Édition du jeudi 14 novembre 2019


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Municipales 2020 : « plus combatifs », près de 49 % des maires souhaitent se représenter, selon le Cevipof

 

À quatre mois des élections municipales des 15 et 22 mars 2020, le Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Po, publie, ce 14 novembre, les résultats de la troisième enquête de l’Observatoire de la démocratie de proximité, réalisée en partenariat avec l’AMF. Principale conclusion : les maires affichent un état d’esprit « plus combatif » par rapport à la même période l’an passé - 60 % considèrent que la situation de leur commune s’est améliorée au cours des cinq dernières années. À tel point qu’en un an, leurs intentions pour le scrutin de 2020 ont considérablement évolué. Ils sont désormais 48,7 % à être certains de conduire une liste aux municipales 2020. En 2018, la même part (49 %) des maires affirmaient pourtant vouloir « abandonner tout mandat électif » (28,3 % des sortants ne souhaitent pas se représenter aujourd’hui).
Comment expliquer ce croisement des courbes ? Dans la note de synthèse qu’il a produite, le Cevipof note d’abord que cette évolution « tient à des raisons conjoncturelles liées à la proximité des élections ». En clair, plus l’échéance du scrutin se rapproche, plus la volonté de poursuivre augmente. L’amélioration du climat politique local et le réchauffement relatif des relations entre l’exécutif et les élus locaux peut aussi être un facteur d’explication. Marquée par le grand débat national - qui a donné lieu à six rencontres entre Emmanuel Macron et les maires (lire Maire info du 16 janvier) - et la mise sur le devant de la scène des préoccupations des élus avec, par exemple, le débat en cours sur le projet de loi Engagement et proximité, l’année 2019 se conclut par « une embellie sur le terrain de l’engagement républicain ». Si ces chiffres se vérifiaient, « le scrutin 2020 ressemblerait à celui de 2014 ». Il y a six ans, 27 % des maires sortants choisissaient de ne pas se représenter. 

Un effet « taille » des communes
Il est intéressant de constater que « le taux d’abandon varie presque du simple au double entre les communes de moins de 3 500 habitants et celles de plus de 30 000 habitants ». En effet, seuls 42,4 % des maires sortants de communes de moins de 500 habitants sont certains de se lancer de nouveau dans la bataille des municipales quand ce taux dépasse largement les 67 % pour les maires sortants de communes de 3 500 habitants et plus (75 % pour les maires sortants de communes de 30 000 à 100 000 habitants).
Le phénomène est le même lorsque l’âge du maire est observé comme indicateur : « les maires de 63 ans en exercice (âge moyen des personnes interrogées) dans une commune de moins de 500 habitants sont 20 % moins nombreux à vouloir se représenter que ceux des communes de 1 500 à 5 000 habitants et 35 % moins nombreux que ceux des communes de 5 000 à 10 000 habitants ».

Un « malaise persistant »
« Cette tendance ne doit pas masquer le malaise de milliers de maires », relativise toutefois Martial Foucault, directeur du Cevipof. Quelle que soit la taille de leur commune, les maires sortants sont nombreux à indiquer, en effet, que leur mandat a eu « un impact négatif » sur leur vie personnelle. Un taux qui atteint 55,2 % chez les maires des communes de 5 000 à 10 000 habitants et plus de 40 % chez les maires des communes de moins de 1 000 habitants. Des maires que l’enquête dépeint, par ailleurs, comme étant « proches du bénévolat ». « En moyenne, les 18 380 maires de communes de moins de 500 habitants sont rétribués financièrement à hauteur maximale de 7,4 euros brut de l’heure ».
La source du malaise ambiant est aussi à chercher dans la relation qui lie les maires à leur intercommunalité. « Les groupements de communes à fiscalité propre (1 263 en 2018) continuent de susciter une forme de malaise auprès d’un quart des maires (…) C’est avant tout la taille de l’intercommunalité qui fait office de juge de paix. Pour les structures de moins de 30 communes ou de plus de 45 communes, les maires expriment un même niveau d’insatisfaction moyen de 27 %. » À l’inverse, les regroupements de moins de 30 communes trouvent grâce aux yeux de 53 % des maires. Ce taux atteint seulement 46 % pour les regroupements dits « XXL » de plus de 60 communes.
« La loi Notre a laissé des traces dans l’esprit des maires », conclut encore cette enquête. À tel point que même si la carte intercommunale qu’elle a engendrée ne convainc globalement pas les maires, ils ne sont « pas disposés (54 %) à faire marche arrière et redessiner les frontières de structures plus petites ».

Ludovic Galtier

Accéder à l'enquête.

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