a permis de renouveler 178 sièges sur 348 – puisque, on le sait, le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. 

Un Sénat légèrement rajeuni

Sur ces 178 sièges, le taux de renouvellement est relativement faible puisque 111 sénateurs qui se représentaient ont été réélus, soit 62,3 %. Ce sont donc 23 ex-sénateurs qui, eux, n’ont pas été réélus, parmi lesquels on peut citer Patrick Chaize (Ain), président de l’Avicca et spécialiste des questions d’aménagement numérique du territoire. 

Le Sénat, qui était déjà bien loin de la parité, s’en éloigne encore un peu plus, puisqu’il compte désormais une femme de moins que pendant la mandature précédente : il y a donc désormais 214 sénateurs pour 134 sénatrices, soit un taux de féminisation de 38,5 % (contre 38,8 % jusque-là). Notons tout de même que ce taux est supérieur à celui de l’Assemblée nationale, qui ne compte que 36,1 % de femmes députées. 

Le Sénat s’est en revanche un peu rajeuni, passant d’une moyenne d’âge de 62 ans et 5 mois à 60 ans et un mois. Le doyen du Sénat – qui présidera à ce titre la première séance publique, jeudi 1er octobre, avant l’élection du président – est désormais Pierre Cuypers, élu en Seine-et-Marne (82 ans et six mois). La plus jeune sénatrice (32 ans et 3 mois) reste Mathilde Ollivier (élue des Français hors de France). 

Bien que l’on puisse se présenter aux élections sénatoriales à partir de 24 ans, il n’y a aucun sénateur de moins de 30 ans, et seulement 16, soit moins de 5 %, de moins de 40 ans. La principale cohorte se situe dans la tranche d’âge 60-69 ans (135 sénateurs soit 38,8 %).

Un mot enfin des catégories socio-professionnelles des élus. Léger rajeunissement oblige, le pourcentage de retraités diminue un peu parmi les sénateurs, passant de 15,8 % à 12,6 %. Le Sénat reste majoritairement (50,6 %) composé de cadres et professions intellectuelles supérieures. Il ne compte que 3,4 % d’agriculteurs, 1,4 % d’employés et aucun ouvrier. 

24 maires en exercice élus sénateurs

[Paragraphe modifié à 16 h 30 avec ajout de deux maires manquants]. 

Parmi les 178 nouveaux élus, on compte, selon les calculs de Maire info, 24 maires en exercice – qui vont donc devoir rendre leur écharpe de maire pour exercer leur mandat sénatorial. En voici la liste :


 

Quatre de ces nouveaux sénateurs sont membres des instances de l’AMF (Comité directeur ou Bureau) ou sont candidats pour le devenir après le congrès 2026 : Nathalie Niéson, Christine Bost, Sébastien Michel et Bastien Coriton.

D’autres membres de la direction de l’AMF ou présidents d’associations départementales qui se présentaient n’ont pas été élus, dont Murielle Fabre, Hélène Geoffroy, Antoine Homé… Emmanuel Franco, président de l’association départementale des maires de la Sarthe ou Bénédicte Thiébault, présidente de celle de la Somme, n’ont pas été élus. 

Deux présidents d’associations départementales, déjà sénateurs, ont en revanche été réélus : il s’agit de Jean-Jacques Michau (Ariège) et Jean-Michel Arnaud (Hautes-Alpes). 

D'autre sénateurs élus dimanche sont d'anciens maires dont certains de grandes villes, comme François Rebsamen, ancien maire de Dijon ou Rodolphe Alexandre, ancien maire de Cayenne. Six sont adjoints au maire, dont une, Magali Gasto Oustric, est également présidente de la communauté de communes Cœur et Coteaux du Comminges (Haute-Garonne).

Parmi les sénateurs nouvellement élus qui devront renoncer à un mandat pour cause de règles sur le non-cumul, on trouve quatre présidents de conseils départementaux (Pascal Coste en Corrèze, Christophe Guilloteau dans le Rhône, Dominique Le Mèner dans la Sarthe et Dominique Santoni dans le Vaucluse), un président de conseil régional (Renaud Muselier, Paca) et un député européen (Laurent Castillo). 

Enfin, 8 députés en exercice vont quitter le Palais-Bourbon pour celui du Luxembourg, dont quatre députés RN (Manon Bouquin, Edwige Diaz, Frank Giletti et Sylvie Josserand) et un député LFI (Gabriel Amard). Dans un tel cas, c’est normalement le suppléant qui prend la place du député passé au Sénat. Si le suppléant refuse, par exemple parce qu’il souhaite garder un mandat exécutif local, des élections législatives partielles doivent être organisées. 



Budget de l'état
Budget 2027 : les recettes des départements pourraient progresser « au-delà de l'inflation », annonce Sébastien Lecornu
À deux jours de la présentation du budget, le Premier ministre assure que « l'ensemble des départements disposera de 1,5 milliard d'euros supplémentaires » en 2027. Il compte également leur affecter 300 millions d'euros de CSG et débloquer 200 millions d'euros pour les équipements de sécurité civile.

Alors que le gouvernement avait décidé, depuis le début de l’été, que les ressources des collectivités devraient se caler sur le « rythme de l’inflation » en 2027, le Premier ministre vient finalement de faire « une exception » pour les départements.

Dans un courrier adressé hier à leurs présidents et dévoilé dans la foulée par Le Monde, Sébastien Lecornu leur assure qu’ils seront avantagés par rapport aux communes, intercommunalités et autres régions. Contrairement à ces dernières, leurs recettes pourraient progresser « au-delà de l’inflation » – évaluée à 1,8 % l’an prochain.

« 1,5 milliard d’euros supplémentaires »

Une concession qui ne les exemptera, toutefois, pas de participer à l’effort de redressement des finances publiques et qui reste conditionné – et ce n’est pas la moindre des choses – à l’adoption par les parlementaires du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 qui sera dévoilé, ce jeudi, en Conseil des ministres.

Souhaitant, par ce geste, « reconnaître les responsabilités de solidarité » assumées par les départements et « les charges qui s’imposent » à eux, l’ancien maire de Vernon et ex-président du conseil départemental de l'Eure estime que cette faveur permettrait à « l’ensemble des départements [de] disposer de 1,5 milliard d’euros supplémentaires ». 

Mais 1,5 milliard d’euros supplémentaires par rapport à quoi ? Le courrier ne le dit pas, si l’on s’en tient aux extraits relayés par Le Monde. Un chiffrage qui apparaît donc tout aussi flou et imprécis que les fameux « 5 milliards d’euros supplémentaires » promis la semaine passée aux collectivités dans leur ensemble – après « leur contribution à l’effort national » qui pourrait pourtant atteindre les 6 ou 7 milliards d’euros.  

Une dernière annonce jugée « mystérieuse » par le président du Comité des finances locales, Jean-François Debat, et même qualifiée de « mensonge » par son prédécesseur, André Laignel, toujours premier vice-président délégué de l'AMF. Cette promesse de 5 milliards d’euros de recettes supplémentaires « n'a pas la moindre chance de devenir une réalité », avait ainsi affirmé ce dernier la semaine dernière.

Vers le transfert d’une part de CSG

Dans son courrier, le Premier ministre propose également aux départements de leur transférer une part de la contribution sociale généralisée (CSG). Le chef du gouvernement suggère ainsi de leur affecter « 300 millions d’euros de CSG pour financer l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) » destinée aux personnes en situation de handicap.

Le paiement d’aides sociales comme l’APA – mais aussi le revenu de solidarité active (RSA), la prestation de compensation du handicap ou encore l’aide sociale à l'enfance – représentent, en effet, une part majeure des budgets des départements, qui ne cessent de croître. Le chef de l’exécutif s’est d’ailleurs opposé récemment à une année blanche « totale » en 2027 qui gèlerait l’ensemble des prestations sociales et a annoncé qu’il comptait préserver « le minimum vieillesse, l'allocation aux adultes handicapés, le RSA ou les petites pensions ».

Cette « réforme structurelle » du financement des départements est « demandée depuis des années » par ces derniers et « jusqu’ici refusée par l’État », se félicite ainsi Sébastien Lecornu dans son courrier, alors que les départements boycottent cette semaine les Assises de la biodiversité – en réponse aux graves dysfonctionnements dans le reversement de la taxe d’aménagement – et redoutent des retards dans le versement des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) après la cyberattaque de cet été. 

Sécurité civile : 200 millions d’euros supplémentaires

Le Premier ministre assure, enfin, vouloir débloquer « 200 millions d’euros supplémentaires » pour les équipements de sécurité civile, après les graves incendies de l’été, « en recourant à la taxe spéciale sur les conventions d’assurance ».

Premiers financeurs des sapeurs-pompiers, les départements ont « atteint un point de rupture », alertait déjà en juillet l’association qui les représente, en estimant que leurs moyens ne sont plus adaptés, alors que le nombre d’incendies a été démultiplié ces dernières années. 

Le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares, en juillet, la Gironde a ainsi entraîné des « dépenses imprévues» de 11 millions d'euros, a indiqué hier le président du département, Jean-Luc Gleyze, celui-ci réclamant désormais « la juste compensation par l'État ». L’élu a ainsi listé d'importants travaux de voirie et d'infrastructures routières, des frais de solidarité pour mobiliser des agents, mais aussi des consultations avec des médecins psychologues, la préparation de 7 500 repas ou encore l’accompagnement au relogement de sinistrés.

FCTVA, Fonds vert, dotation aux communes rurales… 

Alors que l’Insee a annoncé ce matin que la dette publique française s’est encore envolée à un niveau record (3 595,5 milliards d’euros, à 119 % du PIB), Sébastien Lecornu compte réaliser un effort d'économies massif de 54 milliards d'euros l’an prochain, tout en promettant des mesures qui seront « pour beaucoup, réversibles par la nouvelle majorité qui sortira des urnes » en 2027.

Parmi les mesures douloureuses envisagées pour les collectivités, on peut retenir le plafonnement ou le « verdissement » du FCTVA. Les régions seraient également ciblées, sur l’apprentissage ou la formation professionnelle. En outre, l’enveloppe dédiée aux « relations avec les collectivités territoriales » – qui comprend les dotations de soutien à l'investissement – pourrait subir une baisse qui était encore évaluée à plus de 200 millions d’euros avant la rentrée. 

Il n’y aura pas non plus de miracle pour les agents et leur pouvoir d’achat. « Le point d'indice des fonctionnaires, qui concerne également les collectivités territoriales, sera gelé », a tranché dernièrement Sébastien Lecornu, en assurant, cependant, que son gouvernement ouvrirait « des discussions avec les syndicats pour éviter que les fonctionnaires ayant les salaires les plus bas ne soient exposés à l'inflation ».

Les opérateurs et les agences sont également dans le viseur du gouvernement puisqu’ils « verront aussi leurs enveloppes diminuer », a confirmé le chef de l’exécutif. Malgré l’été le plus chaud jamais enregistré dans le pays, il envisage ainsi de diminuer de plus de 30 % le budget de l’Ademe, qui toucherait particulièrement le Fonds chaleur mais aussi le fonds d'économie circulaire. 

En revanche, le Fonds vert devrait être revu à la hausse d’environ 160 millions d’euros pour le porter à un milliard d’euros. Encore bien loin, toutefois, des 2,5 milliards dont cette enveloppe avait été pourvue, il y a encore deux ans, au moment de sa création.

Autre bonne nouvelle potentielle, une dotation spécifique serait accordée aux communes rurales, et réservée dans un premier temps à celles de moins de 1 000 habitants. Le déblocage d’un « plan d’urgence de 90 millions d’euros » pour la petite enfance a également été évoqué afin de soutenir « les crèches, en particulier dans les territoires les plus fragiles » et à « renforcer l’accueil individuel ».



Handicap
AESH : alors que la pénurie de professionnels et la précarité du métier persistent, la question du statut attendra
Près de 50 000 élèves étaient sans AESH à la rentrée 2025, et la situation a vraisemblablement empiré en 2026. Interpellé par trois députés, le ministère de l'Éducation nationale met en avant l'augmentation des effectifs et des salaires, mais la précarité du métier persiste et la question d'un statut de fonctionnaire reste en suspens.

À la rentrée 2025, sur 352 000 élèves notifiés par les MDPH pour bénéficier d’un accompagnement par un AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap), 48 726 se sont retrouvés sans solution au mois de septembre. Ces chiffres de la Dgesco (Direction générale de l'enseignement scolaire) sont représentatifs de la crise que connaît ces dernières années l’école inclusive, marquée particulièrement par une grave pénurie d’AESH. 

Si les chiffres de cette rentrée 2026 ne sont pas encore connus, certains syndicats prévoient une aggravation du nombre d’enfants non accompagnés. En 2024, on en comptait 36 186 et en 2025, 48 726. Le nombre d’élèves sans solution d’accompagnement pour la rentrée 2026 pourrait dépasser les 50 000 élèves. 

Depuis 2017, les effectifs d’AESH ont augmenté de 67 %, pour atteindre « près de 140 000 accompagnants ». Mais les besoins progressent plus vite que les moyens et la situation se dégrade d'année en année, sans que les mesures prises par le gouvernement changent la donne. 

Une précarité du métier qui pénalise les enfants 

Trois députés, à l’occasion de questions écrites, ont interpellé le gouvernement sur ce sujet devenu un marronnier à chaque rentrée scolaire. 

Ils dénoncent le manque d’attractivité de la profession d’AESH qui souffre de nombreuses difficultés : un niveau de rémunération « souvent jugé insuffisant au regard des responsabilités exercées », « la prépondérance du temps partiel subi », des « perspectives d'évolution de carrière limitées », un « manque de reconnaissance statutaire » ainsi qu’une « instabilité persistante des affectations ». 

En effet, selon le député Romain Eskenazi, « de nombreux témoignages font état de décisions de mobilité imposées, parfois d'une année sur l'autre, voire en cours d'année scolaire, sans concertation préalable ». Ces pratiques sont « souvent liées à l'organisation en pôles inclusifs d'accompagnement localisés (PIAL) ». Rappelons que le ministère de l’Éducation nationale souhaite remplacer les PIAL par des pôles d’appui à la scolarité (PAS) (lire Maire info du 13 mai 2026). Un groupe de travail concernant le « bilan des PAS » s’est réuni début septembre, mais les syndicats craignent notamment que les PAS, en regroupant plusieurs PIAL sur un territoire plus vaste et en s'appuyant sur des avenants aux contrats, facilitent les changements d'affectation et allongent les trajets des AESH, dans une logique de mutualisation jugée budgétaire.

Cette précarisation du métier d’AESH pèse ainsi directement sur les élèves à plusieurs niveaux. 

Par exemple, les AESH sont répartis entre plusieurs élèves, « réduisant parfois l'accompagnement à une ou deux heures par semaine seulement ». En 2024 par exemple, selon les chiffres de la députée Shéhérazade Bentorki, sur la commune de Roubaix, « 591 enfants étaient déscolarisés à plus de 50 % du temps scolaire », soit « près de 32 % des élèves en situation de handicap scolarisés ».

De même, on constate dans certains territoires « des retards de prise en charge » ou des situations où « les notifications d'accompagnement ne peuvent être pleinement mises en œuvre », ce qui suscite « l'inquiétude des familles », selon la députée Christine Engrand. 

Réponses partielles du gouvernement 

Dans une longue réponse adressée aux trois députés, le ministère de l’Éducation nationale rappelle d’abord qu’à « la rentrée scolaire 2025, 2 000 créations de postes d’AESH en équivalent temps plein (ETP) étaient prévues en complément des 11 000 postes d’AESH créés depuis la rentrée scolaire 2022 afin de répondre au mieux à l’augmentation des besoins ».

Le ministère précise que cela ne peut « pas être la seule réponse » et dit agir aussi sur les « critères de notification, l’évaluation des besoins des élèves, les relations avec les MDPH (maisons départementales des personnes handicapées) ou encore la diversité des formes d’accompagnement ». 

Il insiste sur l’augmentation de la rémunération de ces professionnelles. Entre 2017 et 2025, la rémunération nette mensuelle a progressé « de + 41 %, soit + 287 € net par mois ». Le ministère cite aussi d’autres mesures prises depuis 2023 : grille revalorisée avec « un indice plancher supérieur au smic», indemnité de fonctions de 1 529 euros brut par an, indemnités de sujétions en REP (1 106 €) et en REP+ (3 263 € plus une part modulable). Depuis 2023 également, le CDI est accessible après un premier contrat de trois ans, contre six auparavant (loi du 16 décembre 2022). Aujourd'hui, 64 % des AESH sont en CDI.

Cependant, selon un rapport de la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) publié en mars 2026, la grande majorité des AESH travaille à temps incomplet (98 %), avec un salaire moyen faible (environ 1 030 euros net mensuels). La revalorisation des salaires mise en avant par le gouvernement est donc à relativiser. 

Enfin, le ministère de l’Éducation nationale fait valoir le fait que, « depuis la rentrée scolaire 2024, il est proposé aux AESH qui le souhaitent d’augmenter leur quotité de travail en intervenant dans le cadre de la prise en charge par l’État de l’accompagnement humain des élèves en situation de handicap durant le temps de pause méridienne ». Cette partie de la réponse est assez audacieuse et mérite une clarification. 

Avant novembre 2020, l'accompagnement des élèves en situation de handicap sur la pause méridienne relevait de l'État, qui pouvait le prendre en charge depuis la loi de 2005. Une décision du Conseil d'État du 20 novembre 2020 en a reporté le financement sur les communes. La loi Vial promulguée en mai 2024, a rétabli cette compétence à l'État dès la rentrée 2024. Le gouvernement présente donc comme une avancée nouvelle le retour d'une responsabilité qu'il exerçait auparavant et que le Parlement lui a rendue, dont l'application a de plus été marquée par de nombreux retards et refus d’application localement (lire Maire info du 14 mars 2025). 

Vers un statut de fonctionnaire ? 

Certains syndicats et parlementaires réclament depuis plusieurs années la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH. 

En janvier 2026, « à l'occasion des débats au Sénat autour de la proposition de loi (…) visant à ouvrir la voie d'un statut de fonctionnaire aux AESH » (lire Maire info du 19 décembre 2025), le ministre de l'Éducation nationale « s'est engagé à mener une concertation avec les organisations syndicales sur la création éventuelle d'un statut ». L’exécutif et la majorité sénatoriale ont rejeté cette proposition de loi notamment à cause « d'un coût estimé à 4,3 milliards d'euros », comme le rappelle la députée Shéhérazade Bentorki. 

Les discussions se sont ensuite ouvertes avec la constitution de « premiers groupes de travail » qui « ont concerné l'expertise des missions et du temps de travail des AESH » et « des réunions bilatérales entre les organisations syndicales et le ministère se poursuivent afin d'affiner les perspectives d'évolution souhaitables ». Selon la députée, « l'hypothèse d'une "fonctionnarisation" limitée à seulement 10 à 20 % des AESH a été évoquée ». 

Alors que la concertation dure depuis plusieurs mois, le ministère de l’Éducation nationale se dit « déterminé à poursuivre l'amélioration des conditions de rémunération et de travail des AESH en permettant, dans toute la mesure du possible, à celles et ceux qui le souhaitent de bénéficier d’un contrat à temps complet ». 



Réglementation
Interdiction de fumer dans les parcs ou sur les plages : le Conseil d'État valide
Une association de juristes a attaqué devant le Conseil d'État le décret du 27 juin 2025 relatif aux espaces sans tabac, le jugeant attentatoire à la liberté personnelle. En vain : dans une décision rendue le 21 septembre, le Conseil d'État a rejeté la demande d'annulation du décret.

Depuis le dimanche 29 juin 2025, il est interdit de fumer sur les plages, dans les parcs et jardins publics ou encore aux alentours des établissements scolaires et sportifs. Quelques semaines plus tard, le 22 juillet, un arrêté publié au Journal officiel définissait un « périmètre » de 10 mètres autour des établissements scolaires et sportifs dans lequel il est interdit de fumer.

Dans les communes et les autres collectivités, une signalisation doit obligatoirement être mise en place sur les lieux concernés pour rappeler cette interdiction. 

Un décret jugé attentatoire aux libertés

C’est une association de juristes, le Cercle Droit et liberté, qui a demandé « l’annulation pour excès de pouvoir » du décret du 27 juin 2025, en brandissant plusieurs arguments. Pour cette association, les dispositions du décret sont « disproportionnées » du fait de leur caractère « général et absolu » et ne s’appuyant pas « sur des données épidémiologiques » sur les risques présentés par le tabagisme passif en extérieur. Les requérants estiment que ces interdictions « portent une atteinte illégale à la liberté personnelle et à la liberté d’aller et venir » ainsi qu’au respect de la vie privée. L’argument qui paraît le plus surprenant est celui selon lequel ce décret instaurerait « une discrimination » en interdisant l’accès à certains lieux « aux personnes en situation de dépendance tabagique ». Enfin, les requérants estiment que les collectivités n’ont pas les moyens de faire respecter cette interdiction, ce qui constituerait « une erreur manifeste d’appréciation ». 

Arguments rejetés

Le Conseil d’État a examiné cette requête le 21 septembre et a rejeté, assez logiquement, tous les arguments des requérants.
Pour les juges, le décret incriminé est conforme à l’article L3512-8 du Code de la santé publique, qui pose le principe « d’une interdiction générale de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif », et vise notamment à protéger les enfants « contre les conséquences de l’exposition au tabac ». Ils rappellent que le Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 a notamment pour but « de favoriser, par le développement d’environnements extérieurs sans tabac, la diminution du tabagisme ». 

Le Conseil d’État ne retient pas l’argument selon lequel il y aurait un manque de « données épidémiologiques » sur les risques du tabagisme passif en extérieur. S’il existe des « incertitudes » sur ce point, reconnaissent les juges, ils rappellent néanmoins que l’Organisation mondiale de la santé a établi qu’il « n’existe pas de seuil au-dessous duquel l’exposition à la fumée dite secondaire [tabagisme passif] peut être regardée comme étant sans danger ». 

L’argument selon lequel l’interdiction serait « générale et absolue » n’est pas davantage retenue : « Le décret attaqué limite les interdictions qu’il édicte aux heures ou périodes de l’année au cours desquelles certains des lieux concernés sont susceptibles de connaître une fréquentation importante, en particulier par des enfants. » De même, le décret n’est nullement attentatoire « à la liberté d’aller et venir », puisqu’il n’empêche pas les personnes d’accéder à des lieux à partir du moment où ils n’ont pas une cigarette à la main. 

Concernant le caractère « discriminatoire » de cette interdiction, les juges répondent avec bon sens que les fumeurs en situation de dépendance peuvent parfaitement avoir recours « à des traitements nicotiniques de substitution ». 

Un seul argument des requérants paraissait, en réalité, réellement sérieux : c’est celui qui concerne la capacité des collectivités à faire respecter partout cette interdiction – devant chaque école, chaque terrain de football ou chaque abribus. Cette interrogation était d’ailleurs pointée dans Maire info dès la parution du décret. Malheureusement, le Conseil d’État ne s’est pas étendu sur ce sujet : il s’est contenté d’indiquer que cet argument du manque de moyens « ne conduit pas à regarder ce décret comme entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ». Sans autre précision. 

La requête a donc été rejetée et le décret est désormais définitivement validé par la jurisprudence. 

Pour mémoire, c'est ce jeudi le 1er octobre que va démarrer la campagne pour préparer le mois sans tabac qui a lieu en novembre. La ligue contre le cancer, l’Inca et Santé publique France ont édité un guide à l’intention des collectivités souhaitant s’inscrire dans la démarche, téléchargeable ici. 



Fonction publique
Les agents publics se mobilisent pour la défense du pouvoir d'achat tandis que débute un mouvement de blocages dans les lycées
Les agents publics et les pompiers sont appelés à manifester aujourd'hui partout en France à l'appel d'une large intersyndicale pour protester contre le recul de leur pouvoir d'achat, alors que le gouvernement a confirmé le blocage du point d'indice en 2027.

Échaudées par un nouveau gel du point d'indice annoncé début septembre par le Premier ministre, la CGT, FO, la CFDT, l’UNSA, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP organisent plus de 170 manifestations à travers le pays pour réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des « moyens budgétaires à la hauteur » des missions des services publics.

Les syndicats espèrent peser sur les arbitrages du gouvernement pour le prochain budget, dont la présentation est prévue jeudi, mais aussi pour « lancer un message aux candidats à la présidentielle » à l'aube de la campagne électorale, propice au « fonctionnaire bashing », indiquait jeudi Laure Revel (CFDT). 

Par ailleurs, après un été marqué par des incendies historiques durant lesquels les pompiers ont été mis à rude épreuve, ces derniers ont décidé de se rassembler dans la capitale pour se joindre au reste des fonctionnaires.

Attendus au nombre de 5 000 à 10 000 par les autorités, ils défileront dans un premier temps dans leur propre cortège, entre la place d'Italie et la Bastille, avant de rejoindre le reste des manifestants, qui partiront à 14 h de la place de la République.

Le pouvoir d’achat au cœur des mobilisations

Cette journée sera centrée sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires, grignoté par l'inflation et l'absence de revalorisation du point d'indice ces dernières années. Depuis 2017, les agents publics n'ont vu leur point d'indice revalorisé qu'en 2022 (3,5 %) et 2023 (1,5 %), soit une revalorisation totale légèrement supérieure à 5 %. Entre-temps, selon l'Insee, l'inflation cumulée depuis 2017 aura atteint 24,17 % à la fin 2026. 

Dans la fonction publique territoriale, la situation est particulièrement préoccupante, comme l’a confirmé un rapport réalisé par le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale et adopté à l’unanimité à la fois par les représentants des employeurs et les organisations syndicales (lire Maire info du 17 septembre https://www.maire-info.com/face-%EF%BF%BD-la-baisse-de-la-remuneration-des-agents-territoriaux-syndicats-et-employeurs-saccordent-sur-lurgence-dagir-article2-31082). La Cour des comptes elle-même, qui a pourtant estimé dans un récent rapport qu’il fallait réduire la masse salariale dans la fonction publique, estime que la rémunération moyenne des agents territoriaux n’a augmenté que « 1,5 % » entre 2012 et 2023.

14 % de grévistes dans le premier degré

La CGT a promis une « journée noire » dans la fonction publique, et les autorités s'attendent à voir défiler entre 20 000 et 40 000 personnes, hors pompiers. Mais d’après les premiers chiffres diffusés par le gouvernement, la mobilisation est moindre qu’espéré par les syndicats : chez les professeurs des écoles, par exemple, le syndicat SNUipp-FSU s’attendait à 40 % de grévistes ; alors qu’à l’heure où nous écrivons, le ministère de l’Éducation nationale parle d’un taux de grévistes de 14 %. 

Dans la fonction publique territoriale, aucun chiffre n’a pour l’instant été donné par le ministère. Un bon nombre de communes, néanmoins, ont dès hier annoncé des restrictions de service liées à la grève de personnels communaux. À Roubaix, par exemple, la mairie annonçait hier que la restauration scolaire serait fermée dans « 15 écoles ». Tout ou partie des cantines scolaires et/ou des accueils périscolaires sont également fermées à Soissons, à Strasbourg, à Villeurbanne, à Marseille, à Saint-Étienne.

De leur côté, les transports sur les réseaux SNCF et RATP ne devraient être que ponctuellement perturbés par la grève.

Un début de mobilisation lycéenne

Parallèlement aux manifestations de la fonction publique, cette journée devrait être marquée par la poursuite des blocages de lycées, mouvement parti la semaine dernière d'établissements de banlieue parisienne – en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.

Depuis une semaine, des lycéens se mobilisent devant leurs établissements pour protester, notamment contre des classes et des emplois du temps surchargés ou encore l'absence de professeurs, des rassemblements qui ont parfois dégénéré avec des dégradations ou des tirs de mortier. 164 personnes ont été interpellées hier, selon le ministère de l’Intérieur. 

Le mouvement s’étendant à d'autres régions, notamment hier à Nice, à Lille ou dans la banlieue lyonnaise, il devrait constituer, avec le cortège des pompiers, l'un des principaux points d'attention des forces de l’ordre aujourd’hui.

Ce mouvement lycéen reste pour l’instant très minoritaire, insiste le ministère de l’Éducation nationale, avec, hier en fin de journée, « 180 établissements bloqués » sur un total de 3 700. Ce matin, le rectorat de Paris indiquait que « moins d'une dizaine » de lycées sur les 90 que compte la capitale faisaient l'objet d'une « tentative de blocage » à 8 h. Il n’en reste pas moins que le mouvement s’étend, avec ce matin des actions à Tours, Toulouse, Rennes, Nantes, Nîmes, Le Mans, Besançon, Orléans…





Journal Officiel du mardi 29 septembre 2026

Ministère de l'Intérieur

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