Comme ils s’y étaient engagés, des maires, accompagnés d’usagers et de militants associatifs, ont bloqué hier soir le train Paris-Clermont-Ferrand en gares de Nevers, Moulins et Vichy.
À l’occasion de la mise en place des horaires 2013, la SNCF a en effet annoncé la suppression d’un Intercités Paris-Clermont-Ferrand qui desservait ces trois villes, en fin de journée, pour le remplacer par un train direct. Un autre train omnibus a bien été créé, mais plus tôt dans la journée. Cette décision a été très mal ressentie par les élus des trois villes, qui parlent, à l’instar de Claude Malhuret (maire UMP de Vichy) de « provocation de trop ». L’indignation des élus dépasse tout clivage politique, puisque le maire PS de Nevers, Florent Saint-Fare-Garnot, et le président PCF du conseil général de l’Allier Jean-Paul Dufregne, dénoncent ensemble la décision de la SNCF, « prise sans aucune concertation ».
Outre ses retards fréquents et ses conditions de transport « dégradées », cette ligne a déjà fait l’objet de plusieurs modifications mal vécues par les élus et par les usagers, notamment son déroutage de la Gare de Lyon vers la gare de Paris-Bercy. Les élus locaux y voient « une forme de mépris pour les territoires ruraux ».
Hier, dans chacune des trois gares, les maires ont donc symboliquement bloqué le train – sans avoir à descendre sur les voies, la SNCF ayant accepté d’arrêter d’elle-même les trains en gares pour laisser le temps aux élus de s’exprimer. Entre 100 personnes (à Vichy) et 300 (à Nevers) se sont ainsi rassemblées sur les quais – élus, syndicalistes, représentants des chambres de commerce et d’industrie.
Les maires et présidents de conseils généraux concernés ont écrit une lettre à la SNCF et à RFF (Réseau ferré de France) pour exiger qu’ils reviennent sur leur décision. D’ici là, et tant que des négociations ne seront pas engagées, Florent Saint-Fare-Garnot a déclaré que « le mouvement continuera ».