Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 29 septembre 2026
Fonction publique

Les agents publics se mobilisent pour la défense du pouvoir d'achat tandis que débute un mouvement de blocages dans les lycées

Les agents publics et les pompiers sont appelés à manifester aujourd'hui partout en France à l'appel d'une large intersyndicale pour protester contre le recul de leur pouvoir d'achat, alors que le gouvernement a confirmé le blocage du point d'indice en 2027.

Par F.L. (avec AFP)

Échaudées par un nouveau gel du point d'indice annoncé début septembre par le Premier ministre, la CGT, FO, la CFDT, l’UNSA, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP organisent plus de 170 manifestations à travers le pays pour réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des « moyens budgétaires à la hauteur »  des missions des services publics.

Les syndicats espèrent peser sur les arbitrages du gouvernement pour le prochain budget, dont la présentation est prévue jeudi, mais aussi pour « lancer un message aux candidats à la présidentielle »  à l'aube de la campagne électorale, propice au « fonctionnaire bashing », indiquait jeudi Laure Revel (CFDT). 

Par ailleurs, après un été marqué par des incendies historiques durant lesquels les pompiers ont été mis à rude épreuve, ces derniers ont décidé de se rassembler dans la capitale pour se joindre au reste des fonctionnaires.

Attendus au nombre de 5 000 à 10 000 par les autorités, ils défileront dans un premier temps dans leur propre cortège, entre la place d'Italie et la Bastille, avant de rejoindre le reste des manifestants, qui partiront à 14 h de la place de la République.

Le pouvoir d’achat au cœur des mobilisations

Cette journée sera centrée sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires, grignoté par l'inflation et l'absence de revalorisation du point d'indice ces dernières années. Depuis 2017, les agents publics n'ont vu leur point d'indice revalorisé qu'en 2022 (3,5 %) et 2023 (1,5 %), soit une revalorisation totale légèrement supérieure à 5 %. Entre-temps, selon l'Insee, l'inflation cumulée depuis 2017 aura atteint 24,17 % à la fin 2026. 

Dans la fonction publique territoriale, la situation est particulièrement préoccupante, comme l’a confirmé un rapport réalisé par le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale et adopté à l’unanimité à la fois par les représentants des employeurs et les organisations syndicales (lire Maire info du 17 septembre https://www.maire-info.com/face-%EF%BF%BD-la-baisse-de-la-remuneration-des-agents-territoriaux-syndicats-et-employeurs-saccordent-sur-lurgence-dagir-article2-31082). La Cour des comptes elle-même, qui a pourtant estimé dans un récent rapport qu’il fallait réduire la masse salariale dans la fonction publique, estime que la rémunération moyenne des agents territoriaux n’a augmenté que « 1,5 % »  entre 2012 et 2023.

14 % de grévistes dans le premier degré

La CGT a promis une « journée noire »  dans la fonction publique, et les autorités s'attendent à voir défiler entre 20 000 et 40 000 personnes, hors pompiers. Mais d’après les premiers chiffres diffusés par le gouvernement, la mobilisation est moindre qu’espéré par les syndicats : chez les professeurs des écoles, par exemple, le syndicat SNUipp-FSU s’attendait à 40 % de grévistes ; alors qu’à l’heure où nous écrivons, le ministère de l’Éducation nationale parle d’un taux de grévistes de 14 %. 

Dans la fonction publique territoriale, aucun chiffre n’a pour l’instant été donné par le ministère. Un bon nombre de communes, néanmoins, ont dès hier annoncé des restrictions de service liées à la grève de personnels communaux. À Roubaix, par exemple, la mairie annonçait hier que la restauration scolaire serait fermée dans « 15 écoles ». Tout ou partie des cantines scolaires et/ou des accueils périscolaires sont également fermées à Soissons, à Strasbourg, à Villeurbanne, à Marseille, à Saint-Étienne.

De leur côté, les transports sur les réseaux SNCF et RATP ne devraient être que ponctuellement perturbés par la grève.

Un début de mobilisation lycéenne

Parallèlement aux manifestations de la fonction publique, cette journée devrait être marquée par la poursuite des blocages de lycées, mouvement parti la semaine dernière d'établissements de banlieue parisienne – en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.

Depuis une semaine, des lycéens se mobilisent devant leurs établissements pour protester, notamment contre des classes et des emplois du temps surchargés ou encore l'absence de professeurs, des rassemblements qui ont parfois dégénéré avec des dégradations ou des tirs de mortier. 164 personnes ont été interpellées hier, selon le ministère de l’Intérieur. 

Le mouvement s’étendant à d'autres régions, notamment hier à Nice, à Lille ou dans la banlieue lyonnaise, il devrait constituer, avec le cortège des pompiers, l'un des principaux points d'attention des forces de l’ordre aujourd’hui.

Ce mouvement lycéen reste pour l’instant très minoritaire, insiste le ministère de l’Éducation nationale, avec, hier en fin de journée, « 180 établissements bloqués »  sur un total de 3 700. Ce matin, le rectorat de Paris indiquait que « moins d'une dizaine »  de lycées sur les 90 que compte la capitale faisaient l'objet d'une « tentative de blocage »  à 8 h. Il n’en reste pas moins que le mouvement s’étend, avec ce matin des actions à Tours, Toulouse, Rennes, Nantes, Nîmes, Le Mans, Besançon, Orléans…

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