L'illectronisme peine toujours à reculer, selon l'Insee
Faire reculer l’illectronisme semble être plus difficile qu’il y paraît (lire article Maires de France). L’année 2025 ne marque en tous cas aucun progrès dans ce champ pourtant devenu en quelques années essentiel à la fois pour communiquer mais aussi pour accéder aux services publics et réaliser l’essentiel des démarches administratives.
L’Insee observe qu’en 2025, 7 % des personnes âgées de 16 à 74 ans sont en situation d’illectronisme : 5 % n’utilisent pas Internet et 2 % sont des internautes n’ayant aucune compétence. Les auteurs de l’étude précisent que « si la part de la population en situation d’illectronisme diminue (10 % en 2021), c’est uniquement en raison de l’augmentation de l’utilisation d’Internet, la part d’internautes sans compétence restant stable. »
Cet immobilisme se confirme aussi avec les chiffres de la population ayant des compétences numériques faibles, c’est-à-dire n’ayant pas « les notions de base dans un à trois des cinq domaines considérés comme essentiels par l’indicateur de compétences numériques européen » : la recherche d’information, la communication, l’usage des logiciels, la protection et la confidentialité de la vie privée et la résolution de problèmes. Ainsi en 2025, 27 % des Français ont des compétences numériques faibles. Ils étaient 28 % il y a quatre ans.
« À l’inverse, 35 % de la population a des compétences générales avancées (contre 32 % en 2021) et 31 % des personnes ont des compétences de base, comme en 2021 », écrivent les auteurs.
Des capacités pour communiquer, mais des compétences informatiques limitées
L’étude met en lumière un déséquilibre dans la maitrise du numérique. « Le domaine de la communication numérique est le mieux maîtrisé : 85 % a des notions avancées dans ce domaine et seulement 6 % n’a pas de notion. » Ainsi l’envoi de mail, l’utilisation des messageries instantanées (WhatsApp, Messenger, etc.) ou l’usage des réseaux sociaux ne pose pas de problème a une grande majorité de la population. Ces pratiques sont même adoptées par 63 % des personnes ayant des compétences numériques faibles initialement.
Le point noir se situe dans la pratique de l’usage de logiciels (traitement de texte, tableur) ou dans la protection et la confidentialité de la vie privée (refuser les cookies, bloquer la géolocalisation).
Étonnamment, les compétences en matière de logiciels ont même baissé : 60 % des Français ont des compétences faibles pour les utiliser tandis qu’ils étaient 50 % en 2021. Cette baisse s’observe dans plusieurs pays de l’Union européenne comme en Espagne et en Italie, précise l’Insee qui estime que le recours au logiciel tend « à diminuer avec la moindre utilisation des ordinateurs au bénéfice des tablettes et smartphones. »
22 % de la population n’a aucune notion dans les domaines de la protection et de la confidentialité de la vie privée sur internet. « C’est d’autant plus marqué parmi les personnes avec de faibles compétences générales : 56 % n’ont pas de notion et 26 % ont uniquement des notions de base dans le domaine de la protection et confidentialité de la vie privée. »
Soulignons enfin que « 15 % de la population n’a pas de notion dans le domaine de la recherche d’information ». Cette statistique interroge à l’heure où les fake news et les ingérences étrangères deviennent de plus en plus courantes sur la toile. Par exemple, en amont des élections municipales, une centaine de faux sites d'informations locales a été créé par un réseau d'influence russe dans la perspective des élections municipales de 2026. Ainsi des sites comme Suddouestdirect.fr ou infosdupays.fr ont été créés par des intelligences artificielles (IA) avec l'objectif d'exacerber la fragmentation politique en France (lire Maire info 6 novembre). La problématique de l’illectronisme est donc un enjeu démocratique d’avenir qui rejoint celle de l’éducation aux médias (lire Maire info du 16 février) désormais indispensable pour les plus jeunes à l’école comme pour les plus grands à l’occasion de formations proposées par exemple par le CNFPT.
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