Née en 2008 dans l’agglomération mulhousienne, à Berrwiller, cette journée rassemble aujourd’hui 200 communes et 45 départements. « A l’époque, nous avions constaté l’insuffisance des liens sociaux, une société repliée sur elle-même où il était difficile d’intégrer les nouveaux habitants », se souvient Fabian Jordan, maire de Berrwiller et initiateur de la Journée citoyenne, en partenariat avec l’Observatoire national de l’action sociale (Odas). Pour y remédier, il a décidé de rassembler les habitants qui le souhaitaient autour d’un projet « civique » afin qu’ils passent « du stade d’une population de consommateurs à une population active ».
« Cela permet de favoriser le renouvellement de l’action publique. Il y a un esprit de proximité et de lien social », a insisté François Baroin, président de l’AMF, qui a invité toutes les communes à mettre en place cette expérimentation. « Cet engagement citoyen nous a permis de réaliser des travaux qui n’étaient pas prévus et qui n’auraient jamais vu le jour. Comme un local intergénérationnel, par exemple, qui a été souhaité à la fois par les anciens et les plus jeunes », a expliqué le maire de Berrwiller.
En ces temps de vaches maigres et de restrictions budgétaires, ce genre d’opération a également l’avantage non négligeable de faire réaliser de « belles économies » aux communes. En partenariat avec les entreprises et les associations locales, « cela permet d’engager des travaux qui coûterait autrement cher », a reconnu Fabian Jordan. « Comme l’on fait des économies, cela engrange de l’autofinancement qui nous permet de déclencher des marchés publics. Depuis la mise en place de la Journée citoyenne, nous avons multiplié par trois le montant des investissements », a-t-il précisé.
Face au « ralentissement de l’économie » et à « l’effondrement de l’investissement » liés à la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités, François Baroin a rappelé que la « situation n’est pas tenable » et qu’il « remonter[ait] au créneau » rapidement auprès du gouvernement.

