Maire-info
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Édition du mardi 8 septembre 2026
Santé publique

Augmentation des noyades pendant l'été : vers une évolution de la règlementation et des enjeux sanitaires

Dans un bulletin publié le 24 juillet, Santé publique France recensait 925 noyades dont 274 ayant entraîné la mort depuis le 1er mai. Une augmentation qui interpelle et pousse le gouvernement à durcir la réglementation nationale qui encadre la baignade.

Par Lucile Bonnin

Cet été, les noyades ont fortement augmenté notamment dans les régions éloignées du littoral. Baignades sauvages, zones interdites et recherche de fraîcheur lors des épisodes caniculaires : face à ces comportements à risque, les pouvoirs publics misent autant sur l’augmentation des sanctions que sur la prévention localement.

Corrélation entre canicule et noyades 

Le bilan complet de l’été 2026 n’est pas encore finalisé, mais les premiers chiffres sont inquiétants. Selon Santé publique France, entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, période marquée par des canicules à répétition, 925 noyades ont été recensées en France, dont 274 suivies de décès sur le lieu de noyade. 

Près de 3 noyades sur 4 et 79 % des noyades mortelles sont survenues pendant les périodes de vigilance canicule. Par exemple, « du 24 au 31 mai 2026 (première période de vigilance canicule), 134 noyades ont été recensées dont 48 suivies de décès contre respectivement 67 et 18 au cours de la même période (sans vigilance canicule) en 2025 ».

Globalement, sur l'ensemble de la période observée par Santé publique France, le nombre de noyades est en augmentation de 14 % par rapport à 2025 et principalement chez les adultes.

Autre particularité importante à noter : « le nombre total de noyades augmente dans les régions de l’intérieur sans façade maritime passant de 180 à 267 (+ 48 %) »  notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et Île-de-France. En cause dans la plupart des cas : « les baignades en milieu naturel dans des lieux non aménagés et interdits à la baignade, particulièrement pendant les périodes de vigilance canicule ».

Baignade dans une zone interdite : la sanction renforcée 

C’est ce type de conduite à risques que le décret du 1er août 2026 réprimant la méconnaissance des interdictions de baignade et d'activités nautiques cherche à sanctionner plus fermement.

Ainsi, depuis le 3 août 2026, le non-respect d'une interdiction officielle de baignade ou d'activité nautique peut faire l'objet d'une amende forfaitaire de 68 euros, pouvant aller jusqu’à 450 euros si l'affaire va jusqu'au tribunal de police. 

Trois cas où l’on risque une sanction sont mentionnés dans le décret : la baignade ou la pratique d’une activité nautique dans une zone interdite par arrêté du maire ou du préfet, dans une zone signalée par le drapeau rouge sur une plage surveillée et enfin dans une zone interdite par un règlement de police de la navigation intérieure (rivières, canaux, etc.).

Pédagogie dans les communes 

Dans son bilan des noyades, Santé publique France souligne une nouvelle fois que l’important nombre de noyades témoigne de « la nécessité de poursuivre la prévention du risque de noyades à tous les âges, particulièrement pendant les périodes de fortes chaleurs et tant que les conditions de baignade sont propices. » 

De plus en plus de communes prennent des initiatives pour proposer des formations de premiers secours à leurs habitants. C’est le cas de la commune de Bernières-sur-Mer qui propose en septembre plusieurs initiations gratuites aux gestes de premiers secours, selon Ici Normandie, après que le département du Calvados a connu huit noyades suivies d’un décès.

Selon la Croix-Rouge française, seulement 40 % des Français sont aujourd'hui formés aux gestes de premiers secours et à peine 10 % maîtrise réellement ces gestes. L'objectif fixé dès 2018 par le président de la République était d’atteindre 80 % de la population formée d'ici la fin du quinquennat. Avec l'augmentation des épisodes caniculaires et des catastrophes liées au changement climatique, le sujet de l'accessibilité à une formation des premiers secours devient de plus en plus crucial.

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