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Édition du lundi 4 mai 2026
Tourisme

Tourisme à vélo : le gouvernement veut valoriser les territoires situés hors des sentiers battus

Afin de valoriser « les destinations d'excellence » du tourisme à vélo « au-delà des itinéraires déjà connus », l'exécutif, le Réseau vélo & marche et la filière économique France vélo viennent de lancer un appel à manifestation d'intérêt. Au moins une vingtaine de territoires seront sélectionnés dès cette année.

Par A.W.

« Quand on pense tourisme en France, on pense tout de suite à la mer ou à la montagne. [Mais] il existe un tourisme qu’on oublie parfois… »  En déplacement en Charente jeudi dernier, le ministre du Tourisme, Serge Papin, a mis en avant « le tourisme d’intérieur », celui de « nos campagnes, nos villages, nos vallées, nos petites villes »  et choisi de défendre le tourisme à vélo « au-delà des itinéraires déjà connus ». Car le vélo offre « une manière privilégiée de découvrir les richesses géographiques, culturelles et patrimoniales du pays ».

Valoriser au moins 20 « destinations d’excellence » 

Dans ce cadre, il a lancé un appel à manifestation d’intérêt (Ami) visant à « valoriser »  certaines « destinations d’excellence »  du tourisme à vélo en France. « Avec cet appel à manifestation d’intérêt, nous voulons révéler toute la richesse et la diversité des pratiques cyclables en France. C’est une opportunité concrète pour valoriser nos territoires, soutenir la filière vélo et renforcer l’attractivité de la destination France à l’échelle européenne », a expliqué l’ancien PDG de Système U.

« Si la pratique d’itinérance bénéficie d’une bonne médiatisation et d’un suivi régulier, les autres pratiques telles que les séjours à vélo plus sportifs (VTT, gravel, vélo loisir, montée de col, etc.) ou l’excursion autour de son lieu d’hébergement touristique sont aujourd’hui bien moins valorisées. La France a donc tout un potentiel à révéler », explique le gouvernement dans un communiqué paru dans la foulée.

Porté également par le Réseau vélo & marche – né l'an dernier de la fusion du Club des villes et territoires cyclables et de Vélo & Territoires – et la filière économique France Vélo, cet appel à manifestation d’intérêt a donc pour objectif de « mettre en visibilité des sites majeurs du tourisme à vélo, des destinations connues ou moins connues, mais qui font le choix de s’équiper et de s’organiser pour accueillir au mieux les cyclistes pour des séjours sous le signe du vélo », soulignent les deux organisations dans leur communiqué commun.

Pour cela, « entre 20 et 30 territoires (a minima un par région) »  seront sélectionnés en 2026 dans le cadre de cet appel à manifestation d’intérêt pour en faire « des destinations françaises misant sur les diverses pratiques cyclables comme pilier de leur attractivité », expliquent Réseau vélo & marche et France Vélo, alors que le règlement de l’Ami parle d’une « vingtaine de territoires »  et le gouvernement d’« une trentaine de territoires, communes, groupements de communes, syndicats mixtes, ou encore parcs naturels ». 

Candidater avant le 31 juillet

Quoiqu’il arrive, les lauréats seront « valorisés à l’échelle nationale et européenne pour une durée de deux ans »  par le ministère chargé du Tourisme et Atout France. En outre, l’exécutif promet la mise à disposition des lauréats d’un kit de communication, une « mise en réseau »  de ces derniers afin de « partager les bonnes pratiques »  et « lever les difficultés et rencontrer des prestataires ad hoc ». Enfin, Ils seront mis « en relation avec des prestataires privés pour développer les services de proximité à destination des touristes à vélo, comme la location de vélos et de matériels ».

Qui peut candidater ? Des communes, des groupements de communes, des syndicats mixtes ou encore des parcs naturels régionaux, mais aussi des personnes morales privées (associations, fondations…) ou encore des groupements d’acteurs, « quelle que soit leur forme, adossés à un territoire ». Si les porteurs de projet doivent être « domiciliés sur le territoire national, en métropole ou en Outre-mer », seules les structures déjà constituées juridiquement y sont éligibles (les sociétés en cours d’immatriculation ne sont donc pas éligibles).

« Les critères portent notamment sur la présence d’une offre cyclable de grande qualité, l’existence de services vélos (loueurs et réparateurs notamment) et d’hébergements "Accueil Vélo", l’accessibilité du territoire autrement qu’en voiture individuelle ou l’organisation d’un événement annuel dédié à la pratique cyclable », détaillent Réseau vélo & marche et France Vélo, en précisant que « les sites proposant plusieurs pratiques ou valorisant le vélo au quotidien seront considérés positivement ». « L’implication des acteurs privés aux côtés des collectivités est indispensable au développement du tourisme à vélo, et est un des critères complémentaires de cet Ami », notent-ils également.

Un webinaire sera organisé en juin pour accompagner les candidats et les candidatures devront être envoyées d’ici le 31 juillet. Quant aux lauréats, ils seront dévoilés au début de l’automne. « Le 1er octobre », lors des rencontres du Réseau vélo & marche, selon ce dernier, ou bien « le 30 septembre », selon l’appel à manifestation.

Le cyclotouriste dépense plus que les autres

« En croissance continue depuis plus de 10 ans, le tourisme à vélo s’impose comme un moteur essentiel de l’économie touristique en France », rappelle l’appel à manifestation d’intérêt dans son règlement.

« Chaque année, ce sont près de 22 millions de Français qui sillonnent nos territoires à vélo pendant leurs vacances, générant plus de 4 milliards d’euros de retombées économiques. Pour les collectivités, le tourisme à vélo est une opportunité stratégique majeure, et cet AMI leur donne les moyens de la saisir », rappelle ainsi Chrystelle Beurrier, co-présidente du Réseau vélo & marche, en expliquant que le vélo « est devenu un véritable levier de dynamisation économique et d’attractivité des territoires ».

Le réseau et France Vélo notent d’ailleurs que « les touristes à vélo réalisent des dépenses quotidiennes plus importantes que les autres touristes (+ 24 %), qui soutiennent le maintien d’emplois locaux et non délocalisables ». Selon eux, il est recensé « près de 4 000 emplois dans les secteurs du tourisme, du sport et des loisirs, auxquels il faut ajouter 1 750 moniteurs et éducateurs qui accompagnent la pratique, et près de 40 000 emplois (ETP) dans la restauration et l’hôtellerie liés au tourisme à vélo ». Restaurants, commerces et hébergements bénéficient donc « directement de l’apport de cette clientèle touristique et sportive ».

Dans sa récente étude sur « l’impact socio-économique des usages du vélo en France », l’Ademe constate, de son côté, « une démocratisation et un essor du tourisme à vélo, notamment le long des grands itinéraires cyclables ».

Sur ces derniers, elle observe que 40 % des trajets enregistrés sont effectués par des cyclotouristes et « environ 14 % sont étrangers ». Les cyclistes itinérants sont, eux, « proportionnellement plus nombreux parmi les touristes étrangers (38 %) que parmi les touristes français (24 %) ». L'agence de la transition écologique confirme, par ailleurs, que le cyclisme « engendre de fortes retombées économiques sur les territoires à travers le tourisme à vélo notamment [et] renforce l’accès à l’emploi ».

Alors qu’en 2012, 12 % des Français pratiquaient le vélo au moins une fois par semaine, ce chiffre a atteint 24 % en 2024. « La pratique du vélo évolue donc progressivement d’un usage occasionnel vers un usage plus quotidien », indique l’Ademe.

Consulter le règlement de l’Ami « Destination France à vélo ».
 

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