Le Sénat souhaite assouplir les conditions de saisine du Conseil national d'évaluation des normes
Et les exigences ne sont pas mineures. Ainsi, le décret impose que la demande d’évaluation d’une norme réglementaire en vigueur soit présentée par au moins cent maires et présidents d’EPCI ou dix présidents de conseil général ou deux présidents de conseil régional. « L’exigence irréaliste et non prévue par la loi d’une démarche concertée de cent maires rend tout à fait improbable le fonctionnement effectif de cette modalité de saisine du CNEN », dénoncent Jean-Marie Bockel et Rémy Pointereau, premier vice-président de la délégation et co-signataire de cette PPL. Autre exigence fixée par le décret du 30 avril 2014, non prévue non plus par la loi, celle de joindre à la demande d’évaluation une fiche d’impact présentant entre autres éléments « ses motifs précisement étayés ». « Cela revient à faire peser sur les collectivités — qui pourront être des communes petites ou de taille moyenne dépourvues de tout moyen d’expertiser les normes — une obligation de pré-instruction du dossier coûteuse à faire », expliquent les deux sénateurs. Ils demandent donc dans leur proposition de loi, qui ne comporte qu’un article, la suppression de ces deux dispositions, afin de rétablir « la possibilité de plein droit à toute collectivité terrritoriale agissant seule ou de façon concertée, la possibilité de saisir le conseil national ».
A l'Association des maires de France, on se réjouissait ce matin du dépôt de cette proposition de loi, « symbole du début du partenariat » entre l'association et le Sénat. Dans un courrier adressé début novembre au président du CNEN, Alain Lambert, le président de l’AMF plaidait aussi pour que la charge de l’instruction préalable soit inversée. Aux yeux du président sortant, Jacques Pélissard, il apparaissait en effet normal que ce soient les « administrations à l’origine des normes » qui prennent en charge le travail d’analyse demandé aux collectivités en accompagnement de leur saisine du CNEN. « Il conviendrait que, dès lors qu’une norme est mise en cause, le rapporteur puisse demander à l’administration qui l’a émise de justifier la plus-value de son existence (…) de mesurer les charges induites sur les collectivités et non l’inverse, c’est à dire de prouver en amont de l’instruction que cette norme a des conséquences trop lourdes pour les collectivités », demandait le président de l’AMF.
Télécharger la proposition de loi.
Pour aller plus loin : visionner les interviews de Gérard Larcher et de Thierry Mandon sur AMF TV.

