En 2025, les dépenses locales ont été « quasi neutres » sur le déficit public
Par A.W.
Après les deux « années noires » qu’ont connues les finances publiques en 2023 et 2024, l’exercice 2025 devrait se traduire par « une réduction du déficit de 0,4 point ». Une évolution favorable sur laquelle les collectivités n’ont pas eu d’impact particulier puisque les dépenses locales, bien qu’« en net ralentissement », seraient « quasi neutres » sur le déficit. C’est ce que conclut le dernier rapport de la Cour des comptes, publié ce matin, dédié à la « situation des finances publiques début 2026 ».
Si ces résultats sont « encore provisoires », cette réduction de déficit serait d’ailleurs « exclusivement imputable à 23 milliards d’euros de hausses d’impôts » et non pas à des mesures d’économies, constatent les magistrats financiers.
Dépense locale « en net ralentissement »
« Contrairement aux deux années précédentes », la dépense locale serait « en net ralentissement » (+ 0,8 % en volume) avec une progression similaire au PIB. Elle ne contribuerait ainsi que « légèrement » à la réduction du déficit avec « un ralentissement des dépenses de fonctionnement et, davantage encore, d’investissement des collectivités, du fait notamment de contraintes financières croissantes des départements et des régions ».
En 2025, « la dynamique de la dépense des collectivités locales serait ainsi quasi neutre sur le déficit public », explique la Cour qui estime que « la mise à la charge des collectivités d’une contribution au redressement des finances publiques les a incitées à modérer l’évolution de leurs dépenses de fonctionnement ». Parmi les mesures portant cette contribution, on peut notamment citer la hausse du taux de cotisation des employeurs territoriaux à la CNRACL, le gel des recettes de TVA ou encore la mise en place du Dilico.
Le ralentissement des dépenses de fonctionnement (+ 2,3 % après + 3,5 % en 2024) « s’expliquerait en partie par le repli de l’inflation », tandis que celui des dépenses d’investissement (+ 1,9 % après + 7,6 % en 2024) masquerait « des disparités importantes entre les différents blocs de collectivités ». D’un côté des « baisses significatives » des dépenses des départements et des régions dues à « la dégradation de la situation financière de ces collectivités », et de l’autre des dépenses d’investissement des communes qui seraient « nettement plus dynamiques et en phase avec le cycle électoral ».
« Ces remontées comptables à fin décembre doivent être toutefois considérées encore avec précaution. En effet, les remontées relatives au second semestre 2025 vont progressivement s’affiner jusqu’au printemps 2026. En outre, celles-ci devront être comparées à une exécution 2024 qui avait déjà nettement ralenti au cours des ultimes semaines, alors que l’exécution 2024 avait été dynamique au cours des premiers trimestres », note la Cour.
Selon elle, le « profil atypique des dépenses des collectivités territoriales en 2025 » serait « davantage dû à des trésoreries en baisse après deux années de fort investissement qu’aux effets de la loi spéciale, bien que celle-ci ait pu entraîner le report de certaines dépenses non engagées ».
Une réduction du déficit « largement insuffisante »
En parallèle, la progression des dépenses de l’État et de ses opérateurs atteindrait 1 % en volume « tirée par les dépenses d’intérêts sur la dette, et ce malgré les mesures de gels de crédits et la rationalisation de certains dispositifs (MaPrimeRénov’, soutien à l’apprentissage) ». « Comme en 2024, ce sont les dépenses sociales qui enregistreraient la plus forte croissance, avec + 2,2 % en volume, sous l’effet de dépenses d’assurance-maladie en accélération et, plus largement, de prestations sociales encore dynamiques », explique la Cour.
Finalement, le déficit public devrait s’élever à 161 milliards d’euros en 2025, soit 5,4 points de PIB, « en amélioration de 0,4 point par rapport en 2024 ». « Contrairement aux deux années précédentes », les finances publiques n’ont donc « pas dérivé » l’an passé et « les objectifs des textes financiers adoptés en début d’année, aussi modestes étaient-ils, ont été atteints », assure la Cour, qui relativise immédiatement : « Il s’agit d’une toute première marche, qui ne permet pas de stabiliser la dette publique, laquelle atteint un nouveau sommet ».
Cette baisse du déficit est ainsi jugée « largement insuffisante pour enrayer la hausse du ratio de dette publique » puisque celui-ci progresserait« de 3,1 points de PIB pour atteindre 116,3 points (soit 3 465 milliards d’euros), un niveau supérieur au pic enregistré en 2020 ». « Le plus difficile reste à accomplir pour respecter nos engagements européens et assurer la soutenabilité de la dette publique », affirment les magistrats financiers.
Ces derniers rappellent ainsi que « les finances publiques françaises demeurent parmi les plus dégradées de la zone euro, avec, comme en 2024, le déficit public le plus élevé et le troisième rang des pays les plus endettés, derrière la Grèce et l’Italie » et que « cette détérioration se répercute sur les conditions de financement de la dette publique, les taux français sur les obligations d'État à 10 ans ayant dépassé depuis deux ans ceux de la plupart des autres pays les plus endettés de la zone euro ».
Pour 2026, l'objectif de réduction du déficit, qui a été « revu à la baisse » à 5% du PIB contre 4,7 % dans la copie initiale du budget, est « encore très incertain », estime la Cour, « tant en recettes qu'en dépenses, faute de réformes structurelles aux effets durables ». Pour elle, « le risque d'un non-respect de la cible de déficit pour 2026 doit impérativement être conjuré » car « il alimenterait la défiance des marchés vis-à-vis de notre dette publique ».
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