Une vingtaine de maires en exercice parmi les nouveaux sénateurs élus dimanche
Par Franck Lemarc

Un Sénat un peu plus jeune, un peu moins féminisé et comptant 67 nouveaux sénateurs. Ce sont les premiers chiffres que l’on peut donner après ce scrutin qui a permis de renouveler 178 sièges sur 348 – puisque, on le sait, le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans.
Un Sénat légèrement rajeuni
Sur ces 178 sièges, le taux de renouvellement est relativement faible puisque 111 sénateurs qui se représentaient ont été réélus, soit 62,3 %. Ce sont donc 23 ex-sénateurs qui, eux, n’ont pas été réélus, parmi lesquels on peut citer Patrick Chaize (Ain), président de l’Avicca et spécialiste des questions d’aménagement numérique du territoire.
Le Sénat, qui était déjà bien loin de la parité, s’en éloigne encore un peu plus, puisqu’il compte désormais une femme de moins que pendant la mandature précédente : il y a donc désormais 214 sénateurs pour 134 sénatrices, soit un taux de féminisation de 38,5 % (contre 38,8 % jusque-là). Notons tout de même que ce taux est supérieur à celui de l’Assemblée nationale, qui ne compte que 36,1 % de femmes députées.
Le Sénat s’est en revanche un peu rajeuni, passant d’une moyenne d’âge de 62 ans et 5 mois à 60 ans et un mois. Le doyen du Sénat – qui présidera à ce titre la première séance publique, jeudi 1er octobre, avant l’élection du président – est désormais Pierre Cuypers, élu en Seine-et-Marne (82 ans et six mois). La plus jeune sénatrice (32 ans et 3 mois) reste Mathilde Ollivier (élue des Français hors de France).
Bien que l’on puisse se présenter aux élections sénatoriales à partir de 24 ans, il n’y a aucun sénateur de moins de 30 ans, et seulement 16, soit moins de 5 %, de moins de 40 ans. La principale cohorte se situe dans la tranche d’âge 60-69 ans (135 sénateurs soit 38,8 %).
Un mot enfin des catégories socio-professionnelles des élus. Léger rajeunissement oblige, le pourcentage de retraités diminue un peu parmi les sénateurs, passant de 15,8 % à 12,6 %. Le Sénat reste majoritairement (50,6 %) composé de cadres et professions intellectuelles supérieures. Il ne compte que 3,4 % d’agriculteurs, 1,4 % d’employés et aucun ouvrier.
24 maires en exercice élus sénateurs
[Paragraphe modifié à 16 h 30 avec ajout de deux maires manquants].
Parmi les 178 nouveaux élus, on compte, selon les calculs de Maire info, 24 maires en exercice – qui vont donc devoir rendre leur écharpe de maire pour exercer leur mandat sénatorial. En voici la liste :
Quatre de ces nouveaux sénateurs sont membres des instances de l’AMF (Comité directeur ou Bureau) ou sont candidats pour le devenir après le congrès 2026 : Nathalie Niéson, Christine Bost, Sébastien Michel et Bastien Coriton.
D’autres membres de la direction de l’AMF ou présidents d’associations départementales qui se présentaient n’ont pas été élus, dont Murielle Fabre, Hélène Geoffroy, Antoine Homé… Emmanuel Franco, président de l’association départementale des maires de la Sarthe ou Bénédicte Thiébault, présidente de celle de la Somme, n’ont pas été élus.
Deux présidents d’associations départementales, déjà sénateurs, ont en revanche été réélus : il s’agit de Jean-Jacques Michau (Ariège) et Jean-Michel Arnaud (Hautes-Alpes).
D'autre sénateurs élus dimanche sont d'anciens maires dont certains de grandes villes, comme François Rebsamen, ancien maire de Dijon ou Rodolphe Alexandre, ancien maire de Cayenne. Six sont adjoints au maire, dont une, Magali Gasto Oustric, est également présidente de la communauté de communes Cœur et Coteaux du Comminges (Haute-Garonne).
Parmi les sénateurs nouvellement élus qui devront renoncer à un mandat pour cause de règles sur le non-cumul, on trouve quatre présidents de conseils départementaux (Pascal Coste en Corrèze, Christophe Guilloteau dans le Rhône, Dominique Le Mèner dans la Sarthe et Dominique Santoni dans le Vaucluse), un président de conseil régional (Renaud Muselier, Paca) et un député européen (Laurent Castillo).
Enfin, 8 députés en exercice vont quitter le Palais-Bourbon pour celui du Luxembourg, dont quatre députés RN (Manon Bouquin, Edwige Diaz, Frank Giletti et Sylvie Josserand) et un député LFI (Gabriel Amard). Dans un tel cas, c’est normalement le suppléant qui prend la place du député passé au Sénat. Si le suppléant refuse, par exemple parce qu’il souhaite garder un mandat exécutif local, des élections législatives partielles doivent être organisées.
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