« Ce fonds était un fond exceptionnel donc nous ne le reconduisons pas en 2018. Et si nous l’avions fait, cela aurait été au détriment des autres niveaux de collectivités », a expliqué le chef du gouvernement. « Je ne m’engage qu’à ce que je peux tenir », a aussi indiqué Edouard Philippe en faisant référence à la situation tendue des finances publiques. « Vous vouliez 450 millions d’euros ? Nous avons fait les deux-tiers du chemin : 250 millions d’euros au titre du fonds l’an prochain et 100 millions d’euros de recette supplémentaire liée au dynamisme de la TVA », a-t-il estimé en affirmant que les régions ne connaitront pas de baisse nette de leur dotation l’an prochain. « Contrairement à ce que dit le Premier ministre, les ressources des Régions baisseront donc de 350M € en 2018 compte tenu de la dynamique d’évolution de la TVA estimée à 100 M€ », a aussitôt rétorqué l’ARF dans un communiqué.
« C’est une décision scandaleuse, a estimé Philippe Richert. L’Etat ne respecte pas un engagement inscrit dans la loi. La confiance est rompue entre les régions et le gouvernement. Nous nous retirons de la Conférence nationale des territoires et nous suspendons notre participation aux discussions que l’Etat souhaite engager avec nous sur la formation professionnelle, l’apprentissage, l’agriculture ou les transports ». Alain Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine, n’a pas exclu que l’ARF « dépose une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur la portée de cette décision unilatérale de l’Etat qui ne respecte pas la loi ». Pour François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, « les régions ont des compétences XXL, elles ne peuvent donc se contenter de ressources XXS
Les présidents de régions ont reçu sur place le soutien « plein et entier » du président de l’ADF, Dominique Bussereau, qui a récemment conditionné la signature par les départements de contrats financiers avec l’Etat au règlement par le gouvernement du financement des allocations individuelles de solidarités (AIS) qui pèsent sur leurs budgets (lire Maire info du 27 septembre). Début septembre, les six associations du bloc communal avaient déjà sonné « l'alerte rouge » sur les méthodes employées par le gouvernement à l'égard des collectivités (lire Maire info du 6 septembre). Des méthodes que l'AMF avait une nouvelle fois dénoncées mi-septembre (lire Maire info du 14 septembre).
« Il y aura un avant et un après congrès d’Orléans, a conclu le président de l’ARF. J’espère que le gouvernement va se reprendre et modifier sa copie. Nous sommes prêts à reprendre le dialogue s’il revient sur sa décision, notamment sur la plateforme d’actions communes que nous lui avions proposées fin août. Nous sommes prêts à nous inscrire dans un pacte de confiance avec l’Etat s’il fait des propositions concrètes pour sortir de l’impasse. Mais là, la confiance est rompue.» Déclarant ne pouvant « que regretter » la décision des régions de quitter la CNT, le gouvernement « reste ouvert au dialogue », a réagi Matignon.

