Six « chantiers de la mobilisation nationale et territoriale », transcrits dans une circulaire publiée hier, ont été identifiés : « Être au rendez-vous de la forte demande d’apprentissage et de formation », « Résoudre le problème des offres d'emploi non pourvues faute de compétences disponibles correspondant », « Lever les freins à la reprise de emploi », « Mieux accompagner les territoires en transition », « Changer de dimension sur l’écologie au quotidien » et « Accompagner la rénovation thermique des logements ».
« Notre objectif, écrit Édouard Philippe pour planter le décor, est de remédier aux « angles morts » de nos politiques publiques, c'est-à-dire aux situations où celles-ci n'atteignent pas leurs objectifs faute de suivi politique ou de coordination au plus près des territoires ». Le calendrier est serré : des discussions, pilotées par les préfets de région et les présidents de conseils régionaux, vont s'engager sous dix jours. Elles doivent permettre « l’élaboration avant la fin du mois de juin d’un diagnostic territorial sur ces six ensembles de questions ». Un nouveau rendez-vous est prévu à Matignon « au début de l’été ».
Pour y voir plus clair, des fiches, à lire en annexes, font le point sur les dispositifs existants dans chaque chantier, exposent leurs limites et livrent, de façon très concrète, les pistes de travail qui pourraient être explorées. Dans l’une d’elles par exemple, les acteurs sont invités à se demander comment aider un demandeur d’emploi, qui élève seul ses enfants, à trouver et à financer la garde d’enfants lorsque celui-ci reprend une activité. Pour ce cas précis, l’une des pistes à creuser pourrait consister à « réserver des places de crèches pour les demandeurs d'emploi qui reprennent un emploi durable ».
« Mieux accompagner les territoires en transition »
Les collectivités seront particulièrement attentives à l’évolution du quatrième chantier « Mieux accompagner les territoires en transition ». S’agissant des transitions écologique ou industrielle, deux dispositifs que les associations d’élus ont la possibilité de faire évoluer dans le cadre de cette discussion, ont été créés sous cette mandature : les territoires d’industrie (lire Maire info du 6 mars) et les contrats de transition écologique (CTE).
Lancés début 2018, ces derniers « ont vocation à servir de contrats « chapeaux » entre l'État et les territoires sur l'ensemble du spectre de la transition écologique ». Ils prennent la forme « de 10 à 20 actions en faveur de la transition écologique territoriale en moyenne (…) qui font l’objet d’évaluations annuelles ». Au 5 mai 2019, 19 CTE ont été engagés dans le cadre de la phase expérimentale. « À l'issue d'un appel à candidatures en cours, 40 nouveaux CTE seront annoncés début juillet et débuteront un travail d'élaboration de leur projet ».
Pour conclure, signalons qu'un autre chantier qui concerne les collectivités se situe volontairement « hors du champ » de ces travaux. Le Premier ministre a fait savoir, en effet, que les discussions autour du « nouvel acte de décentralisation et de différenciation », - qui « pourra ouvrir de nouvelles perspectives en matière d'organisation de l'action publique territoriale et de rénovation des outils de contractualisation entre l’État et les collectivités » - débuteront avec les associations d’élus en juin.

