Mais c’est bien les scores du Front national qui ont marqué ce scrutin, entre le premier tour, lors duquel il est arrivé en tête dans six régions, et le second, à l’issue duquel il a réalisé le score en voix le plus important de son histoire. Depuis hier, les ténors des partis traditionnels cherchent donc la réponse à apporter à cette évolution politique, à un an et demi de l’élection présidentielle.
À gauche, la volonté a été exprimée hier de reprendre la main sur les dossiers sociaux. Manuel Valls, invité sur France 2 hier soir, a identifié le chômage comme première cause de mécontentement chez les électeurs des couches populaires, et dit la volonté forte de son gouvernement d’apporter des réponses nouvelles. « Je veux faire sortir mon pays de cette accoutumance pour le chômage. Je veux que la valeur travail soit partagée par tous », a déclaré le Premier ministre. Avec un constat : toutes les mesures engagées par le gouvernement depuis 2012 n’ont pas réussi à inverser la courbe du chômage – qui a même dernièrement atteint de nouveau son taux record de 1997.
Le Premier ministre a aussi annoncé sa volonté de réunir « régulièrement » les présidents de région dans le cadre d'une conférence, notamment pour améliorer les politiques de l'emploi. « Le gouvernement se doit de travailler avec tous les présidents de région sur l'emploi, la formation, la révolution numérique, l'apprentissage sans distinction » d'étiquette politique, a-t-il déclaré. Manuel Valls attend un changement de braquet en matière d’apprentissage, sujet sur lequel il dit attendre que « les nouveaux présidents de régions mettent le paquet », puisqu’il est de la compétence des régions.
À droite, l’accent a souvent été mis sur « une autre façon de faire de la politique » qui serait attendue par les Français. Bruno Lemaire, très présent sur les plateaux de télévision, a insisté sur l’idée qu’il fallait rapprocher le monde politique du « monde réel », en appelant notamment les élus à « démissionner de la haute fonction publique ». Il a rejeté en revanche la proposition de l’ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui suggère que le PS et la droite « travaillent ensemble » contre le Front national. Un tel rapprochement serait pourtant plébiscité par les Français, selon un sondage Odoxa publié ce matin par Le Parisien, selon lequel 68% des personnes interrogées estiment « qu’un rapprochement entre la gauche, la droite et le centre pour formuler les propositions communes » serait « une bonne chose pour le pays ».
Plusieurs nouveaux présidents de région de droite ont annoncé hier qu’ils allaient quitter leurs anciens mandats pour se consacrer pleinement au conseil régional : c’est le cas de Christian Estrosi, qui compte quitter la mairie de Nice, ou encore de Xavier Bertrand, qui a annoncé hier démissionner de ses mandats de député et de maire de Saint-Quentin, ainsi que son intention de renoncer à se présenter à la primaire des Républicains pour l’élection présidentielle.

