Après l’annonce du président de la République, mardi lors de l’ouverture du Congrès des maires de France, le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a confirmé la détermination du gouvernement à aider à la création de l’Agence de financement des investissements locaux (AFFIL), hier matin lors du traditionnel débat sur les finances locales. « Il faut aller vite. Nous sommes disponibles pour créer des véhicules juridiques permettant la création de cette agence », a déclaré le ministre, précisant que s’agissant « d’un outil des collectivités locales, l’Etat aiderait avec le droit, pas avec sa garantie ».
Répondant au ministre, Jacques Pélissard, le président de l’AMF, a exprimé son « optimisme » suite à « l’accord donné par le président de la République pour la création de l’agence », et évoqué la possibilité de voter des « amendements » à cet effet dans le projet de loi de finances pour 2013. « Nous avons une date-butoir : le 31 décembre 2012 », a-t-il déclaré.
Le ministre de l’Economie a ensuite abordé le sujet d’actualité de la cotisation foncière des entreprises (CFE), affirmant qu’une solution sera trouvée « dans les prochains jours, qui pourrait prendre sa place dans le projet de loi de finances rectificative pour 2012 », discutée à l’Assemblée d’ici la fin de l’année. Il s'agirait, a précisé Pierre Moscovici, « de neutraliser une partie des effets de la hausse pour les contribuables et, notamment, les collectivités volontaires pourraient, par délibération d'ici à la fin de l'année, remettre une partie de la hausse minimale décidée en 2012 ».
Le sujet du poids des normes a également occupé une large partie des débats. Gilles Carrez, président de la commission des Finances de l’Assemblée, a réclamé un « droit de veto » de la CCEN sur les textes, et annoncé qu’il déposerait un amendement dans ce sens d’ici à la fin de l’année.
S’agissant de la baisse des dotations, Christian Eckert, rapporteur général du Budget à l’Assemblée nationale, a réagi aux nombreuses plaintes venues de la salle en rappelant que l’Etat est lui aussi contraint. « Quand on vous dit clairement, à l’avance, que les dotations vont baisser de 750 millions d’euros, c’est moins de 10% de ce que l’Etat s’impose comme économies ! », a-t-il déclaré. Il faisait référence au fait que les collectivités comptent pour 9,7% de la dette publique, chiffre de l’Observatoire des finances locales et rapporté par André Laignel, premier vice-président délégué de l’AMF.

E.G.E