Baisse de la vitesse sur le périphérique parisien : bilan incertain
Dans un communiqué de presse commun publié hier, la mairie de Paris et la préfecture de police se félicitent d’un « bilan positif ».
Rappelons qu’il y a un an, les objectifs annoncés étaient de renforcer la sécurité routière, réduire le bruit et réduire de 10 % la pollution dans la petite couronne.
Côté sécurité routière, le bilan est mitigé. Certes, la mairie de Paris et la préfecture saluent une baisse de 15,5 % du nombre d’accidents, et de 14,5 % du nombre de blessés. Mais ils insistent moins sur le fait que le nombre de tués a augmenté de 75 % – sur de petits chiffres toutefois, les accidents sur ce type de voie étant très rarement mortels. Il y a eu 7 morts cette année sur le périphérique parisien, contre 4 l’année d’avant. Ce chiffre n’a naturellement rien à voir avec la mesure d’abaissement de la vitesse, mais il amène toutefois à nuancer le triomphalisme du communiqué.
La mesure semble avoir en revanche tenu ses promesses sur la fluidification du trafic : la baisse de la vitesse entraîne une réduction de « l’effet accordéon », facilite l’insertion des véhicules en entrée de périphérique, et permet donc, même si cela paraît paradoxal, d’augmenter la vitesse moyenne de circulation : elle est passée, selon le communiqué, de 32 à 38 km/h en heure de pointe le matin.
Même constat sur le bruit : les niveaux sonores ont bien diminué de 1,2 dB la nuit, et de 0,5 dB le jour. Cette baisse est cependant très inférieure à celle qui a été obtenue sur certains tronçons du périphériques équipés l’an dernier d’un nouveau revêtement antibruit, qui a, lui, permis une baisse spectaculaire des nuisances sonores de 7 dB.
Concernant la pollution enfin, la mairie et la préfecture ne sont pas encore en mesure de fournir des chiffres précis, et annoncent que les études sont « en cours ».
Le communiqué précise également que le nombre d’infractions constatées par les radars sur le périphérique a explosé en un an, passant de 138 000 à 461 000 entre 2013 et 2014. Quels que soient les résultats de l’opération, elle constituera donc de toute façon une bonne opération financière pour les pouvoirs publics : à 68 euros l’amende au minimum, cette explosion des signalements d’infractions représentera donc une recette d’au moins 22 millions d’euros pour l’État.

