La Société mutuelle dassurance des collectivités locales (SMACL) ne partage pas les premières analyses juridiques ministérielles sur la responsabilité de lEtat dans les violences urbaines de novembre 2005. Cest ce qua confirmé Bernard Bellec, président du conseil de surveillance de la mutuelle, et Jean-Luc de Boissieu, secrétaire général du Groupement des entreprises mutuelles dassurance (GEMA).
Lors dune rencontre avec les assureurs qui se tenait le 12 décembre dernier, Brice Hortefeux, ministre délégué aux Collectivités territoriales, avait maintenu la position du gouvernement selon laquelle la responsabilité de lEtat ne saurait être engagée pour lessentiel au titre de ces violences. Pour la SMACL, ces analyses «sont en contradiction avec celles que lensemble de la profession entend faire valoir, en privilégiant la recherche dune transaction par convention amiable avec lEtat sans exclure les recours, si nécessaire, devant les juridictions compétentes.»
A loccasion dune rencontre avec la presse, le 16 décembre, Bernard Bellec a indiqué quil propose la création dun fonds de prévention et dassurance des collectivités territoriales. Car, à ses yeux, le problème de «lassurabilité» des collectivités territoriales ne se limite pas à la question des violences urbaines. Les collectivités sont exposées à dautres risques tout aussi graves, dans les domaines social et climatique.
Ces phénomènes, pointés depuis de nombreuses années par la SMACL, rappelle son président, notamment en juin dernier à loccasion de son congrès en Arles, «compromettent gravement la mutualisation des risques territoriaux et conduisent les collectivités les plus exposées à devoir faire supporter à leurs contribuables des augmentations de cotisations très importantes, voire à ne plus trouver dassureurs pour porter leurs risques».

