On se rappelle en effet que le 26 janvier, dans la foulée des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher et après l’assassinat d’une policière municipale à Montrouge, Bernard Cazeneuve avait reçu François Baroin, président de l’AMF, qui lui avait fait plusieurs demandes : une aide de l’État pour acquérir des gilets pare-balles pour les policiers municipaux et gardes-champêtres et un accès, pour les policiers municipaux, aux réseaux de communication de la police et de la gendarmerie. Bernard Cazeneuve avait alors répondu favorablement à ces demandes.
La circulaire du 23 mars, signée du secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance, Pierre N’Gahane, met en musique ces décisions. Il y est confirmé que le FIPD sera abondé de 60 millions d’euros sur trois ans, dont 20 millions dès cette année, qui seront répartis comme suit : 8,6 millions pour la prévention de la radicalisation ; 9 millions pour le renforcement de la vidéoprotection et la sécurisation des sites sensibles ; 2,4 millions pour l’équipement des polices municipales.
Concernant les gilets pare-balles, la circulaire précise que ces équipements pourront bénéficier indifféremment « aux policiers municipaux et aux gardes-champêtres, armés ou non ». Comme il avait été annoncé par Bernard Cazeneuve, l’État subventionnera les achats de gilets, dès lors qu’ils ont été acquis depuis le 1er décembre 2014, à hauteur de 50 %, avec un plafond à 250 euros par gilet.
Pour ce qui est des TPR (terminaux portatifs de radiocommunication), ils pouront être acquis par les « communes ou les EPCI employeurs », avec une subvention de l’État de 30 % par appareil (plafonnée à 420 euros). Les communes ou EPCI concernés devront en outre « s’acquitter d’un droit annuel par poste pour l’utilisation et la maintenance du réseau ». Munis de ces appareils, les policiers municipaux pourront accéder aux deux réseaux du ministère de l'Intérieur : INPT (Infrastructure nationale partageable des transmissions) et Rubis (Réseau unifié basé sur l’intégration des services).
Les préfets sont appelés à prendre contact avec les maires ou présidents d’EPCI, « dans les meilleurs délais », pour recenser les besoins. Une instruction spécifique devrait toutefois préciser les modalités d'achat des postes de radio du fait du délai nécessaire à la mise en place progressive de l’interopérabilité des réseaux. « Les équipements ne pourront être acquis qu’au fur et à mesure de cette extension » de l’interopérabilité, précise la circulaire.

