De façon plus précise ensuite, l’Insee indique que « la part de la population confrontée à des difficultés de logement de façon ponctuelle (c’est-à-dire au moins une année en 2014 ou en 2017) atteint 28 % ». Pour plus d’un tiers d’entre elles (10 % des personnes), la situation est encore plus délicate puisque « ces difficultés se manifestent de façon durable, c’est-à-dire en 2014 comme en 2017 ».
Dans son analyse, l’Insee note donc que « des difficultés de logement persistent aujourd’hui : défaut d’équipement de chauffage ou d’isolation, ou encore mauvaise adaptation du logement à ses occupants - qu’il soit trop coûteux à chauffer, trop petit ou inadapté à la taille du ménage ».
Les personnes ayant déménagé entre 2014 et 2017 connaissent « plus souvent » des difficultés de logement au moins une des deux années (38 %). Mais pour la plupart d’entre elles, cette situation est plutôt transitoire et seule une minorité (6 %) y sont confrontées à la fois en 2014 et en 2017. « Ainsi, en déduit l’Insee, la mobilité s’accompagne nettement plus souvent d’une amélioration des conditions de logement que l’inverse : c’est le cas pour 23 % des personnes mobiles durant cette période. Cependant, 9 % des résidents qui ont déménagé connaissent des difficultés de logement en 2017 et pas en 2014. »
Quel est leur profil ?
Sans surprise, l’étude révèle que « les difficultés de logement concernent davantage les ménages les plus jeunes. Elles diminuent ensuite avec l’âge, à mesure que le niveau de vie augmente. Pour ces jeunes ménages, les difficultés sont plus souvent transitoires, car leur mobilité est plus importante. » Enfin, les difficultés sont plus présentes dans l’unité urbaine de Paris, en particulier les nuisances sonores (voisinage ou environnement extérieur) et le surpeuplement.
Près de la moitié (45 %) des personnes modestes connaissent des difficultés de logement en 2014 ou en 2017, soit trois fois plus que les personnes aisées (16 %). « La persistance de ces difficultés conforte ces inégalités : pour 20 % des personnes modestes, elles sont durables, soit presque quatre fois plus souvent que pour les personnes aisées (6 %). »
Enfin, les locataires et les familles monoparentales connaissent beaucoup plus souvent des difficultés de logement. « Ces catégories de ménages ont en effet un niveau de vie moyen plus faible que d’autres. Les familles monoparentales sont en outre davantage confrontées à des difficultés durables de logement : une personne sur quatre appartenant à une famille monoparentale y est confrontée en 2014 et en 2017 », conclut l’Insee.

