Jean-Louis Debré se pose en défenseur de la Ve République
« Heureusement que nous avons ces institutions ! Turbulences politiques, impuissance des politiques à résoudre la crise financière, économique et sociale, tyrannie de l'instantané qui fait que la moindre élection locale a des conséquences nationales, interrogations sur "qui décide", "qui a le pouvoir", tensions internationales... Et malgré tout cela, les institutions sont toujours debout », poursuit-il.
Jean-Louis Debré, dont le père, Michel, a rédigé la Constitution de la Ve République, juge que celle-ci a déjà « beaucoup trop changé » et que « progressivement, nous revenons à la IVe République ». « On ne parle plus aujourd’hui de majortié et d’opposition mais de minorités politiques. Ce sont elles qui imposent leurs règles », critique-t-il, estimant par ailleurs que « la technocratie administrative est livrée à elle-même parce que trop souvent, le politique démissionne ».
Jean-Louis Debré parle aussi du problème que pose à ses yeux des lois trop nombreuses et trop longues. « La loi sur le logement fait 148 pages, auxquelles il faut ajouter environ 200 mesures réglementaires d’application et encore plus d’arrêtés pour pouvoir l’appliquer. La loi d’avenir pour l’agriculture atteint 130 pages. Certains articles font plus de 10 pages !, dénonce-t-il. C’est un véritable problème. La loi est devenue un moyen de communication politique ».
Interrogé enfin sur le rôle du Conseil constitutionnel dans le paysage institutionnel actuel, son président estime « qu’avec la QPC », question prioritaire de constitutionnalité, il intervient « sur de nombreux secteurs de l’activité économique et de la vie sociale ». « Des appels sont formulés pour faire modifier la loi ou déclarer inconstitutionnelle une loi qui ne satisfait pas tel ou tel groupe d’intérêts, déclare-t-il. L’autre écueil serait que le mauvais fonctionnement des institutons aboutisse à faire du Conseil constitutionnel une troisième chambre du Parlement. Nous avons une gomme, pas de crayon. Nous ne sommes pas là pour écrire la loi à la place du législateur ».
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