Le texte adopté hier en commission mixte paritaire conserve par ailleurs les autres dispositions sur les polices municipales ajoutées au cours de la discussion parlementaire. Il s’agit de l’abaissement des seuils de mutualisation des effectifs de police municipale, de la possibilité pour les policiers municipaux de procéder à des palpations de sécurité ou de retenir une personne contrôlée le temps nécessaire à l’arrivée d’un OPJ ou APJ.
Sénateurs et députés ont aussi ajouté hier dans le texte le délit de consultation habituelle de sites jihadistes. Saisi en décembre d’une question de droit sur ce délit, créé par la loi de juin 2016 renforçant la lutte contre le crime organisé et le terrorisme, le Conseil constitutionnel a en effet estimé vendredi dernier que cette disposition portait atteinte aux libertés fondamentales alors que la France était dotée d’un arsenal législatif conséquent pour lutter contre le terrorisme. Le président de la commission des lois du Sénat, Philippe Bas, a proposé une « nouvelle rédaction » prenant « en compte les exigences de nécessité, d’adaptation et de proportionnalité requises par le Conseil constitutionnel. Elle assortit la constitution du délit d’une condition supplémentaire tenant au fait que la consultation habituelle doit être accompagnée d’une manifestation de l’adhésion à l’idéologie exprimée sur ces sites », précise la commission des lois dans un communiqué.
« La plupart des autres enrichissements votés par le Sénat en première lecture ont été retenus », poursuit le communiqué, citant bien sûr « le renforcement des prérogatives des policiers municipaux en matière de sécurité publique », mais aussi « une répression plus sévère des comportements de rébellion contre les forces de l’ordre ou de refus d’obtempérer », ainsi qu’une « plus grande mobilisation des acteurs de la sécurité privée ou l’accès des services spécialisés de renseignements aux éléments de toute nature contenus dans les procédures pénales pour l’exercice de leurs missions dans le domaine de la lutte contre le terrorisme ».
Le texte doit être voté une dernière fois demain par les députés et jeudi par les sénateurs.
Consulter le texte issu des travaux en commission mixte paritaire.

