Manuel Valls annonce la création de « contrats de ruralité uniques »
Dans son discours, Manuel Valls a confirmé « qu’il n’y aura plus aucune commune en zone blanche d’ici la fin de 2017 », une troisième vague de raccordement aux nouvelles technologies devant être lancée à l’automne. « Ce plan tiendra compte des communes où le niveau de réception reste trop faible, a-t-il poursuivi, annonçant qu’à « la demande des collectivités, un effort de couverture 4G bénéficiera à 1 300 communes, contre 800 initialement prévues ».
Le Premier ministre a insisté par ailleurs sur la réorganisation de l’État pour « imposer plus de cohérence territoriale ». Chaque administration centrale devra ainsi « informer son préfet de département de ses perspectives d’implantation à deux ans ». Dans le cas où le préfet estimera que « des projets risquent d’entraver l’accès des habitants au service public », il disposera « d’un droit d’alerte au gouvernement qui prendra alors ses responsabilités ».
Manuel Valls a aussi proposé une meilleure coordination des divers dispositifs et financements de l’État. À cette fin, ils seront regroupés « dans des contrats de ruralité uniques, signés avec les intercommunalités et les pôles d’équilibre des territoires ».
Le Premier ministre a aussi annoncé que « 500 millions d’euros dédiés à la ruralité » seront de nouveau octroyés aux collectivités afin de favoriser les investissements et que le nombre de maisons de santé serait porté de 800 à 1 400 sur l’ensemble du territoire.
Au nom de l’AMF, Rachel Paillard – maire de Bouzy et rapporteure de la commission communes et territoires ruraux de l’AMF – a interpellé le gouvernement sur la question des services publics dans les territoires ruraux. Elle a notamment demandé que les élus soient davantage associés aux décisions sur les réorganisations, de façon à ce que les services publics restent harmonieusement répartis sur le territoire. Rachel Paillard a également, une fois encore, averti sur les conséquences de la baisse des dotations, qui impacte lourdement l’investissement local et contraint de nombreux maires ou à diminuer le nombre de services, ou à en augmenter le coût pour les populations. Elle a posé au Premier ministre la question de la pérennité et de l’abondement du fonds de soutien à l’investissement local pour 2017.
Les ministres présents n'ont pas répondu directement à cette demande, précisant qu'elle serait transmise au président de la République. Voilà qui créera une attente supplémentaire quant aux annonces que fera François Hollande, lors de sa venue au congrès de l'AMF, jeudi 2 juin.
Interrogée ce matin par Maire info sur ce comité interministériel, Rachel Paillard a déploré qu'il y ait eu « beaucoup d'effets d'annonces mais peu de nouveautés ». Selon elle, « cette initiative ressemblait plus à une opération de communication du gouvernement, au moment où les élus attendent du concret. Je n'ai pas ressenti beaucoup d'empathie pour les territoires. » Sur la téléphonie mobile, par exemple, même si elle souligne « la réelle volonté d'aboutir » de la ministre Axelle Lemaire, « il y a des annonces ambitueuses, certes, mais sur le terrain, nous ne voyons pas grand-chose qui change. »
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