| Édition du jeudi 23 juillet 2026 |
Canicule
La canicule de fin juin a fait plus de 5 700 morts, selon un bilan encore provisoire
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Santé publique France a publié hier de premières données sur l'excès de mortalité pendant la période de canicule de fin juin-début juillet. Comme on pouvait le craindre, il s'agit des pires chiffres depuis la canicule de 2003, et les générations les plus jeunes n'ont pas été épargnées.
Du 17 juin au 2 juillet, la France a été touchée par une canicule – la deuxième de l’année après celle de fin mai – qui a frappé 92 départements, soit 98,5 % de la population hexagonale. L’intensité de cet épisode a été plus élevée qu’en 2003, selon Météo-France : les 24 et 25 juin, la température moyenne sur 24 heures a dépassé les 30 °C pour la première fois depuis que les mesures nationales existent. Dans d’innombrables communes, les records historiques de chaleur ont été battus, avec par exemple 42,5 °C à Bordeaux, 40,1 °C à Paris, 42,7 °C à Niort, 43 °C à Brive, 43,8 °C à Saintes.
Mortalité « toutes causes »
Il ne faisait hélas aucun doute que cette canicule exceptionnelle par son intensité comme par sa durée allait faire de nombreuses victimes. Santé publique France (SpF) en a dressé, hier, un premier bilan. Si les chiffres sont heureusement moindres qu’en 2003 (où il y avait eu au minimum 15 000 morts), il apparaît que cette deuxième canicule de l’année 2026 a été la plus mortelle depuis 2003.
L’agence s’appuie sur une méthodologie éprouvée : elle dispose – grâce à un modèle statistique aujourd’hui adopté par l’ensemble des pays de l’Union européenne – d’un nombre « attendu » de décès jour par jour et département par département, établi à partir de la moyenne du nombre de décès sur les six dernières années. Il suffit donc de comparer le nombre réel de décès survenus, obtenu à partir de la remontée des services d’état civil des communes vers l’Insee, au nombre de décès attendus à la même date, pour faire apparaître une éventuelle surmortalité.
Les chiffres diffusés hier par SpF sont provisoires, dans la mesure où toutes les données de décès ne sont pas forcément encore remontées à l’Insee. L’agence publiera à la fin de l’été des données consolidées. Autre point à noter : les causes de décès ne sont pas prises en compte : on parle ici de « mortalité toutes causes ». Les seules données dont dispose l’agence sont l’âge de la victime et le lieu du décès (domicile, hôpital, ehpad, etc.). Autrement dit, on ne sait pas de quoi sont mortes les personnes mais on se contente de mesurer un excès de mortalité sur une période donnée. Lorsque cette période coïncide très exactement avec un pic de canicule, il ne fait guère de doute que c’est bien celle-ci qui est en cause dans la majorité des cas.
Surmortalité de 36,2 %
Le 20 juillet, il a été établi que pendant la période allant du 17 juin au 2 juillet, 5 764 décès en plus ont été constatés par rapport aux décès « attendus » : en s’appuyant sur la moyenne des six dernières années, il aurait dû y avoir 15 910 décès pendant cette période ; il y en a eu 21 674, ce qui représente une surmortalité de 36,2 %.
Fait notable : toutes les classes d’âge, à l’exception des 0-14 ans, sont concernées par cette surmortalité. Chez les 15-44 ans, il y a eu 118 décès de plus (soit une variation à la hausse de presque 30 %). La variation la plus forte, par rapport à la moyenne des dernières années, concerne la tranche d’âge 45-64 ans : + 55,4 % de mortalité, avec 979 décès supplémentaires.
Mais sans surprise, ce sont les personnes âgées qui ont payé le plus lourd tribut à la canicule : il y a eu 3 719 décès de plus dans la seule catégorie des 75 ans et plus.
Du point de vue géographique, les chiffres de la surmortalité se superposent très exactement avec la carte des régions les plus touchées par la canicule : les régions les plus touchées par celle-ci sont celles où la surmortalité a été la plus forte, tandis qu’en Corse, Occitanie ou dans l’arc méditerranéen, aucune surmortalité n’a été constatée.
En revanche, en région parisienne, Centre-Val-de-Loire et Pays-de-la-Loire, la surmortalité dépasse les 50 %. C’est la région parisienne – en particulier du fait de la concentration de la population – qui a été la plus durement touchée, avec une surmortalité de 81,2 % et 1 999 décès en excès. Suivent le Centre-Val-de-Loire (62,6 % de surmortalité et 511 décès en excès) et les Pays-de-la-Loire (55,2 %, 553).
Le pic de mortalité, dans toutes les régions, a été atteint le 26 juin, soit le lendemain des deux jours les plus chauds que la France ait jamais connus.
Explosion des décès à domicile
Autre enseignement important de cette étude : contrairement à 2003, ce n’est pas en ehpad que le nombre de décès a été le plus important : seulement 16 % des décès se sont produits en ehpad (ou maison de retraite), contre 34 % à domicile et 46 % à l’hôpital.
Mais les graphiques publiés par SpF montrent qu’en termes de variation, ce sont les décès à domicile qui ont le plus augmenté pendant cette période – ils ont presque triplé, passant de 500 à presque 1 500. Il faut néanmoins « rester prudent sur l’interprétation » de ces chiffres, souligne SpF, dans la mesure où, par exemple, un décès peut survenir à l’hôpital « après une exposition [à la canicule] au domicile ou en ehpad ».
Reste que le nombre relativement contenu de décès en ehpad est sans doute le résultat des mesures prises après la canicule de 2003, après laquelle il est devenu obligatoire d’installer au moins une pièce rafraîchie dans tous les établissements.
Ces chiffres sur la mortalité à domicile montrent – ce qui ne faisait guère de doute – que c’est bien l’adaptation des logements à ces vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et violentes qui sera l’enjeu majeur des années à venir.
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Finances locales
Budget 2027 : la contribution des collectivités doit être « équitable » et « proportionnée », selon une mission parlementaire
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Les finances de l'Etat et des collectivités seraient tellement « imbriquées » qu'il est « nécessaire de répondre de manière collective », assurent les trois parlementaires à la tête de la mission. Réclamant la fin du Dilico, ils plaident pour une « unique » contribution, avec une approche particulière pour les petites communes et les territoires industriels.
Quel contour devra prendre la future contribution des collectivités au redressement des comptes publics ? Dans une « note d’étape » très attendue sur les ressources financières locales, trois parlementaires viennent de donner leurs premières réponses, qu’ils ont présentées, hier, aux associations d'élus locaux. Une mission confiée fin avril aux députés du Gers et du Puy-de-Dôme, Jean-René Cazeneuve (Renaissance) et Christine Pirès Beaune (PS), ainsi qu’à la sénatrice du Jura et vice-présidente de la Chambre haute Sylvie Vermeillet (Union centriste).
Dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, ils ont été mandatés par Sébastien Lecornu pour faire de premières propositions sur une refonte du financement des collectivités, mais aussi sur « un montant et des modalités de contribution légitimes, équitables et acceptables » dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2027. En somme, quelles nouvelles ponctions les communes, intercommunalités, départements et régions devront-ils subir l’an prochain ?
Une contribution justifiée
On le sait depuis la semaine dernière, avec la publication du « tiré à part » : « Les collectivités territoriales participeront à l’effort de redressement des finances publiques » en contenant notamment « la progression de leurs dépenses de fonctionnement au niveau de l'inflation », a déjà confirmé le ministre des Comptes publics, David Amiel. Surtout, l’exécutif a déjà tranché : il compte bien « solliciter une contribution juste » des collectivités l'an prochain. Reste encore à en connaître la forme. Une question qui a, pour l’heure, été renvoyée à plus tard, mais qui devra être résolue « d’ici au dépôt du projet de loi de finances » pour 2027.
D’où l’intérêt du rapport des trois parlementaires qui a notamment pour objectif « d’alimenter la rédaction » de ce dernier budget du mandat d’Emmanuel Macron. Initialement pressenti pour faire partie de la mission, on peut rappeler que le sénateur du Cantal Stéphane Sautarel (apparenté LR) avait, lui, finalement préféré y renoncer. Outre un calendrier jugé « pas raisonnable » car bien trop serré pour ce type de travail, celui-ci ne souhaitait pas se « résoudre à poursuivre une ponction sur les collectivités alors que celles-ci ne sont en rien responsable des déficits publics » et alors « qu’on souligne leur comportement vertueux ».
Et c’est là une différence d’appréciation majeure avec les deux députés et la sénatrice qui ont rédigé la note d’étape. Bien que les collectivités « ne pèsent que faiblement » dans le déficit et qu’elles contribuent à « plus de la moitié de l’investissement public », ils estiment qu'elles ne peuvent s’exonérer de l’effort global du pays. « Le partage des ressources financières publiques entre l’Etat et les collectivités territoriales repose sur des règles et des dynamiques imbriquées […]. Il est donc nécessaire de répondre à cet enjeu de manière collective, pour éviter que l’augmentation des taux ne dégrade les conditions de financement de tous les acteurs publics », jugent ainsi les trois parlementaires, qui suggèrent que « le poids dans les dépenses publiques [puisse] être l’un des indicateurs pour servir de base à la répartition des efforts entre administrations publiques ».
« Mettre un terme » au Dilico
La mission insiste, toutefois, sur « les principes à respecter pour une contribution acceptée : équité et proportionnalité, simplicité et lisibilité ». Pour 2027, les trois parlementaires souhaitent ainsi que le gouvernement ne retienne qu’un seul et « unique instrument de contribution » au redressement des finances publiques.
Ils réclament donc « l’arrêt du recours à plusieurs instruments ». Tout comme la Cour des comptes qui a également déploré, dans un rapport récent, la multiplication des mesures ponctuelles : après les six mesures déployées en 2025, la contribution 2026 en comptait huit « d’inégale importance », selon les magistrats financiers. Outre le fait qu’il « nuit à la lisibilité », ce fractionnement est aussi néfaste « à sa cohérence d’ensemble et à son acceptation par les collectivités », expliquaient ces derniers.
Parmi les mesures qu’ils jugeaient « inadaptées », le Dilico était particulièrement ciblé. Si bien qu’à leurs yeux, il était préférable de « mettre en extinction » cette épargne forcée dès 2027. Sur ce point aussi, les trois parlementaires rejoignent la Cour et proposent l’arrêt des prélèvements de ce dispositif « dès 2027 », tout en restituant les montants déjà prélevés (mais en allongeant la période de reversement sur six années).
« Bouclier » protecteur et « modulation » de l’effort
À noter que ces derniers précisent qu’il conviendrait, en outre, « de ne pas ponctionner les dotations et soutiens à l’investissement local, dont le Fonds vert ». L’objectif est de « ne pas décourager les collectivités territoriales » qui assurent la majorité de l’investissement public dans un contexte international « peu rassurant » et de croissance atone, préviennent-ils.
Quelle forme pourrait alors prendre la contribution des collectivités ? Si la mission a étudié les avantages et les inconvénients d’un levier qui contraindrait, d’un côté, les ressources (comme le Dilico et la baisse de DGF) ou bien, de l’autre, les dépenses (comme les contrats de Cahors), celle-ci ne tranche finalement pas.
Elle propose, toutefois, de recourir à une « modulation » de l’effort demandé aux collectivités, qui reposerait « en premier lieu » sur leur « capacité contributive ». L’effort déjà supporté par certaines d’entre elles en 2025 et 2026 devrait également être « pris en compte » dans le calcul de la contribution de 2027.
La mission défend, par ailleurs, l’idée d’un « plafonnement » des prélèvements : il pourrait être, « par exemple de l’ordre de 2 à 3 % [de leurs recettes de fonctionnement], appliqué à l’impact total de l’ensemble des dispositifs (et non plus à un seul) », détaillent les parlementaires. Ce « bouclier » permettrait notamment de « protéger les collectivités les plus fragiles ». La mission ne précise cependant pas si la mise en place de ce bouclier entraînerait un report de la charge sur d’autres collectivités, comme cela a été le cas avec le Dilico.
Ne pas faire contribuer les petites communes ?
Quelles collectivités devraient participer à cet effort ? Si la mission préconise de cibler « toutes les collectivités ayant une capacité contributive », elle suggère que la contribution - via un « unique instrument » - pourrait être « différenciée par strate, au regard de leurs situations financières et de leurs compétences très différenciées » et recommande « une approche spécifique » pour certaines d’entre elles.
D’abord, les « communes peu peuplées, qui doivent faire face à des charges spécifiques liées à leur superficie ». Dans ce cadre, les auteurs de la note envisagent « l’éventuelle exclusion » des plus petites communes du dispositif. Plus précisément, celles de moins de 500 habitants, à l’exception des quelques-unes qui possèdent une « capacité de contribution exceptionnelle ».
Ensuite, « les communes, intercommunalités et régions industrielles dont la contribution 2026 a été particulièrement élevée » devraient également être soumises à une « approche spécifique » car « elles sont en première ligne pour accueillir les industries nécessaires à la réindustrialisation du pays mais aussi à sa transition énergétique ».
Enfin, la mission juge « nécessaire d’examiner la situation » des autres administrations publiques locales (Apul), notamment les syndicats et les satellites des collectivités (SEM, etc.), tout comme celle des « agences de l’Etat ». Il n’est en effet pas inenvisageable pour les trois parlementaires « de les faire contribuer à l’effort de redressement ».
Pour qu’elle soit acceptée, la nouvelle contribution qui sera mise en place en 2027 devra aussi être accompagnée de « mesures de justice », telles que l’augmentation du Fpic ainsi qu’une hausse de la DSU et de la DSR – qui serait financée « uniquement par une partie du montant de la DNP ou un abondement de l’Etat et non par un écrêtement de la DGF du bloc communal ».
Ils préconisent également de demander aux préfets, dans la circulaire pour l'attribution des subventions d'investissement, de « prendre davantage en compte le niveau d’endettement et la capacité de désendettement des collectivités territoriales ».
En attendant la publication de la version définitive de leur rapport à la rentrée, les parlementaires recommandent d’élaborer une loi de programmation des finances publiques locales, prévoyant la trajectoire triennale, ainsi qu’un débat d’orientation des finances locales suivi d’un vote dans chaque assemblée et la signature d'engagements réciproques entre l'État et les associations d'élus en cas de contribution des collectivités.
Consulter la « note d'étape ».
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Petite enfance
Les montants 2026 de la compensation pour le SPPE publiés, en légère augmentation avant le grand chamboulement de l'an prochain
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L'arrêté est paru hier au Journal officiel : il détaille le montant de la compensation versée à 3 318 communes au titre de l'exercice de la nouvelle compétence Service public de la petite enfance. Dans la plupart des cas, ce montant est en hausse de 1,42 %. Dès l'an prochain, toutefois, la situation va complètement changer.
Cette fois, la somme prévue initialement par le gouvernement est atteinte : au moment de la mise en place du nouveau service public de la petite enfance (SPPE), au 1er janvier 2025, le gouvernement avait promis un total de 86 millions d’euros de compensation pour les communes. L’an dernier, la somme avait été très légèrement inférieure (85,37 millions d’euros). Cette année, elle atteint 86,8 millions d’euros.
Évolutions à venir
Pour mémoire, si le SPPE s’applique à l’ensemble des communes, seules celles comptant plus de 3 500 habitants ont droit, pour l’instant, à une compensation de l’État, parce que, explique le gouvernement, ce sont les seules à devoir exercer les quatre compétences liées à ce service public.
Les communes de moins de 3 500 habitants n’ont donc droit à rien – tout comme les EPCI, ce qui constituait une autre anomalie du dispositif initial. Il est simplement prévu, si les communes transfèrent ces compétences à leur EPCI, qu’elles puissent reverser le soutien reçu à celui-ci par le biais du mécanisme des attributions de compensation (AC) – ce qui est loin d’être simple, regrette l’AMF.
Un autre problème se posera dans les EPCI qui ont décidé d’exercer les compétences du SPPE, mais dans lesquels aucune commune n’atteint le seuil des 3 500 habitants. Aucune aide n’est non plus prévue, pour le moment, dans ces cas-là.
Heureusement, la situation va s’améliorer sur tous ces points à partir de l’an prochain. Rappelons en effet que, à la suite des demandes répétées de l'AMF notamment, une proposition de loi adoptée cette année au Parlement et promulguée le 4 juin dernier étend à « toutes les communes » la compensation financière. Ce texte prévoit également de simplifier le reversement de la compensation aux EPCI : les regroupements de communes ou syndicats mixtes seront directement destinataires de l’accompagnement financier de l’État dès lors que leurs statuts prévoient qu’ils assurent les quatre compétences d’autorité organisatrice d’accueil du jeune enfant pour tout ou partie de leurs communes membres.
Mais cette avancée est assortie… d’un vrai recul. Le gouvernement a en effet annoncé que la réforme se ferait « à enveloppe constante », ce qui devrait signifier, en toute logique, une forte baisse des compensations touchées par les communes actuellement bénéficiaires du dispositif.
La réforme ayant été adoptée après la parution de la loi de finances pour 2026, elle ne s’appliquera qu’à partir du 1er janvier 2027. Reste à savoir si, pendant le débat budgétaire, le Parlement arrive à faire augmenter l’enveloppe globale dédiée au dispositif.
Un montant en général en augmentation de 1,42 %
En attendant, la répartition 2026 publiée hier par arrêté montre, on l’a dit, une enveloppe en légère augmentation par rapport à 2025 – et un nombre de communes un peu plus important (3 318 contre 3 304). Cela s’explique par le fait que, pour une raison obscure, les communes de Corse ne figuraient pas dans le tableau de l’an dernier. Cet oubli a été réparé.
La compensation, rappelons-le, est calculée sur la base d’un double critère : le nombre de naissances cumulé sur trois ans et le potentiel financier par habitant.Ces critères sont toujours considérés comme insatisfaisants par l’AMF qui plaide pour que des travaux soient engagés avec le ministère afin de les faire évoluer.
Selon les calculs de Maire info, la très grande majorité des attributions individuelles 2026 sont en hausse de 1,42 %. Pour environ 200 communes néanmoins, la variation à la hausse ou à la baisse est nettement plus importante, dans la plupart des cas autour de 15 à 18 %.
Pour une dizaine de communes en revanche, une baisse considérable est à constater. À Montsinéry-Tonnegrande, en Guyane, la compensation est quasiment divisée par trois (passant de 97 000 à 33 000 euros). Dans d’autres, comme Sète, Maubeuge, Haguenau ou Taverny, elle est divisée par deux, passant d’environ 40 000 à 20 000 euros.
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Élections
Ingérences étrangères dans les campagnes électorales : un projet de loi et un décret
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Le gouvernement a présenté hier un projet de loi destiné à lutter contre « les ingérences étrangères dans la vie démocratique ». Parallèlement, un décret a été publié ce matin pour acter la création d'une commission d'information sur ce sujet, dédiée à presque toutes les élections. Explications.
À neuf mois de l’élection présidentielle, le gouvernement souhaite durcir l’arsenal législatif contre les « manipulations informationnelles » issues d’ingérences étrangères dans le processus électoral. Entre la place prise par les réseaux sociaux dans la communication politique et l’explosion de l’usage de l’intelligence artificielle, le risque est de plus en plus avéré, en effet, de voir de fausses informations polluer le débat électoral.
Ingérences étrangères
La question n’est pas nouvelle, mais elle prend des proportions inquiétantes – en France comme dans bien d’autres pays. Si les ingérences russes ou chinoises sont souvent pointées du doigt, ces pays ne sont pas les seuls à utiliser ces méthodes : en mai dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des suspicions d’ingérence israélienne contre des candidats de La France insoumise aux élections municipales, à Marseille, Toulouse et Roubaix.
Faux sites d’informations locales, diffusions de fausses informations, copies de sites de presse diffusant des fake news, publications de photos ou vidéos générées par IA… les moyens ne manquent pas pour diffuser des informations fallacieuses destinées ou à salir tel ou tel candidat, ou à en « pousser » d’autres. Certains groupes criminels se sont spécialisés dans cette activité, comme le groupe russe Storm1516, mis en cause dans des manipulations lors de l’élection présidentielle américaine de 2024 ainsi qu’en Allemagne et en Moldavie, et qui aurait également sévi en France lors des dernières élections municipales.
Un nouveau référé
Première réponse du gouvernement, promise depuis plusieurs mois : un projet de loi, qui a été présenté hier en Conseil des ministres et déposé dans la foulée au Sénat.
Ce texte durcit l’arsenal juridique contre ces pratiques, en partant du constat que celles-ci « peuvent concourir à la perte de confiance de nos concitoyens dans la vie publique et nuire gravement à la légitimité de nos institutions ». Les lois actuelles, constate le gouvernement, « sont insuffisantes pour permettre le retrait rapide des contenus en ligne afin d’éviter leur propagation ou leur réapparition, hors contexte électoral comme en période électorale ».
Le texte est composé de trois articles. Le premier crée une nouvelle procédure de référé, qui permettrait à un tribunal judiciaire spécial, désigné par décret, de faire cesser immédiatement la diffusion de fausses informations (lorsque celles-ci sont « manifestement inexactes ou trompeuses, diffusées de manière délibérée, massive, et artificielle ou automatisée par le biais d’un service de communication au public en ligne »).
L’article 2 élargit une procédure existante. Il s’agit du référé « anti-manipulation de l’information », qui s’applique pour l’instant aux seules élections présidentielle, législatives, sénatoriales et aux référendums. Cette procédure permet au tribunal judiciaire de Paris (qui en a la compétence exclusive) de prononcer sous 48 heures un référé pour faire cesser par tout moyen la diffusion « de fausses informations de nature à porter gravement atteinte à l’honnêteté de l’information ou à altérer la sincérité du scrutin à venir ». Le projet de loi prévoit d’étendre cette procédure à l’ensemble des élections, en y ajoutant donc les élections locales (municipales, régionales et départementales notamment).
Enfin, l’article 3 prévoit d’aggraver les peines encourues pour des manœuvres frauduleuses « ayant pour conséquence de détourner des suffrages ou d’accroître l’abstention ». Actuellement fixées à un an de prison et 15 000 euros d’amende, elles passeraient à trois ans et 45 000 euros. Une peine de six ans de prison serait prévue pour une infraction commise « dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère ou d’une entreprise ou d’une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ».
« Commission d’information du public »
Parallèlement à la présentation de ce projet de loi, le gouvernement a publié ce matin un décret « portant création d'une commission indépendante d'information du public en cas d'ingérences étrangères en contexte électoral » .
Ce texte, publié ce matin au Journal officiel, institue une « commission d’information » de trois membres (un membre du Conseil d’État, un magistrat de la Cour de cassation et un magistrat de la Cour des comptes), chargée de « prévenir les effets des ingérences étrangères sur le bon déroulement des scrutins ».
La commission aura pour tâche de recevoir les signalements, informer les candidats et les partis politiques en cas de menace, rendre publiques ces menaces et, éventuellement, porter les faits à la connaissance de l’autorité judiciaire. Elle devra en outre publier six mois après chaque scrutin un rapport sur ses activités – dont on espère qu’il sera public, même si cela n’est pas précisé dans le décret.
Le champ de compétence de cette commission s’étend à la totalité des élections nationales, locales et des collectivités ultramarines, à la seule exception de l’élection présidentielle. Elle n’entrera pas en vigueur toutefois pour les prochaines élections sénatoriales, puisque le décret précise qu’il ne s’applique pas « aux scrutins (…) pour lesquels le décret de convocation des électeurs a déjà été publié ». C’est le cas des élections sénatoriales de septembre prochain, dont le décret de convocation a été publié le 21 avril dernier.
Comme cette commission ne se penchera pas sur l’élection présidentielle, elle commencera son activité à l’occasion des probables élections législatives de juin 2027.
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Culture
Victoire pour 28 établissements culturels avec le déblocage de subventions gelées par l'État
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La mobilisation a payé : 28 structures du spectacle vivant, menacées de nouvelles coupes budgétaires, vont finalement recevoir l'intégralité de leur subvention due par l'État au second semestre 2026, mais le secteur reste prudent pour 2027 et réclame davantage d'argent pour la culture.
Le Festival d'Avignon, qui prend fin ce week-end, va mieux se terminer qu'il n'avait commencé. Le 3 juillet, veille de son ouverture, ces 28 établissements implantés sur tout le territoire - scènes et centres dramatiques nationaux, maisons d'opéra, orchestres - apprenaient qu'une partie (13 %) de la subvention de l'Etat pour 2026 était « gelée » et soumise à une négociation avec Bercy dans le cadre des efforts demandés à chaque ministère.
Une forte mobilisation s'en est suivie : interpellations du président Emmanuel Macron par de grands noms de la mise en scène depuis la cour d'honneur du Palais des papes, rassemblements, assemblées générales, lettres d'élus, pétition, etc. Les baisses de financements publics, qu'elles proviennent de l'État ou des collectivités territoriales (régions, départements, communes), fragilisent la filière depuis plusieurs années.
Interrogé par l'AFP mardi, l'entourage de la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a indiqué que la part des crédits bloquée, soit « la somme de 10 millions d'euros » au total, n'était plus retenue et serait « versée » aux établissements « au second semestre ». « La ministre verra prochainement les acteurs du secteur culturel, les collectivités locales et les élus, ainsi que les artistes, pour établir ensemble une trajectoire pour l'année 2027 », a-t-on ajouté.
« C'est une grande joie pour toutes les équipes, les compagnies que nous accueillons, pour tous les collèges et quartiers d'Aubervilliers où nous animons des ateliers », a réagi auprès de l'AFP Frédéric Belier Garcia, directeur de la Commune, centre dramatique d'Aubervilliers (nord de Paris), l'une des structures concernées.
Richard Brunel, à la tête de l'Opéra de Lyon, a lui exprimé son « soulagement », tout comme Matthieu Dussouillez, son collègue de l'Opéra de Nancy-Lorraine. « C'est une très bonne nouvelle, qui impacte aussi le festival positivement », selon Tiago Rodrigues, directeur du Festival d'Avignon.
Appel à la grève maintenu
Pour Joris Mathieu, co-président du Syndeac (employeurs des entreprises artistiques et culturelles, premier syndicat dans le public), « c'est un soulagement de court terme par rapport à des menaces de coupes supplémentaires qui n'auraient jamais dû être annoncées ».
La CGT Spectacle s'est félicitée de ce « recul » qui montre que « la mobilisation paye », selon Maxime Séchaud, son secrétaire général adjoint.
Pour autant, ces 28 structures, qui devaient recevoir leur subvention de l'Etat en deux temps en 2026, auront tout de même subi sur l'ensemble de l'année une coupe d'environ 3 % à 3,5 % en raison d'un versement moins important que prévu au premier semestre, selon plusieurs d'entre elles interrogées par l'AFP.
À l'avenir, le monde du spectacle vivant réclame de voir la culture représenter 1 % du budget total de l'Etat (contre 0,7% environ aujourd'hui).
Dans son projet de dépenses pour le budget 2027 présenté jeudi dernier, le gouvernement entend limiter globalement la progression des dépenses ministérielles à 0,4 %, « soit quatre fois moins que l'inflation attendue en 2027 ».
Sur le domaine de la culture, les crédits alloués devraient être inchangés par rapport à 2026, selon ce document fixant les « plafonds de dépenses » du projet de loi de finances. La CGT Spectacle attend pour sa part des réponses précises sur une autre revendication, celle d'un « moratoire sur les coupes budgétaires ». Elle réclame aussi de revoir à la hausse le budget alloué au Fonpeps, principal dispositif d'aides à l'emploi.
De ce fait, le syndicat maintient son appel à une semaine d'actions la semaine du 21 septembre, avec un appel à la grève à partir du 26 septembre. Symbole que rien n'est acquis : le Festival d'Automne à Paris, qui doit débuter le 11 septembre avec 75 projets et des artistes du monde entier, fait face à une baisse de 14 % de sa subvention (200 000 euros), a-t-il indiqué à l'AFP, confirmant une information de Libération.
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Journal Officiel du jeudi 23 juillet 2026
Lois
Ministère de l'Intérieur
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