Voici les principaux points du projet de loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance, adopté hier en première lecture à l'Assemblée. Il doit repartir pour une deuxième lecture au Sénat, où il avait été voté en première lecture le 21 septembre.
ROLE DU MAIRE
- devient le «pivot» de la politique de prévention, dont il «coordonne la mise en oeuvre»;
- «partage» le secret professionnel avec les acteurs sociaux;
- peut saisir le juge pour mise sous tutelle des prestations familiales;
- peut effectuer un «rappel à l'ordre» à l'encontre d'un administré, y compris mineur, pour trouble à l'ordre public;
- peut créer un «Conseil pour les droits et devoirs des familles» présidé par le maire;
- peut «mettre en oeuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel, relatives aux enfants en âge scolaire».
SANTE MENTALE
- le maire peut plus facilement prononcer l'hospitalisation d'office de malades mentaux;
- le maire est informé des sorties à l'essai de malades mentaux;
- création d'un fichier de données sur hospitalisations d'office.
JUSTICE DES MINEURS
- «présentation immédiate» de mineurs délinquants devant les magistrats (remplace le «jugement à délai rapproché»);
- placement pour un mois dans un établissement «permettant la mise en oeuvre d'un travail psychologique, éducatif et social portant sur les faits commis»;
- placement en internat pour une année scolaire, avec «avertissement solennel» du tribunal;
- mesure «d'activité de jour», pour un an maximum, auprès d'organismes habilités;
- contrôle judiciaire avec placement en «centre éducatif fermé»;
- le procureur peut demander un stage de responsabilité parentale;
- le juge pourra écarter l'excuse de minorité (peine divisée en 2 pour les mineurs de 16-18 ans) sans motivation en cas de récidive et d'atteinte aux personnes.
NOUVELLES INFRACTIONS
- violences avec arme commises en bande organisée ou avec guet-apens sur forces de l'ordre ou agent de transport (jusqu'à 15 ans de réclusion ou perpétuité);
- embuscade avec arme dans le but de commettre des violences contre les forces de l'ordre ou les agents de transports (5 ans et 75.000 euros d'amende);
- augmentation des peines pour rébellion (6 mois à un an) et provocation directe à la rébellion (deux mois prison au lieu d'une amende);
- incrimination de détention ou transport sans motif de substances incendiaires ou explosives;
- augmentation des peines pour occupation illégale de halls d'immeuble.
CHIENS DANGEREUX
- Six mois de prison et 7.500 euros d'amende pour détention illégale de chiens d'attaque, de garde ou de défense.
STUPEFIANTS, PEINES PLUS SEVERES
- pour infractions à l'égard de mineurs ou dans les écoles;
- pour consommation dans l'exercice de ses fonctions d'un dépositaire de l'ordre public ou agent de transport;
- peine complémentaire de stage obligatoire de sensibilisation;
- pour violences commises sous l'emprise de stupéfiant ou d'alcool;
- le procureur peut ordonner une injonction thérapeutique.
VIOLENCES CONJUGALES
- obligation de suivi socio-judiciaire étendu;
- médecin délié du secret professionnel.
DIVERS
- gens du voyage: accélération de la procédure d'évacuation forcée;
- deux ans de prison et 30.000 euros d'amende en cas de rétention d'information sur la disparition d'un mineur;
- six mois de prison et 3.750 euros d'amende pour dégradation des voies ferrées et des installations d'énergie;
- durcissement de la lutte contre les jeux d'argent illégaux et la pédopornographie sur internet
- service volontaire citoyen de la police;
- réforme du permis à points.

