Des dysfonctionnements dans l'organisation matérielle du scrutin
Ces formations ont dénoncé une « privatisation du processus électoral », puisque ce ne sont pas les services de l’État qui ont procédé au routage et à l’acheminement des circulaires, mais des entreprises privées choisies à l’issue d’un appel d’offres européen. Certaines d’entre elles, a reconnu le ministère de l’Intérieur, ont eu quelques difficultés à s’acquitter de leur tâche – rendue certes difficile par la pléthore de listes en présence. Mais « pourquoi les services de l’État n’assurent-ils plus eux-mêmes l’acheminement du matériel électoral ? », se demande, dans un communiqué, le Parti de Gauche. « Seraient-ils moins compétitifs ? Ils étaient en tout cas plus compétents ». Les formations de gauche ne sont pas les seules à s’inquiéter de cette évolution : Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, a également dénoncé « un amateurisme sans précédent qui nuit à notre démocratie », citant des exemples illustrant « cette pagaille liée à la sous-traitance par l’État de ses devoirs élémentaires ».
Lors du scrutin lui-même, de nombreux bureaux de vote n’ont pas reçu les bulletins de certaines formations – parfois parce qu’elles ne les avaient pas imprimés, parfois, ce qui est plus grave, parce que les préfectures n’avaient pu les faire acheminer à temps.
Le ministère de l'Intérieur n'a pas nié les dyfonctionnements, mais il a indiqué hier qu'après enquête, il estimait « qu'aucun des faits avancés n'est en mesure de porter atteinte à la sincérité du scrutin ».
Rappelons que ces incidents logistiques interviennent au moment où le gouvernement réfléchit à une dématérialisation totale des circulaires et bulletins de vote.
Autre élément original de ce scrutin : pour favoriser la participation, le ministère de l’Intérieur avait demandé aux préfets et aux maires de permettre, « dans toute la mesure du possible », une extension des horaires d’ouverture des bureaux de vote jusqu’à 19h ou 20h. 400 communes ont répondu à l’appel, selon le ministère, qui se félicite que « deux millions d’électeurs » aient pu en profiter.

