Édition du vendredi 27 septembre 2019


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Les HLM, dont l'horizon s'éclaircit, maintiennent la pression sur le gouvernement

 

Le monde HLM, qui ouvrait mardi son congrès annuel, affiche sa vigilance face aux « nouvelles menaces » de la part du gouvernement, au moment même où ses perspectives économiques s’améliorent après des concessions de l’exécutif.
« Si je suis ici devant vous aujourd’hui, c’est pour vous alerter sur de nouvelles menaces qui planent », a déclaré Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui rassemble l’ensemble du secteur.
Cette année, le congrès du monde HLM – 80e du nom et premier à Paris depuis trente ans – se tient dans un contexte plus apaisé que les deux éditions précédentes, premières du quinquennat d’Emmanuel Macron et marquées par d’importantes économies budgétaires demandées au secteur.
Celles-ci, qui passaient d’abord par une réduction organisée des loyers, sont toujours au programme, mais ont été considérablement revues en baisse – plusieurs centaines de millions d’euros en moins par an – à l’issue de négociations en début d’année.
Mais « le combat ne s’arrête pas là », a insisté Jean-Louis Dumont, jugeant que ces économies budgétaires, qui seront reconduites dans le budget public attendu vendredi, avaient d’ores et déjà «abîmé la confiance» des bailleurs sociaux envers l’État.
Le président de l’USH a surtout mis l’accent sur les inquiétudes du secteur sur les conséquences de l’intégration annoncée des aides au logement (APL) au sein d’un unique « revenu social d’activité ».
Suscitant les applaudissements, il a accusé certains responsables gouvernementaux – ciblant, en une allusion transparente à Bercy, « l’autre côté de la Seine » – d’entretenir à cette occasion l’idée que les locataires de HLM bénéficient d’un « avantage » économique.
Pour autant, le ton était moins vindicatif que les années précédentes: si Jean-Louis Dumont a ciblé Bercy à de multiples reprises, il a rendu hommage au ministre du Logement, Julien Denormandie, présent dans la salle, pour avoir « évité le pire » au secteur.


Sujets symboliques
De son côté, Julien Denormandie, qui laisse cette année le discours de clôture au chef du gouvernement, Édouard Philippe, n’a pas fait d’annonces concrètes mais a multiplié les propos rassurants sur des sujets sensibles pour le secteur.
« Nous devons, nous pouvons, surtout, être fiers de ce modèle français dont vous êtes les artisans au jour le jour », a déclaré Julien Denormandie, promettant d’en être le « garant ».
Le ministre a assuré qu’il défendrait toujours la loi, datant de 2000, qui impose des quotas de HLM dans les principales communes de France, et promis que l’argent du logement social devait y « rester » au moment où le secteur s’inquiète de la volonté du gouvernement de l’ouvrir partiellement au privé.
Autre signe d’un contexte plus détendu pour le secteur, la Caisse des dépôts, l’organisme public auprès duquel les bailleurs HLM financent très majoritairement leurs opérations, a donné des prévisions nettement plus optimistes qu’un an plus tôt.
Selon la Caisse, qui s’apparente au bras financier de l’État et prête de l’argent aux bailleurs sociaux à partir de l’argent des livrets A, le monde HLM apparaît « globalement en mesure d’assurer à long terme une stabilisation de la production et de la rénovation de logements sociaux ».
La Caisse, qui voici un an, mettait en garde sur un « repli substantiel » de la construction de HLM, estime désormais que les bailleurs pourront maintenir un rythme de 110 000 nouveaux logements par an d’ici à la fin du quinquennat, puis une moyenne annuelle de 100 000 lors des décennies qui suivront.
Selon la Caisse, le secteur a gagné en un an de la « visibilité », non seulement grâce aux concessions de l’État mais aussi et surtout face à la perspective de taux d’intérêts partis pour rester très bas vu le discours toujours très accommodant de la Banque centrale européenne.
Mais, là encore, la politique du gouvernement – et de ses successeurs – constitue une inconnue de taille: la Caisse prévient que ses prévisions sont fragiles et ne seraient plus d’actualité en cas de gel de loyers ou « si les prélèvements sur le secteur augmentaient ». (Julien Dury, AFP)

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