Maire-info

�dition du mercredi 30 septembre 2026

Sécurité civile
Une mission parlementaire formule des dizaines de propositions pour moderniser la sécurité civile
La mission parlementaire chargée par le Premier ministre de compléter le projet de loi sur la sécurité civile a rendu son rapport hier. Elle a rédigé une trentaine d'articles supplémentaires dont beaucoup concernent directement les communes et les intercommunalités. Tour d'horizon.

La démarche est originale : le texte législatif visant à la « modernisation de la sécurité civile » est bien un projet de loi, ce qui signifie qu’il émane du gouvernement ; mais la rédaction d’une partie de ce texte, spécifiquement consacrée aux feux de forêt, a été confiée à des parlementaires – en l’occurrence, une mission composée de quatre députés et trois sénateurs. Leur rapport, que se sont procurés nos confrères de Localtis, s’intitule Agir dès aujourd’hui pour anticiper, prévenir, préparer, lutter et se relever face aux feux de forêt, et il intègre une trentaine d’articles qui devraient constituer le titre IV de la future loi, ainsi qu’une quinzaine de propositions d’amendements aux textes budgétaires en préparation. 

Renforcer les OLD

Les propositions des rapporteurs englobent autant la prévention et « l’anticipation » que la lutte contre les incendies et la question de « l’après-incendies », ce qu’ils appellent le « relèvement ». 

D’abord, donc, la prévention : en la matière, sans surprise, ce sont les obligations légales de débroussaillement (OLD) qui occupent une bonne partie des dispositions proposées, la mission appelant « à une refonte d’ensemble » de ce dispositif. Il est notamment proposé que « pour les constructions situées à moins de 200 mètres d’une zone boisée, le propriétaire du bâti assure le débroussaillement de sa parcelle jusqu’à la clôture ou à la limite de propriété et que, au-delà, le propriétaire du fonds non bâti concerné réalise l’entretien préventif sur une profondeur de 50 mètres », en laissant au maire la possibilité d’étendre ce périmètre. Il est également proposé que les communes et intercommunalités puissent avoir la main – si elles le souhaitent – sur l’organisation des OLD en en récupérant la maîtrise d’ouvrage. 

Plusieurs articles concernent le contrôle des OLD, en autorisant l’usage de drones par exemple, et en autorisant les agents assermentés des communes « à accéder aux propriétés privées pour constater les infractions forestières ». Il deviendrait également obligatoire pour les propriétaires de transmettre chaque année au maire une justificatif (attestation ou facture) attestant de la réalisation des OLD. 

Pour financer ces mesures, coûteuses pour les propriétaires, la mission fait plusieurs propositions : création d’un crédit d’impôt pour les propriétaires ; permettre aux communes et EPCI de prendre en charge les frais en s’appuyant sur des aides de l’État et/ou européennes ; ou encore – et c’est une des propositions les plus intéressantes du rapport –, créer un dispositif similaire à la Gemapi : les communes et intercommunalités pourraient « instituer une taxe foncière additionnelle affectée aux opérations collectives de débroussaillement ». 

La notion de « défendabilité »

La prévention passe aussi par l’urbanisme, soulignent les rapporteurs, qui souhaitent faire de la « défendabilité » un « principe directeur » : autrement dit, il s’agirait de ne plus estimer que caractère constructible ou non d’une parcelle au seul regard de son exposition au risque de feu, mais également à sa « défendabilité » en cas d’incendie : accès adapté aux engins de secours, ressource en eau disponible, etc. Les parlementaires proposent donc d’intégrer cette notion aux PLU, en rendant inconstructibles les zones qui sont trop difficilement défendables en cas d’incendie.

Culture du risque et inventaire

Une large partie des mesures proposées concernent la « culture du risque » et la sensibilisation des populations : organisation de campagnes nationales d’informations, multiplication des exercices dans les zones à risque, enseignement de « l’autoprotection ».

Sur les plans communaux de sauvegarde (PCS), que le gouvernement souhaite généraliser, la mission propose de « les élargir aux évacuations de masse, aux personnes vulnérables, aux capacités d’accueil, aux itinéraires de repli, aux réseaux critiques, aux communications dégradées et aux concours locaux mobilisables ». 

En matière de « préparation opérationnelle », la mission met l’accent sur la nécessité de lancer un vaste chantier permettant d’améliorer la connaissance du terrain, « en croisant les données cadastrales, l’inventaire forestier et l’occupation réelle des sols ». Dans les zones les plus exposées, il est proposé que « les seuils de surface limitant le droit de préemption communal puissent être abaissés, voire supprimés ». Les communes pourraient créer des « ceintures de protection collective », finançables grâce au Fonds vert. 

Les moyens de la Sécurité civile

La mission demande le lancement d’un nouveau pacte capacitaire pluriannuel permettant le renouvellement, notamment, des engins de secours et des équipements de protection des sapeurs-pompiers. « La sécurité civile doit être reconnue comme un secteur stratégique pour la protection des populations, la souveraineté capacitaire et la continuité des approvisionnements », plaident les rapporteurs. La question des moyens aériens, très débattue l’été dernier, n’est pas oubliée : la mission demande une programmation pluriannuelle couvrant le renouvellement des flottes, la disponibilité technique des appareils et celle des personnels, la gestion des pièces de rechange et de la maintenance, etc. 

Pour ne plus dépendre, comme c’est le cas aujourd’hui, des entreprises américaines ou canadiennes, les parlementaires souhaitent un soutien massif à des filières industrielles françaises ou européennes pour le renouvellement de la flotte de moyens aériens. 

Des mesures pour les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires

Plusieurs propositions de la mission reprennent des revendications des fédérations de sapeurs-pompiers et visent à faciliter le recrutement et « fidéliser » les personnels : neutralisation de la hausse des cotisations CNRACL pour les Sdis, garantie de 6 trimestres supplémentaires de retraite pour 25 années de volontariat, fin du plafond annuel de 600 heures pour les sapeurs-pompiers volontaires… 

Tenant compte des travaux en cours, la mission demande à l’État de saisir l’Anses afin qu’elle évalue les risques sanitaires liés à l’exposition des personnels aux fumées, particules et contaminants produits par les feux de forêt, et qu’elle formule des recommandations sur le suivi médical, les équipements de protection, les procédures de décontamination et les mesures de prévention adaptées

Augmentation de la TSCA

La modernisation des Sdis et l’ensemble des mesures préconisées dans ce rapport « ne peuvent être conduites à moyens constants », martèlent les parlementaires, qui demandent « la mobilisation de ressources nouvelles, pérennes et prévisibles », », tout en préservant « le plafonnement sans pour autant augmenter des contributions communales, afin qu’aucune charge supplémentaire ne soit transférée aux communes sans concertation préalable approfondie avec leurs représentants » . Le mode de financement proposé est un accroissement de la TSCA (taxe spéciale sur les conventions d’assurance) – il reposerait donc sur les assurés. « Son taux, son périmètre et son assiette devraient être réexaminés, notamment par une revue des exonérations existantes. Sa répartition ne serait plus principalement déterminée par la population, mais prioritairement par les zonages de risque et le degré d’exposition des territoires », précisent les rapporteurs.

« Pilotage national unique »

Enfin, la dernière partie du rapport est consacrée au « relèvement », c’est-à-dire à l’après-incendie, avec un principe directeur : « Le relèvement doit réduire les vulnérabilités plutôt que de reconstruire à l’identique. » Il doit être préparé en amont, avant les incendies, et « une doctrine nationale doit préciser les responsabilités de l’État, des collectivités, des assureurs, des opérateurs de réseaux ». 

La question du financement du « relèvement » est essentielle. La mission propose « un protocole national d’indemnisation accélérée des dommages liés aux feux de forêt, associant l’État, les assureurs, les collectivités et les associations d’élus », qui permettrait de couvrir les dommages, les pertes d’exploitation et les frais supportés par les différents acteurs. 

En conclusion, les rapporteurs appellent à une évolution de la gouvernance du risque feux de forêt. « Sans remettre en cause les compétences des maires, des préfets et des Sdis », ils proposent de s’orienter vers « un pilotage national unique et intégré du risque, de la prévention et de la sécurité civile ». C’est à leurs yeux le seul moyen permettant de « dépasser les cloisonnements administratifs, de garantir la continuité entre l’amont et la crise et de donner à chaque territoire un cadre stable, lisible et opérationnel pour prévenir, anticiper, lutter et se relever ». 

Le projet de loi, augmenté des ces propositions de la mission, sera « déposé au Parlement cet automne », a promis le Premier ministre. Reste à savoir s’il aura le temps d’être examiné avant la fin de la session parlementaire, fin février. 



Élections
Les élections municipales en passe d'être annulées dans plusieurs grandes communes
En quelques jours, on a appris que les tribunaux administratifs ont annulé – ou s'apprêtent à le faire – les élections municipales dans des communes de taille importante. Dans bon nombre de cas, la faute en incombe non aux candidats élus mais aux services des préfectures. Explications. 

Dans le Rhône, à Vénissieux et à Vaulx-en-Velin, la décision est tombée : les élections municipales sont annulées. Non loin, à Saint-Fons, la même décision pourrait être prise incessamment, comme l’a demandé hier la rapporteure publique. En région parisienne, une décision sera rendue aujourd’hui par le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) sur l’annulation partielle de l’élection municipale de Villetaneuse et l’annulation complète de celle de Noisy-le-Sec. En Essonne, le tribunal administratif a annulé il y a deux jours les élections municipales d’Étampes. Toujours en région parisienne, dans les Yvelines, le rapporteur public du tribunal administratif de Versailles a demandé l’annulation des élections municipales de Poissy. Citons également le cas de Montargis, dans le Loiret, où le scrutin a été annulé la semaine dernière par le tribunal administratif d’Orléans.

Des annulations de scrutin n’ont rien d’inhabituel dans les six mois suivant une élection municipale, mais il est plus rare de voir autant de scrutins annulés dans des communes de taille aussi importante – il s’agit, dans les cas que nous avons cités, de villes de plusieurs dizaines de milliers d’habitants. 

Des causes variées

Les raisons ayant conduit les tribunaux à prendre ces décisions sont variables, mais dans plusieurs cas, il s’agit du constat d’irrégularités dans les dossiers de candidature fournis par les candidats de listes concurrentes à celles qui ont été élues – et donc particulièrement douloureuses pour celles-ci qui, elles, ont respecté les règles.

Précisons-le : ce n’est pas le cas partout. À Montargis par exemple, c’est la liste élue qui est mise en cause, puisque le tribunal reproche au candidat vainqueur (RN) d’avoir diffusé « une vidéo à caractère diffamatoire » entre les deux tours. À Étampes, c’est le déroulement des opérations électorales qui a été mis en cause, avec le constat de nombreuses signatures différentes pour les mêmes électeurs sur les listes d’émargement du premier et du second tour. 

Mais dans d’autres cas, les élections vont ou risquent d’être annulées pour des raisons totalement tenant à des manquements aux règles du Code électoral chez les candidats battus. C’est le cas à Noisy-le-Sec, par exemple : cinq déclarations de candidature de la liste arrivée deuxième ne comportaient pas la mention manuscrite obligatoire marquant le consentement du candidat à sa candidature. Cette irrégularité « a porté atteinte à la sincérité du scrutin dans son ensemble », a tranché le rapporteur public, qui a demandé l’annulation du scrutin.

À Vénissieux, dans le Rhône, l’annulation a été prononcée pour une raison simple : la liste du RN – liste arrivée quatrième au second tour – avait pour tête de liste une personne déclarée inéligible pour 24 mois et certains colistiers avaient fait de fausses déclarations de domiciliation. Résultat : l’élection du maire LFI, obtenue avec 25 voix d’avance seulement, est annulée. À Vaulx-en-Velin, toujours dans la banlieue de Lyon, c’est également un maire LFI qui fait les frais d’une annulation, du fait que la candidate d’une liste divers centre avait omis de mentionner la nationalité néerlandaise d’une colistière – une telle mention étant en effet obligatoire. Résultat : les presque 700 voix recueillies par cette liste ont été annulées, ce qui conduit à l’annulation du scrutin dans son ensemble.

C’est également le même problème (omission de la nationalité d’un candidat non Français sur une liste concurrente) qui a conduit hier le rapporteur public à demander l’annulation de l’élection du maire LFI de Saint-Fons. 

Il n’est pas dit que dans tous les cas évoqués ici, les élections seront à rejouer : dans les trois communes du Rhône notamment, les maires ont annoncé leur intention de contester cette annulation devant le Conseil d’État, et la procédure devrait encore durer des mois. 

Contrôle en amont

Mais ces faits posent des questions sur le contrôle en amont des dossiers par les services des préfectures. Il revient en effet à ceux-ci de contrôler très soigneusement, au moment du dépôt des listes, les dossiers de chaque candidat et de vérifier que les prescriptions du Code électoral sont respectées ; puis, dans les commissions de contrôle, de vérifier la validité du matériel électoral présenté par les différentes listes. Dans plusieurs cas que nous avons cités, c’est bien à cette étape que des problèmes n’ont pas été repérés, ce qui conduit, au terme du processus, à l’annulation de l’élection d’une équipe qui, elle, a respecté les règles. 

On sait que depuis des années, la diminution des effectifs des agents en préfecture pose d’innombrables problèmes – parmi lesquels, comme l’a relevé la Cour des comptes elle-même, l’impossibilité de mener à bien le contrôle de légalité des actes des communes. Ces multiples annulations d’élections dans des villes grandes ou moyennes ne sont-ils pas un autre symptôme d’un manque de moyens humains problématique dans les préfectures ?

Quoi qu’il en soit, l’annulation d’un scrutin municipal n’a rien d’anodin : il n’est pas simple, pour une équipe municipale, de poursuivre son action lorsque son avenir est suspendu à un recours incertain devant le Conseil d’État… sans compter les conséquences financières de l’éventuelle organisation d’un nouveau scrutin, qui devra, pour la plupart de ces communes, avoir lieu dans la période où se prépareront les élections présidentielle et législatives de 2027. 



Commerce
« Action Coeur de Ville » : pour les communes moyennes, « le commerce de centre-ville reste l'axe le plus fragile du programme »
L'association Villes de France réclame « des mesures fiscales et réglementaires conséquentes » pour la prochaine phase du programme « Action Cœur de Ville ». Pour faire face au déclin du commerce de proximité, elle demande notamment la « régulation du développement commercial en périphérie », « l'usage du droit de préemption » ou encore des mesures sur « la fiscalité des locaux vacants ».

Alors que le programme de revitalisation des centres-villes « Action Cœur de Ville » s’apprête à entrer dans sa troisième phase, le gouvernement a organisé, hier, un comité de pilotage (ou Copil) interministériel pour présenter les « modalités opérationnelles » de cette prochaine étape qui débutera en 2027 et un bilan de la deuxième phase du dispositif (2023-2026).

L’occasion pour Villes de France de présenter ses « attentes », à quelques semaines des Rencontres annuelles dédiées à ce dispositif – qui se dérouleront à Laval les 5 et 6 novembre prochains – et durant lesquelles l’exécutif devrait dévoiler les contours de la nouvelle phase de ce programme lancé en 2018. 

Moyens financiers et simplification

Un programme qui a montré son « efficacité », se félicite l’association qui rassemble les villes moyennes (de 10 000 à 100 000 habitants) dans un communiqué publié hier. Au total, ce sont 244 communes, dont une dizaine en outre-mer, qui ont été accompagnées dans le cadre de la deuxième phase, avec « plus de 329 000 logements » rénovés avec l'Anah et « près de 32 000 logements » réhabilités avec Action Logement. En tout, ce sont « plus de 13 000 actions référencées, dont 73 % sont livrées ou en cours, et 15 milliards d’euros engagés fin 2025 », détaille Villes de France qui assure que « 96 % des maires se déclarent satisfaits du programme et 98 % souhaitent sa reconduction ».

Début juillet, à l'occasion du congrès national de l’association, la ministre de l’Aménagement du territoire, Françoise Gatel, avait confirmé la reconduction du dispositif et celle du programme Petites villes de demain, à partir de 2027. Une prolongation qui se ferait « sur la durée du mandat municipal afin que les élus aient de la visibilité et le temps nécessaire pour réaliser leurs projets », expliquait-elle.

De quoi satisfaire les maires des villes moyennes, qui se réjouissent de l’inscription d’une « clause de revoyure à mi-parcours », de « la différenciation entre villes qui poursuivent leur trajectoire » ainsi que l’accompagnement « en priorité » des « communes fragiles ».

Si la troisième génération du programme devrait comporter trois axes sur « la mobilité, le logement et les commerces », Villes de France dit conserver de « fortes attentes » concernant « les moyens financiers et d'ingénierie » et souligne que « les maires ont besoin de connaître les montants engagés, leur calendrier et la durée exacte du programme ». Réclamant des « procédures allégées », l’association souhaite également que la place des intercommunalités soit « clarifiée » et qu’un « travail approfondi » soit réalisé pour « garantir la sécurité sur l’espace public de nos centres-villes et réfléchir aux moyens alloués ». 

Déclin du commerce de proximité

Elle estime cependant que « le commerce de centre-ville reste l'axe le plus fragile du programme », bien qu’elle reconnaisse que « les observatoires des loyers, les foncières de redynamisation et la prise en compte du commerce dans les documents d'urbanisme sont des outils qui vont dans le bon sens ».

Il est, pour l’heure, prévu que le dispositif reste « centré sur le développement des commerces en centre-ville », comme le précisait la ministre en juillet, répondant là aussi au souhait des élus de ne pas le voir s’appliquer à leur périphérie afin de préserver l’activité dans le cœur des villes.

Ces derniers mois, les élus s'inquiètent, en effet, particulièrement du déclin du commerce de proximité en France sous l’effet du développement continu du e-commerce et de la concurrence étrangère notamment. Il y a, en effet, urgence puisque le taux de vacance commerciale en France a atteint, en centre-ville, des niveaux record de « 14,5 % en 2025, contre 11,5 % au niveau national ».  

À l'automne, un rapport visant à lutter contre la désertification commerciale mené notamment par la maire de Saint-Quentin (Aisne), Frédérique Macarez (également vice-présidente de Villes de France), préconisait d'élargir les pouvoirs des maires en instaurant un avis obligatoire de ces derniers sur les demandes d'implantations et de cessions de commerces dans les territoires prioritaires. Les auteurs du rapport y défendaient aussi le plafonnement de certains loyers ainsi que l'alourdissement de la fiscalité sur les locaux vacants.

Villes de France demande donc que les propositions qui sont issues de ce travail soient « mieux prises en compte » et rappelle que « les maires attendent des mesures fiscales et réglementaires conséquentes », telles que la « régulation du développement commercial en périphérie, l’usage du droit de préemption, la fiscalité des locaux vacants, la compensation par l'État des ZRCV [Zones de revitalisation des centres-villes]... ».

L’encadrement des loyers rejeté par le Sénat

Pour l’heure, les élus des villes moyennes n’ont pas obtenu gain de cause auprès des parlementaires, malgré la succession de textes et de rapports sur la question ces derniers temps. 

En début d’année, le Sénat a par exemple rejeté, à la surprise générale, une proposition de loi visant à encadrer les loyers de certains commerces de proximité, même à titre expérimental. Le gouvernement s’était également opposé à un tel dispositif qui risquerait de conduire, selon lui, à « une diminution de l'offre des locaux commerciaux disponibles » et « une hausse des loyers ».

Pour enrayer le déclin des centres-villes, les députés ont, pour leur part, voté, en début d’année, un autre texte autorisant les maires à préempter les parts des sociétés afin d'empêcher certains commerçants de contourner leur action via des montages juridiques. Mais son examen au Sénat n’est toujours pas à l’ordre du jour. 

En parallèle, une mission d’information à l’Assemblée a rendu un rapport durant l’été qui propose la création de « zones prioritaires de commerce » tandis que les sénateurs ont également dévoilé une série de pistes. 



Catastrophes
Risque majeur de crues dans les Cévennes : les outils de prévision dont disposent les élus
Les départements du Gard et de l'Hérault sont passés ce matin en vigilance rouge pour pluie-inondations, a annoncé Météo-France, qui prévoit un épisode méditerranéen « exceptionnel » dans ces deux départements. Les maires peuvent accéder à plusieurs outils prévisionnels indispensables. 

Les établissements scolaires ont été fermés dans le Gard, où de fortes pluies s'abattent en milieu de matinée sur le nord du département, notamment Alès. De son côté, la préfecture de l'Hérault a demandé aux parents de garder leurs enfants à la maison. Les deux départements ont d'ailleurs annulé tous les transports scolaires. La Lozère et l'Ardèche restent pour leur part placées en vigilance orange par Météo-France, qui ajoute que les Bouches-du-Rhône seront classées au même niveau à partir de 12 h.

Le prévisionniste anticipe des « orages et forts cumuls de pluie d'abord sur les Cévennes puis s'étendant aux plaines, permettant de parler d'épisode méditerranéen remarquable, voire exceptionnel sur Gard et Hérault ». 

« J'appelle chacun à la plus grande vigilance : limitez vos déplacements et suivez les consignes des autorités », a écrit sur le réseau X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, soulignant que « les services de l’État et de secours sont pleinement mobilisés ».

Cet épisode météorologique impose « une interruption totale » du trafic ferroviaire mercredi « sur l'axe Nîmes Clermont-Ferrand », a annoncé dans la nuit la SNCF sur son site internet, ajoutant que des autocars de substitution seront mis en place. Les transports en commun départementaux ont également été suspendus dans le Gard, placé aussi en vigilance orange aux orages et crues et qui cite quatre cours d'eau potentiellement problématiques.

Sur le massif cévenol, les cumuls de pluie pourraient mercredi atteindre les 200/250 mm voire localement les 300 mm dans la journée.

La préfecture de l'Hérault, qui précise que c'est uniquement l'est du département qui a été placé en vigilance rouge pour pluie-inondation, met en garde contre « un épisode méditerranéen très pluvieux ». Elle rappelle les consignes à la population : reporter ses déplacements, ne pas descendre dans les sous-sols, s'éloigner des cours d'eau et ne pas s'engager, à pied ou en voiture, sur une voie immergée.

Systèmes d’alertes pour les élus

En Lozère, en Ardèche, dans l'Aveyron, mais aussi dans le Gard et l'Hérault, « il faut s'attendre à ce que l'ensemble des cours d'eau, même les plus petits de ces départements, réagissent fortement et rapidement et en complément des inondations par ruissellement, notamment en milieu urbanisé ».

C’est l’occasion de rappeler que les élus disposent depuis l’an dernier de moyens accrus pour être avertis, en temps réel, des risques de crues sur leur commune. Comme le détaillait Maire info du 22 octobre dernier, les élus ont déjà, depuis 2021, la possibilité de s’abonner au service Apic de Météo-France, qui permet d’avertir les maires de la survenue d’épisodes de pluie d’une intensité anormale. Par ailleurs, une carte interactive, mise à jour toutes les 15 minutes et accessible à tous, permet désormais de visualiser en temps réel les communes soumises à des pluies exceptionnelles (intenses ou très intenses). À l’heure où nous écrivons, par exemple, 22 communes des Cévennes sont signalées en « précipitations très intenses » et 35 en « intenses ».

Mais le service Apic, jusqu’à l’an dernier, ne donnait que des informations en temps réel et non prévisionnelles. Depuis le mois d’octobre dernier, les élus bénéficient d’une mise à jour majeure, avec la possibilité d’avoir des prévisions à trois heures et recevoir, si nécessaire, des alertes. Cela suppose, néanmoins, la création d’une compte, ce qui peut prendre un certain temps puisque la demande doit être validée en préfecture. Une fois que le compte est créé, la mairie peut demander de disposer d’alerte non seulement pour sa propre commune mais également pour les communes voisines – car des inondations peuvent survenir, par ruissellement, dans des communes qui n’ont pas elles-mêmes été touchées par des pluies exceptionnelles. 

Toutes les informations sur ce service et les modalités d’inscription sont disponibles à cette adresse.

Rappelons également que le site vigicrues.gouv.fr permet de visualiser les risques de débordement et de crue en temps réel, par bassin. Les cours d’eau y sont identifiés en vert, jaune, orange et rouge selon le risque de crue. 



Tourisme
Entre records de fréquentation et conséquences du réchauffement climatique : quel est le bilan du tourisme en France en 2026 ?
L'Insee a publié hier son traditionnel bilan touristique de l'été. Avec 260,5 millions de nuitées dans les hébergements collectifs de tourisme, l'été 2026 atteint son plus haut niveau depuis quinze ans malgré une saison marquée par une canicule historique et des incendies ravageurs.

Les voyants sont au vert côté tourisme pour cet été 2026. Dans une nouvelle étude publiée hier, l'Insee constate une « nouvelle hausse de la fréquentation des hébergements collectifs de tourisme » et ce « malgré une baisse sur la façade Sud Atlantique ». Explications. 

Hausse de la fréquentation portée par les résidents et les campings 

L’été 2025 affichait déjà de bons scores en ce qui concerne la fréquentation des hébergements collectifs de tourisme français avec 257,8 millions de nuitées. En 2026, ce sont 260,5 millions de nuitées qui ont été enregistrées soit de 2,8 millions de plus que l’année dernière. 

Les niveaux historiques de la saison estivale 2023 (249,8 millions de nuitées) ont ainsi été dépassés. L’Insee précise que cette fréquentation a ainsi atteint « son plus haut niveau depuis 15 ans, ce malgré la concurrence accrue des réservations entre particuliers ».

« Les campings sont le mode d’hébergement le plus prisé pendant la saison estivale. Avec 126,5 millions de nuitées en 2026 », est-il indiqué dans l’étude.

La fréquentation des hôtels semble retrouver de sa superbe après une année 2024 relativement décevante. L’Insee compte pour les hôtels 92 millions de nuitées cet été, soit 1,6 million de nuitées supplémentaires par rapport à la saison 2025.

Les statisticiens observent surtout une tendance importante : « La clientèle résidente confirme sa présence nombreuse dans les hébergements collectifs touristiques français en 2026 et explique la totalité des 2,8 millions de nuitées supplémentaires, la fréquentation résidente augmente de 1,6 % par rapport à la saison 2025. » Ces personnes, qui ont leur domicile principal en France, représentent « plus de deux nuitées estivales sur trois dans les hébergements collectifs de tourisme en 2026 ».  Ainsi, le secteur du tourisme repose de plus en plus sur la demande intérieure.

De l’autre côté, « la clientèle non résidente ne contribue globalement pas à la hausse de la fréquentation touristique estivale en 2026, mais elle en reste une composante essentielle depuis 3 ans, particulièrement dans les hôtels où elle représente 40 % des nuitées sur la saison 2026 ». 

Incendies, succès du rural et du littoral Nord : un été marqué par la canicule 

Il ne fait pas de doute que le climat est un facteur déterminant dans les évolutions des habitudes touristiques. L'été 2026 est l’été le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900, selon le bilan climatique de Météo-France. Les statistiques présentées par l’Insee reflètent cette évolution.

D’abord, il est certain qu’avec « 106,3 millions de nuitées en 2026, les hébergements collectifs du littoral français sont un moteur de la fréquentation touristique estivale ». Si la fréquentation est en hausse cette année c’est notamment grâce à la hausse de fréquentation « des façades Manche Est - Mer du Nord (+ 5,6 %) et Nord Atlantique - Manche Ouest (+ 5 %) qui gagnent 1,8 million de nuitées, plus de la moitié de la hausse totale de la fréquentation de la saison ».  

Aussi, même si les données restent encore « provisoires », on constate que le littoral Sud Atlantique enregistre une fréquentation touristique en repli de 2,3 % par rapport à 2025, « pénalisée par les nombreux incendies de juillet ». En Gironde, où environ 42 000 hectares ont brûlé, la fréquentation recule nettement, ce qui a pu « peser sur l’activité touristique » même si cela n’explique « qu’une partie du recul ».

Enfin, une autre destination a été « probablement pénalisée par les différents épisodes caniculaires » : les communes urbaines. La fréquentation « des zones urbaines denses est en net repli (- 3,9 %, soit une perte de 2,5 millions de nuitées) ». Dans les grandes villes, la fréquentation de la clientèle résidente recule légèrement (- 0,7 %) tandis qu’elle recule plus franchement du côté de la clientèle non résidente (- 7,7 %). 

Le milieu rural en ressort gagnant avec une fréquentation estivale en forte hausse : + 3,2 % de nuitées par rapport à 2025 soit 3,7 millions de nuitées de plus. Ce succès est porté « par l’augmentation de la fréquentation des campings qui y représentent plus de deux nuitées sur trois ». « Les massifs de montagne profitent eux aussi du dynamisme estival de 2026 : la fréquentation y augmente de 1,3 % et représente 45 millions de nuitées en 2026 », peut-on lire dans ce bilan. 

L'été le plus chaud jamais mesuré en France n’a pas complètement redessiné la carte des destinations mais certaines nouvelles tendances émergent, montrant ainsi que le secteur du tourisme Français devra s’adapter à l’avenir au réchauffement climatique. Un défi qui concerne aussi les communes qui sont appelées à repenser leurs offres, leurs aménagements et leurs stratégies d'attractivité pour faire face à ces nouveaux enjeux.





Journal Officiel du mercredi 30 septembre 2026

Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
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