Édition du mardi 12 novembre 2019


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La terre a tremblé en Drôme-Ardèche : un spectaculaire séisme de magnitude 5,4 secoue la commune du Teil

 

« On a tous cru à une explosion », titre ce matin Le Dauphiné Libéré à la une de ses éditions drômoises et ardéchoises. Il était 11h52, hier, quand un séisme de magnitude 5,4 sur l’échelle de Richter, dont l’épicentre a été localisé entre Le Teil (Ardèche) et Montélimar (Drôme) par le Réseau national de surveillance sismique, a été ressenti dans une grande partie de la vallée du Rhône. Quatre personnes ont été blessées (essentiellement des crises de panique), dont une grièvement dans la chute d’un échafaudage, selon un bilan communiqué par les autorités préfectorales. Ce séisme est le plus important survenu depuis seize ans (Vosges en 2003).
100 sapeurs-pompiers ont été mobilisés. Parmi eux, certains sont venus de la Drôme pour « effectuer des missions de reconnaissance ». Les dégâts les plus importants ont été constatés au Teil, commune d’environ 8 500 habitants. Sur Facebook, son maire, Olivier Pévérelli, a qualifié ce 11 novembre de « journée sombre pour l’histoire de la ville ».

Le Teil, commune la plus touchée
Interrogé par nos confrères de France info, le maire indiquait, hier, que « les clochers de deux églises menacent de s'effondrer », que le dernier étage de l’hôtel de ville est inaccessible car « les plafonds sont tombés » et « qu’au moins 200 maisons ont été fortement touchées ». Entre 400 et 500 personnes ont été contraintes de quitter leur logement. « Je vais passer les heures et les jours à venir à mettre toute mon énergie pour accompagner chaque victime pour relever les maisons, réparer les bâtiments et remettre en état tout ce qui doit l’être », a insisté le maire sur Facebook. « Dès demain [aujourd’hui], je saisirai le ministère de l’Intérieur pour solliciter la solidarité nationale ». En attendant, une cagnotte a été ouverte par le Centre communal d’action sociale (CCAS) du Teil pour venir en aide aux sinistrés. Un peu avant midi, 1 467 euros avaient été récoltés.
« Afin de vérifier la stabilité des bâtiments », tous les établissements scolaires (primaire et secondaire) sont fermés ce mardi. Laurent Wauquiez, président Les Républicains de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a indiqué sur Twitter que « le lycée Xavier Mallet [situé au Teil] sera remis en état dans les plus brefs délais par la région ». 
À Montélimar (Drôme), le maire, Franck Reynier, a déclenché, dans l’heure qui a suivi le séisme, une cellule de veille. Celle-ci a permis de constater qu’un bâtiment a été fissuré et qu’une cheminée s’est effondrée. En fin de journée, la commune indiquait, sur Twitter, que « les agents des services techniques ont vérifié tous les bâtiments municipaux, dont les écoles et les crèches. Pas de problèmes constatés. Ainsi tous les bâtiments seront ouverts normalement, demain [aujourd’hui] ».
Sur Twitter, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et élu dans la Drôme depuis 1992 - il a été maire de Bourg-de-Péage de 1995 à 2004 - a adressé son « soutien » et sa « solidarité » à « tous les Ardéchois et Drômois touchés par le tremblement de terre ».

Suspension de trois réacteurs de la centrale de Cruas
La vague d’émotions passée, le débat s’est très vite porté sur la sûreté des quatre centrales nucléaires implantées dans la région : Bugey (Ain), Saint-Alban (Isère), Tricastin (Drôme, Vaucluse), qui regroupe notamment une centrale nucléaire et des usines d'Orano (ex-Areva) de traitement du combustible nucléaire, et Cruas-Meysse (Ardèche). Si l’exploitation des trois premières se « poursuit » normalement, « des contrôles complémentaires et préventifs » ont été réalisés à la centrale nucléaire de Cruas-Meysse. « Dans l’esprit du principe de précaution, EDF a décidé de suspendre momentanément la production des réacteurs n°2, 3 et 4 de la centrale de Cruas-Meysse », écrivait l’électricien hier. Quelques heures plus tard, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) indiquait avoir « contrôlé la bonne application des procédures de vérification ». Résultat : « aucun dommage n’a été constaté », a conclu l’ASN.
Ces centrales sont-elles suffisamment robustes pour résister à des séismes d’une telle intensité ?, s’interrogeait-on alors sur Twitter. L’ASN a, en effet, demandé à EDF de « vérifier si les valeurs enregistrées dépassaient les seuils à partir desquels un examen plus poussé des installations, nécessitant l’arrêt des réacteurs, est nécessaire ». « Un audit approfondi », a confirmé hier soir le préfet de la Drôme.
Il est question ici du séisme majoré de sécurité (SMS), indicateur jusqu’auquel chaque centrale peut résister à l’ensemble des risques sismiques. « Le séisme le plus puissant observé au même endroit depuis environ 1 000 ans est retenu comme référence, et sa magnitude majorée de 0,5 », expliquait, hier sur Twitter, Géraldine Woessner, journaliste au Point et auteur de Faut-il sortir du nucléaire ?. 
« Le séisme survenu ce matin en vallée du Rhône était d'une magnitude de 5,4 sur l'échelle de Richter à son épicentre, donc supérieure au « séisme majoré de sécurité » de 5,2 pour lesquelles les centrales de Tricastin et Cruas ont été construites ! », s’alarmait l’association Sortir du nucléaire sur Twitter. Pour Géraldine Woessner, il n’y aurait « pas de raison de s’inquiéter », le SMS indiquant une magnitude maximale dans le cas où « l’épicentre se situerait littéralement sous la centrale ». Or la centrale de Cruas-Meysse est située à 23 km de l’épicentre. « Le risque sismique a été pris en compte dès leur conception pour l’ensemble de nos centrales nucléaires, en fonction de l’historique des séismes observés dans les régions d’implantation de nos installations », rassurait, hier, EDF.
Que peut-il se passer maintenant ? Le réseau SISMalp a prévenu, dès hier, que ce « séisme générera certainement des répliques dans les heures et les jours qui viennent ». Interrogé par Le Dauphiné Libéré, Olivier Coutant, sismologue de l’Institut des sciences de la terre, ajoute : « Avec un séisme d’une magnitude de 5,4, on peut s’attendre à des répliques d’une magnitude avoisinant les 4,5. »

Ludovic Galtier

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