Lors de cette audition sur la situation des réfugiés syriens et irakiens, organisée par les commissions des affaires étrangères, des lois et le groupe de liaison sur les chrétiens d'Orient du Sénat, le ministre a été apostrophé par le sénateur-maire du Val de Marne, Christian Cambon, sur le sort réservé aux communes, « notamment en Ile de France », qui accueillent déjà beaucoup de réfugiés mais n'ont droit « qu'à peu d'aide » quand celles qui accueilleront des syriens demain auraient « droit à tout ». « Sur ma commune de 18 000 habitants, j'accueille 25 familles tchétchénes et afghanes depuis 5 ans sans aucune aides associatives ni de l'Etat », a-t-il expliqué, espérant que l'Etat rétablisse l'équilibre et « se penche sur le sort de ces demandeurs d'asile dans des situations de dénuement et dont le sort repose sur les maires ». La réponse du ministre a été directe : « Je ne peux rétroactivement assurer une prise en charge au même titre que le plan de relocalisation », question budgétaire oblige. A défaut, le ministre reconnait presque le droit à ces communes d'être moins investies dans l'accueil de nouveaux réfugiés, et assure que le ministère de l'Intérieur en tiendra compte, « avec pragmatisme », notamment dans le cadre du schéma national d'hébergement des demandeurs d'asile que l'Etat doit mettre en place. A ce propos, le ministre a été on ne peut plus clair : « Je préfère le volontariat et travailler sur la base d'une mobilisation spontanée des collectivités, mais si nous devions être obligés de mettre en oeuvre de façon plus unilatérale ce schéma, l'Etat prendrait alors ses responsabilités ».
L'agence Frontex, chargée de la surveillance en méditerranée, a fait hier un nouveau point sur les flux de migrants et réfugiés depuis le début de l'année : 710 000 ont traversé la méditerranée ces 9 derniers mois quand, le nombre total dépassait à peine 280 000 sur les 12 mois de l'année 2014. Plus de 3000, au moins, ont péri en mer.

