Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 26 janvier 2026
Énergies renouvelables

Un tiers de l'électricité consommée en France désormais issue des énergies renouvelables

La FNCCR vient de publier son rapport 2025 sur les énergies renouvelables, qui met en lumière un développement très rapide de certaines filières, laissant espérer l'atteinte de l'objectif de 40 % d'énergies renouvelables en 2030. Mais la fédération pointe aussi un certain nombre « d'incertitudes ». 

Par Franck Lemarc

En 2025, presque un tiers de l’électricité produite en France (32,5 %) est d’origine renouvelable, et la production d’électricité éolienne est, pour la première fois, passée devant l’hydroélectrique. Selon le rapport annuel publié par la FNCCR , ce sont 89,1 GW qui ont été produits l’an dernier par des installations autres que liées aux énergies fossiles ou au nucléaire : photovoltaïque, éolien terrestre et en mer, barrages, biomasse, biogaz, énergies marines et géothermie. 

Objectifs « atteignables » 

C’est le photovoltaïque qui tient très nettement la corde, pour ne pas dire qu’il écrase ses concurrents : sur les neuf premiers mois de 2025, 73 % des capacités renouvelables installées ont été des installations photovoltaïques (panneaux solaires) ; l’éolien terrestre arrive assez loin derrière (9 % des capacités installées). 

Globalement, les trois sources d’énergie que sont le photovoltaïque, l’éolien et l’hydroélectricité représentent 92 % de la production électrique renouvelable en France, les autres sources ne représentant qu’une part marginale.

Le plus frappant dans ce rapport est la rapidité du développement des énergies renouvelables (EnR) dans le mix énergétique, surtout depuis 2019. En vingt ans (2004-2024, la part d’EnR est passée de 13,8 à 31,3 % et ces dernières années, le processus s’est accéléré, avec un gain de plus de 2 à 3 points de pourcentage par an, ce que les auteurs du rapport expliquent à la fois par « de très bonnes années de production hydroélectrique »  et une forte dynamique sur le photovoltaïque. À ce rythme, il ne paraît pas impossible d’atteindre les 40 % d’EnR en 2030, si la tendance de +2 % par an se maintenait sur les cinq prochaines années. 

Solaire : l’explosion de l’autoconsommation

Cela n’a pourtant rien d’automatique. Un certain nombre de ressources patinent – c’est le cas de l’éolien terrestre – et posent des problèmes d’acceptabilité par la population. D’autres, jugées naguère très prometteuses, comme l’éolien en mer, peinent à décoller et restent très loin des objectifs. 

Le photovoltaïque va rester, dans les années à venir, le secteur qui connaîtra le développement le plus rapide, porté, d’une part, par les évolutions réglementaires récentes (obligation d’équiper les toitures des nouveaux hangars, entrepôts et parkings) ; et, d’autre part, par « la ruée vers l’autoconsommation »  – une véritable explosion : en un an, le nombre d’installation est passé de 618 000 à 815 000, soit une augmentation de 46 %. 

L’autoconsommation collective connaît également un fort développement, en grande partie porté par les collectivités locales. L’assouplissement du cadre réglementaire dans ce secteur a libéré le développement de ces projets, qui sont aujourd’hui au nombre de 14 500, dont 1 343 déjà en fonctionnement.

Néanmoins, la FNCRR s’inquiète de menaces qui planent sur le développement du photovoltaïque. D’abord, des évolutions réglementaires défavorables, dont celle du fameux arrêté S21 (lire Maire info du 28 mars dernier), qui a acté une forte baisse du soutien de l’État sur les petites installations et celles des collectivités. 

Plus généralement, un climat politique peu favorable à l’énergie solaire semble se développer – le rapport rappelle le moratoire total sur les renouvelables que Les Républicains et le RN ont fait voter à l’Assemblée nationale, par amendement à la proposition de loi Gremillet, qui n’a finalement échoué que parce que l’ensemble de la proposition de loi a été rejeté. 

Autre source d’inquiétude : la troisième version de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, toujours en discussion, mais dont les versions préparatoires constituent « un signal durablement préoccupant pour la filière photovoltaïque » , en introduisant « une inflexion stratégique susceptible de peser sur la visibilité à long terme des acteurs »  avec une « réduction des cibles particulièrement marquée à l’horizon 2035 ». 

Une consommation moins importante qu’attendu

En matière d’éolien terrestre, l’année 2025 a été « décevante » , avec un nombre d’installations raccordées en 2025 « en net recul »  par rapport aux années précédentes. Si le parc continue de progresser, cette progression a été marquée par « un ralentissement surprenant »  en 2025. Les auteurs s’interrogent pour savoir si cette tendance est due à de simples retards dans les chantiers ou à « un décrochage plus profond ». Cette deuxième option, si elle n’a rien de certain, n’est pas impossible, du fait des « multiples contraintes réglementaires » , du rétrécissement du foncier disponible et de la « lourdeur des procédures administratives ». 

Plus généralement, la FNCCR note que le marché est confronté à une hausse bien moins importante qu’attendu de la consommation d’électricité. Il pouvait sembler logique que l’électrification progressive de l’automobile et du chauffage résidentiel, notamment, fasse exploser la demande. Cela n’a pas été, jusqu’à présent, le cas. La consommation nationale a même diminué depuis 2022, et reste depuis « inférieure de près de 6 % à son niveau de 2019 »  – et partie du fait de la désindustrialisation mais également à cause des conséquences de la crise énergétique, qui a poussé les ménages à moins consommer. C’est tout le paradoxe de la période : les Français sont constamment invités à faire des économies d’énergie – sans compter la hausse des prix qui les y oblige. Mais si la consommation n’augmente pas, voire diminue, le marché devient moins attirant pour les industriels, qui ont tendance à moins investir. 

Pour répondre à ce paradoxe, un pilotage de l’État est plus que jamais nécessaire. Ce qui rend le retard pris dans la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie d’autant plus préoccupant. 

Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2