| Édition du mercredi 4 février 2026 |
Logement
Mal-logement : face à une nouvelle « année noire », les candidats aux municipales interpellés
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Plus d'un million de personnes ne disposent pas de logement personnel et plus de 12 millions sont fragilisées par la crise, selon la Fondation pour le logement des défavorisés qui a lancé un « appel solennel » aux futurs maires. Et cela dans un contexte de progression des expulsions locatives, de croissance ralentie du parc immobilier, mais aussi de surcoûts de la construction et de raréfaction du foncier.
« L’année 2025 a encore été une année noire pour le logement », un secteur « engagé dans une spirale inquiétante ». C’est ce que dénonce la Fondation pour le logement des défavorisés, dans son nouveau rapport annuel publié hier.
Alors que la crise perdure, l’ancienne Fondation Abbé-Pierre constate que le mal-logement s'est encore aggravé en France l’an passé, avec plus d'un million de personnes ne disposant pas d'un logement personnel. Dans un contexte où « tous les indicateurs se dégradent » et sont désormais passés « au rouge », l’organisation pointe une réponse politique « loin d'être à la hauteur ».
Face à l'instabilité politique actuelle, cette dernière a décidé de mobiliser les candidats aux élections municipales, l’action locale étant selon elle « la plus à même d’apporter des réponses adaptées ». D’autant que, selon un sondage Odoxa récent, sept Français sur dix estiment désormais qu'il est difficile de se loger dans leur commune, ceux-ci demandant dorénavant « à leurs maires et futurs maires d’augmenter l’offre de logements sur leurs communes ».
350 000 personnes sans domicile
Selon les estimations du rapport, plus d’un million de personnes ne disposent pas de logement personnel. Parmi elles, 350 000 personnes n’ont pas de domicile (contre 143 000 en 2012) et sont hébergées de façon précaire en centre d’hébergement ou à l’hôtel. En parallèle, près de 600 000 personnes sont « hébergées chez des tiers de manière contrainte », un phénomène « invisible » mis en avant dans ce rapport.
La Fondation rappelle également que « le décompte des enfants à la rue réalisé à la fin du mois d’août dernier a révélé qu’ils étaient 2 159 à ne pas avoir obtenu de solution d’hébergement après un appel au 115, dont 503 de moins de trois ans et 171 bébés de moins d’un an. Soit une augmentation de 30 % depuis 2022 ».
Plus globalement, ce sont 4,2 millions de personnes qui sont sans logement ou mal-logées dans le pays, auxquels s'ajoutent 12,3 millions de personnes fragilisées par la crise du logement. Ce sont des locataires en impayé de loyer, des personnes en précarité énergétique ou encore des ménages à qui il manque une pièce ou un logement adapté à leur handicap.
À cela, on peut ajouter que le nombre de demandeurs de logement social n’a jamais été aussi élevé avec près de 2,9 millions de personnes en attente et que seule une demande sur dix formulée au cours de l’année obtient une réponse favorable, comme le relatait l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) dans son dernier panaroma sur la question. Le parc d’hébergement généraliste ne serait, quant à lui, « pas à la hauteur » puisqu’il « stagne à 203 000 places depuis quatre ans, malgré les besoins ».
« On n'avait jamais connu à la Fondation de telles tensions sur le front de la lutte contre le mal-logement et de la pauvreté », a assuré Christophe Robert, délégué général de l’organisation, face aux mauvais chiffres qui s'accumulent.
« Toutes les communes concernées »
Or « les décisions et actions des derniers gouvernements, dans la droite ligne de leurs prédécesseurs, ont plutôt conduit à d’importants reculs en matière de production, d’accès au logement ou de soutien en direction des publics fragiles », déplore la présidente de la fondation, Marie-Hélène Le Nédic, dans la préface du rapport.
L’organisation a donc décidé de s’en remettre aux maires et aux candidats au poste alors que les élections municipales approchent. Un « moment-clé » dans la lutte contre le mal-logement, selon celle-ci. Souhaitant « remettre la lutte contre les exclusions au cœur de l'action publique », Christophe Robert a ainsi lancé un « appel solennel aux candidats aux élections municipales, [mais aussi] aux responsables politiques, au gouvernement comme aux parlementaires ».
« L’enjeu est de taille car, si toutes les communes ne sont pas touchées de la même manière par le mal-logement, toutes sont concernées », expliquent ainsi les auteurs du rapport. Si les zones tendues sont « évidemment en première ligne » - avec « un développement du nombre de personnes sans domicile », « un surpeuplement particulièrement fort », « des taux d’effort accrus » et « des files d’attente qui s’allongent pour accéder au logement social » - , les zones peu tendues connaissent aussi leur lot de problèmes persistants au travers de la « désertification des centres-villes », la « dégradation d’un bâti ancien éloigné des services publics », mais aussi l’« inadaptation des logements au vieillissement » ou encore l’« absence de marché locatif et de parc social », indique le rapport.
Dans ce contexte, « l’action locale est la plus à même d’apporter des réponses adaptées », selon la Fondation. Et Marie-Hélène Le Nédic d’expliquer que « les communes qui ont été audacieuses sur le front du logement ont montré qu’une action volontariste porte ses fruits, que ce soit grâce à l’encadrement des loyers, ou en adoptant une politique de construction équilibrée et ambitieuse. C’est donc possible, autant que c’est nécessaire ».
Des pistes pour les élus locaux
Si la Fondation reconnaît que « les futurs élus de mars 2026 auront fort à faire dans un contexte dégradé, marqué par la pénurie de foncier, la hausse des coûts de l’énergie et la rigueur budgétaire » ainsi qu’une « opinion publique locale qui voit parfois d’un mauvais œil les nouveaux projets de construction » et reste « potentiellement hostile à l’accueil de personnes en difficulté », celle-ci propose « des pistes d’actions concrètes » et « des idées pour accueillir dignement dans sa ville les plus exclus », dans un chapitre dédié aux élections municipales.
Dans un rapport paru en novembre dernier et intitulé « Élus locaux : comment faire face aux surcoûts de la construction publique ? », des sénateurs rappelaient également que les collectivités doivent faire face, depuis 2020, à « des dépenses de construction qui progressent nettement plus vite que leurs recettes ».
Jugée « préoccupante », cette situation explique « qu'au fil des années les collectivités territoriales ont vu leurs marges de manœuvre se réduire dans le domaine de la construction, sous le poids à la fois des règles contraignantes de la commande publique et de normes qui paraissent souvent disproportionnées », notait la Délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation.
Parmi leurs recommandations, les rapporteurs proposaient d’« évaluer systématiquement l’impact de toute norme de construction sur les finances locales », d’« alléger certaines normes de construction […] disproportionnées », mais aussi de « simplifier les outils de la commande publique » ou encore de « dispenser les acheteurs publics de l’obligation de recourir à un architecte pour les constructions de faible importance ».
Reste un autre problème majeur sur lequel ont mis le doigt les sénateurs : « Les collectivités territoriales sont fortement mises à contribution » et « sommées de contribuer à l'effort de redressement des finances publiques » depuis plusieurs années. Et l’année 2026 n’y échappera pas avec une nouvelle ponction de 2 milliards d’euros décidée par le gouvernement, mais déjà évaluée à 5 milliards d’euros par l’AMF.
Plusieurs mesures ont, toutefois, été adoptées pour tenter de remédier à la crise du logement. Parmi elles, un nouveau dispositif fiscal va voir le jour afin d’inciter les Français à investir dans un logement pour le louer. En parallèle, la ponction (la RLS) imposée aux bailleurs sociaux a été réduite de 400 millions d’euros. En outre, le gouvernement a abandonné l'idée d'une « année blanche » des prestations sociales et les aides personnalisées au logement (APL) en 2026 (en revanche, il a bien intégré au texte la suppression des APL pour les étudiants étrangers hors Union européenne non boursiers à partir de la prochaine rentrée).
« Quand les indicateurs du mal-logement se dégradent tous, que la pauvreté et les inégalités atteignent des sommets, des mesures ponctuelles et marginales ne suffiront pas à résoudre la crise du logement », a cependant prévenu la Fondation pour le logement des défavorisés.
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Petite enfance
Petite enfance : le comité de filière plaide pour un portage politique plus fort
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Au lendemain d'une rencontre attendue de longue date avec la ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des personnes handicapées, la présidente du comité filière petite enfance, Élisabeth Laithier, fait le point pour Maire info sur quatre dossiers sensibles évoqués lors de cet entretien. Elle se dit confiante sur de prochaines avancées.
Il aura fallu quatre mois, et des rendez-vous reportés, mais la rencontre a enfin eu lieu ce lundi 2 février. Elisabeth Laithier, présidente du comité filière petite enfance a rencontré la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des personnes handicapées, Stéphanie Rist. « Un entretien cordial et très franc », confie-t-elle, expliquant avoir « senti une réelle écoute et surtout une volonté très ferme de faire de la qualité de l’accueil des tout petits et de la vie des professionnels une boussole ».
Le but de cette entrevue était « d’une part de présenter à la ministre le comité de filière, ses travaux en cours et de l’inviter à l’une de nos séances comme je l’avais fait avec les ministres précédents, et d’autre part d’évoquer avec elle les grands sujets, les préoccupations, les avancées dans ce secteur de la petite enfance », précise Elisabeth Laithier.
Plaidoyer pour un portage politique du SPPE
En tête de ces « grands sujets » : le déploiement du service public petite enfance (SPPE). « Nous avons besoin d’un portage politique, qui a fait jusque-là défaut », insiste celle qui a mené la concertation préalable à son lancement. « Il sera urgent, quand les élections municipales seront passées, à mon avis, de lancer un deuxième Tour de France auprès des élus pour leur expliquer leur nouveau rôle, les missions des autorités organisatrices, ce auquel ils ont droit, car certains ne le savent toujours pas, et il faut mobiliser les nouvelles équipes municipales », estime-t-elle.
Elle mesure que certains élus auront tôt fait de s’abriter derrière les chiffres en baisse de la natalité pour « mettre l’argent, au demeurant rare, ailleurs que sur la petite enfance ». « Ils auraient tort », prévient-elle. « Déjà car nous sommes loin d’avoir résolu tous les problèmes, comme en témoignent les listes d’attentes de familles cherchant un mode de garde. Et parce qu’il faut au contraire s’ingénier à rendre un service public de meilleure qualité et répondant aux besoins des familles ».
Le cas des EPCI
Autre sujet mis sur la table : l’accompagnement financier - aujourd’hui inexistant - des intercommunalités sur le SPPE. La présidente du comité filière ne crie pas victoire, mais elle l’assure : « Le cabinet de la ministre travaille à gommer cette inégalité de traitement ». À l’heure actuelle, seules les communes de plus de 3500 habitants reçoivent une (maigre) compensation pour la mise en place du SPPE. Charge à elles de reverser la dotation reçue à leur EPCI dès lors que la compétence lui a été transférée. « Ce qui ne sera pas évident partout », relève Elisabeth Laithier. Tandis que les autres EPCI ne comptant aucune commune membre de plus de 3 500 habitants n’ont « droit à rien ». Un « deux poids deux mesures » également dénoncé par l’AMF.
Relance du comité filière petite enfance
Quant aux travaux du comité filière petite enfance, ceux-ci se heurtent pour l’heure au fait que le comité n’a plus de secrétaire général suite au départ annoncé fin janvier de Jean-Baptiste Frossard (1). « Cela nous a obligé à annuler les rendez-vous de février », regrette Elisabeth Laithier, mais l’entrevue avec la ministre lui redonne espoir d’obtenir la nomination d’un nouveau secrétaire « le plus rapidement possible », et cette fois-ci « à temps plein ».
L’un des groupes de travail lancés en septembre dernier a pu adopter in extremis, vendredi dernier, une résolution sur le statut et la qualité des gardes à domicile. Les trois autres groupes doivent reprendre leurs travaux notamment sur le statut des professionnels dans la fonction publique territoriale, la formation et le référentiel de compétences du titre professionnel de niveau IV, et enfin, sur la révision du système de financement des structures (PSU et Paje). C’est l’autre « gros sujet » sur lequel le comité entend peser, en contribuant à « la réforme et la remise à plat totale, plus que nécessaire, de ce système arrivé à bout de souffle ». Le chantier promet d’être long, avec en ligne de mire la prochaine convention d’objectifs et de gestion entre la CNAF et l’État (en 2027).
Ne pas transiger sur la qualité
Un dernier sujet suivi par le comité fait écho à une autre actualité : celle de la condamnation en appel de l’ex-employée d’une micro-crèche privée People&baby de Lyon, vendredi 30 janvier, à 30 ans de prison pour avoir tué un bébé en juin 2022, en lui faisant boire un produit caustique pour le faire arrêter de pleurer.
Ce drame avait été suivi du lancement d’une mission IGAS sur la qualité d’accueil et la prévention de la maltraitance dans les EAJE par le ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe. Les conclusions du rapport avaient pointé les failles de la règlementation appliquée aux micro-crèches. Un décret publié en avril 2025 (2) a par la suite mis fin aux principales dérogations accordées aux micro-crèches en termes de taux d’encadrement et de qualification des professionnels (article 2) à compter du 1er septembre prochain.
Face à la campagne de lobbying de la fédération française des entreprises de crèches réclamant l’annulation de ce décret, au risque de la fermeture de centaines de structures et de chômage de milliers de salariés, Elisabeth Laithier reste calme et ferme. « Je l’ai dit à la ministre : on ne peut pas transiger sur la qualité et la sécurité de l’accueil des jeunes enfants. Les gestionnaires de micro-crèches ont eu le temps de se préparer à ces nouvelles règles. Les PMI ne vont pas faire le tour des structures le 2 septembre pour les fermer brutalement. Il y a une échelle de sanctions, la fermeture en est le dernier échelon. En revanche, on ne peut reculer sur l’enjeu de ce décret qui vise à faire monter en compétence les personnels de ces structures ». Son « message aux élus » est donc : « pas de panique ! ».
(1) C’est le 5e secrétaire général à quitter sa fonction au terme de quelques mois. Nommé en juillet 2024, il était également directeur de projet service public de la petite enfance au ministère des Solidarités.
(2) Décret n° 2025-304 du 1er avril 2025 relatif aux autorisations de création, d'extension et de transformation des établissements d'accueil de jeunes enfants et à l'accueil dans les micro-crèches.
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Agriculture
Agriculture : des mesures de simplification pour l'installation d'élevages dans les communes
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Deux décrets d'application de la loi dite Duplomb ont été publiés au Journal officiel hier. Le premier modifie la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). L'autre permet d'adapter les modalités de consultation du public pour l'autorisation des élevages.
En début d’année, les agriculteurs se sont mobilisés pour manifester à Paris dénonçant d’une part la stratégie d’abattage mise en place pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), et de l’autre la signature de l’accord UE-Mercosur (lire Maire info du 14 janvier). Tous s’interrogeaient aussi sur le retard de l’entrée en vigueur de la controversée loi Duplomb (ou la loi dite « Entraves »), adoptée en juillet dernier.
Dans un contexte de crise agricole, les agriculteurs dénoncent, et ce depuis plusieurs années, les normes et « la paperasse » qui pèsent sur eux au quotidien. Plusieurs dispositions de la loi d’orientation agricole (mars 2025) et de la loi visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur (dite loi « Entraves » - août 2025) visent à simplifier les procédures administratives.
Deux décrets d’application viennent d’être publiés au Journal officiel. Ils concernent l’installation des bâtiments d’élevages, et l’association du public à ces projets.
Seuils relevés, installations d’élevages simplifiées
Le premier décret modifie la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Rappelons que « certaines installations peuvent avoir des impacts (pollution de l'eau, de l'air, des sols, etc.) et présenter des dangers (incendie, explosion, etc.) pour l'environnement, la santé et la sécurité publique » et que c’est la raison pour laquelle « elles sont soumises à la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) ». Ces IPCE sont classées selon le niveau de danger qu'elles présentent et la règlementation repose donc essentiellement sur 3 régimes distincts : déclaration, enregistrement, autorisation. Ces trois régimes sont plus ou moins contraignants allant d’une simple déclaration en ligne à une procédure plus longue pour l’autorisation.
Le décret change la donne pour certains élevages. Les seuils (exprimés en effectifs d’animaux) à partir desquels les élevages bovins doivent s’enregistrer auprès des autorités et non simplement se déclarer ont été modifiés. Concrètement, les élevages laitiers n’auront plus à s’enregistrer qu’à partir de 201 vaches, contre 151 avant la publication du décret. De même, pour l’activité « Elevage de veaux de boucherie et/ou bovins à l’engraissement » le seuil a été relevé de 401 à 501 animaux.
Selon l’AFP, les ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture avaient indiqué en mai 2025 que « le nombre d'élevages relevant de l'enregistrement serait ainsi divisé par trois » pour passer à une simple déclaration. « Cette évolution permettra un allègement de la charge incombant aux éleveurs dans la constitution de leurs dossiers, ainsi qu’une réduction des délais d’instruction par les services de l’État », résume un communiqué du gouvernement. Il sera donc plus facile pour les éleveurs de faire des agrandissements ou des constructions de bâtiments d'élevages.
Les seuils qui concernent l’élevage intensif de porcs et de volailles ont aussi été révisés. Cependant ces seuils entreront en vigueur après l’entrée en application d’une réforme de la directive européenne encadre ces élevages. Notons que la révision de ces seuils sera très importante dans certains cas. Par exemple, pour les volailles, les installations d’élevage seront soumises au régime de l’autorisation, non plus à partir de 40 000 animaux mais à partir de 85 000. Pour les porcs les installations d’élevage seront soumises au régime de l’autorisation à partir de 3 000 animaux soit 1 000 de plus qu’avant.
Des permanences en mairie
Le second décret permet d’adapter les modalités de consultation du public pour l’autorisation des élevages. La loi Duplomb modifie les règles de consultation du public dans le cadre de la procédure d’autorisation environnementale issue de la loi dite « Industrie verte ».
Pour les élevages soumis au régime de l’autorisation, une enquête publique est obligatoire. L’annonce de cette enquête doit se faire par affichage en mairie et sur le site de l’exploitation avec publication dans deux journaux locaux, 15 jours avant le commencement de l’enquête. Le tribunal administratif nomme un commissaire enquêteur chargé de recueillir durant la période d’enquête les observations du public et d’en faire une synthèse. Cette enquête peut durer de 30 jours à deux mois.
Le décret publié hier remplace la tenue de réunions publiques obligatoires par des permanences en mairie organisées par les commissaires enquêteurs. Le but selon le gouvernement : alléger les obligations à la charge des exploitants qui devaient notamment assister à ces réunions publiques.
Notons que ces deux décrets ont fait l’objet d’une consultation du public qui a recueilli près de 22 000 contributions. Le sujet de l'adaptation des modalités de consultation du public pour l’autorisation des élevages a suscité de nombreuses réactions. Beaucoup de citoyens craignaient en effet une suppression totale des consultations relatives à l’installation d’élevage. Si ce n’est pas le cas, comme on peut le voir dans le décret, il faudra s’assurer que les riverains soient bien informés de ces nouvelles permanences en mairie organisées par les commissaires enquêteurs. Aussi, si la réunion publique n’est plus automatique, « le pétitionnaire peut demander au commissaire enquêteur ou à la commission d'enquête l'organisation » de cette dernière.
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Social
Budget 2026 : l'action sociale n'aura « aucune marge de manoeuvre », estime l'Unccas
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L'Union nationale des centres communaux d'action sociale estime que le budget adopté lundi est un « budget minimal » et « peu ambitieux pour les solidarités ». Dans un communiqué, elle pointe « le risque de voir l'action sociale devenir une variable d'ajustement ».
Un projet de loi de finances (PLF) pour 2026 qui laisse « un sentiment d’inachevé ». Si l’ Union nationale des centres communaux d'action sociale (Unccas) estime que la copie finale proposée par le gouvernement « limite la casse pour les collectivités », celle-ci regrette, dans un communiqué publié hier, qu’elle « n’apporte pas de réponse aux interrogations des élus » et estime surtout que ce budget « renvoie à demain les urgences sociales d’aujourd’hui ».
Bien qu’elle se félicite d'un effort budgétaire demandé au bloc communal finalement « moins élevé que redouté », celui-ci « n’offre aucune marge de manœuvre supplémentaire pour l'action sociale de proximité », dénonce l'Union.
« Équilibre fragilisé »
Sur le plan de la solidarité, « les mesures positives comme la revalorisation de la prime d'activité ou le repas à un euro pour les étudiants sont contrebalancées par des arbitrages plus complexes », explique-t-elle, soulignant que « la réduction des effectifs à France Travail et des ministères sociaux interrogent, alors que le chômage stagne et que l’explosion de la précarité exige, au contraire, un renforcement de l'accompagnement humain ».
Pourtant, rappelle l’Unccas, « les chiffres sont là : 9,8 millions de pauvres – record depuis 30 ans –, 1,1 million de travailleurs vivant sous le seuil de pauvreté, 12 % de la population qui ne parvient pas à se chauffer ». Dans ce contexte, les CCAS et les CIAS « assument aujourd'hui un rôle pivot d'amortisseur social » puisque « 71 % d'entre eux ont dû augmenter leur budget depuis 2020 pour répondre aux sollicitations ».
Et l’Union nationale de rappeler que « ce modèle de solidarité locale repose sur un équilibre fragilisé ». « Dépendants à 62 % des subventions communales et dépourvus de ressources propres dynamiques, les CCAS/CIAS sont directement exposés aux arbitrages budgétaires », prévient-elle, en alertant sur « le risque de voir l'action sociale devenir une variable d'ajustement, alors même que les besoins des citoyens sont, par nature, incompressibles ».
Estimant que « l'année 2026 ne peut pas être qu’une année de transition », l’Uncass fait valoir que « les maires et les associations ont besoin de visibilité à long terme pour affronter le mur démographique, le retour de la grande pauvreté et la crise du logement » (lire article ci-contre). Elle appelle ainsi le gouvernement à « lancer dès à présent les travaux législatifs indispensables tels que la loi de programmation pour le bien-vieillir, le plan de rattrapage social pour les outre-mer et la généralisation du dispositif Territoire zéro non-recours ».
Quartiers : 26 structures de soin « en danger »
On peut, par ailleurs, souligner que 26 centres et maisons de santé principalement implantés dans des quartiers populaires ont dit craindre, hier, une réduction drastique de leur budget après « l'abandon » d'un dispositif expérimental qui les finance, dérogeant au paiement à l'acte pour mieux accompagner les publics vulnérables.
Ces structures craignent une réduction massive de leur budget, qui les mettrait « gravement en danger ». Parmi elles figurent le Château en santé à Marseille, Le Village de Santé d'Echirolles (Isère), ou La Place Santé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Le gouvernement a, toutefois, tenté de les rassurer en s'engageant à « pérenniser » leurs financements alors que, fin janvier, il annonçait à ces structures « la suppression du dispositif », l'expérimentation arrivant à échéance en avril. Interrogé par la députée écologiste Cyrielle Chatelain devant l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a ainsi promis que « l'ensemble des 26 structures » seront bien « pérennisées et financées », le Premier ministre assurant que « les structures Secpa ne sont pas remises en question ».
Expérimenté depuis 2021, le dispositif Secpa (Structures d’exercice coordonné participatif), doté de 14 millions d'euros en 2025, versés par l'Assurance maladie, représente jusqu'à « un tiers du budget annuel » de ces 26 structures, rappellent-elles dans une pétition et un communiqué.
En complément des « financements ordinaires » (essentiellement le paiement à l'acte), des enveloppes sont dédiées au travail « hors soins » des équipes pluriprofessionnelles qui accompagnent ces patients éloignés du soin (médecins généralistes, psychologues, médiateurs en santé, accueillants...) et aux actions de santé « participative », destinées à renforcer les connaissances en santé et l'autonomie des usagers, comme des ateliers collectifs (activité physique adaptée, enfants et écrans, douleur...). Il finance aussi des consultations de psychologie et le recours à des interprètes.
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Risques
Journée nationale de la résilience : l'appel à projets vient d'être lancé
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Pour la cinquième fois, un nouvel appel à projets vient d'être lancé pour organiser des actions de sensibilisation sur les risques naturels et technologiques. Les porteurs de projets, notamment les collectivités, peuvent déposer leur dossier pour voir leurs actions labellisées et pour bénéficier d'un soutien financier et technique.
En 2022, le gouvernement annonçait son intention d’instaurer une « journée nationale de la résilience face aux risques naturels et technologiques », le 13 octobre, mise en œuvre par toutes les parties prenantes (services déconcentrés de l’État, collectivités, associations et professionnels), avec pour objectif de « faire connaître au grand public les conséquences d’une catastrophe » et de « permettre aux citoyens de connaître les risques auxquels ils sont exposés » et « de se former aux comportements qui sauvent ».
Cette semaine une cinquième édition de cette Journée nationale de la résilience a été annoncée pour 2026. L’annonce a été suivie par l’ouverture de l’appel à projets permettant à toutes les parties prenantes (notamment les collectivités) de « proposer une action ou organiser un événement » lors de cette journée mais aussi tout au long de l'année.
Culture du risque
« Sensibiliser, informer et acculturer tous les citoyens aux risques majeurs, naturels et technologiques (…) dans une logique d’actions concrètes et dans l’objectif de contribuer à la préparation de tous aux bons comportements en cas de survenance d’une catastrophe » : tel est le principe de l’appel à projets « Journée nationale de la résilience ».
Dans un contexte où les risques liés aux catastrophes naturelles, notamment du fait du changement climatique, et ceux liés aux activités industrielles et technologiques s’accentuent, l’acculturation des populations sur ces sujets doit se faire tout au long de l’année, avec « un point d’orgue le 13 octobre, en cohérence avec la journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes de l’Organisation des Nations unies ».
Des projets portés par des citoyens, employeurs publics, élus, collectivités territoriales, établissements d’enseignement, opérateurs publics, ou encore associations peuvent ainsi être présentés pour obtenir une labellisation par les services de l’État.
Cette labellisation intitulée « Face aux risques agissons » permet dans un premier temps de bénéficier du kit de communication officiel et d'être répertorié sur la cartographie nationale : carte-jnr.fr. Aussi, les projets labellisés tout au long de l'année pourront faire l'objet d'un soutien financier « mesuré ». Pour cela, il faudra candidater avant le 1er octobre. « Les modalités de demande de soutien financier seront transmises dans le mail de confirmation de labellisation », peut-on lire dans le règlement de l’appel à projets.
En 2025, ce sont plus de 14 000 actions de sensibilisation aux risques naturels et technologiques qui ont été organisées. Par exemple, la municipalité de Saint-Romain-de-Colbosc (Normandie) a été labellisée l’année dernière pour l’organisation d’une semaine de la résilience. La communauté de communes Dronne et Belle a également été labellisée pour une action d’harmonisation des PCS et le développement d’un PICS adapté. Plus d’exemples inspirants sont à découvrir sur le site écologie.gouv.fr.
Comment candidater ?
Pour déposer une candidature il suffit de se rendre sur la plateforme démarche.numérique.gouv.fr et de remplir un questionnaire d’une durée estimée à une demi-heure. Ce guichet restera ouvert jusqu’au 10 décembre 2026.
Les porteurs de projets doivent s’inscrire dans au moins un des 3 objectifs fixés : développer la culture sur les risques naturels et technologiques ; se préparer à la survenance d’une catastrophe ; développer la résilience collective aux catastrophes.
Chaque candidat recevra une réponse dans un délai de 3 semaines maximum à compter de la réception d’un dossier de candidature complet. Un référent de l’État est désigné par territoire pour accompagner les porteurs de projet.
Notons que des prix seront attribués aux projets les plus innovants ou efficaces. Pour les projets souhaitant concourir à un prix « Journée Nationale de la Résilience », les dossiers pourront être déposés jusqu’au jeudi 10 septembre 2026.
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Journal Officiel du mercredi 4 février 2026
Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
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