Plusieurs collectivités ont présenté leurs actions en faveur de ce dispositif qui vise tant à réduire les émissions de gaz carbonique - les récentes lois confiant un rôle en termes de développement durable aux autorités organisatrices de mobilité (AOM), qu’à créer une complémentarité, notamment dans les zones rurales et péri-urbaines, avec les transports en commun et desservir ainsi les zones enclavées.
« Il existe plusieurs manières d’agir » pour les collectivités, a rappelé Jean Robert, du Cerema, qui a présenté pour sa part une étude réalisée à partir de douze services de covoiturage mis en place par des collectivités : l’auto-stop organisé, en complément des transports en commun sur un territoire périurbain ; la mise en relation des conducteurs et passagers via une plateforme ou une application mobile ; ou une ligne de covoiturage (en desserte pôle à pôle). La mise en place d’aires de covoiturage, souvent sur des parkings déjà existants, est aussi une solution couramment employée.
Le Cerema a également évalué les dispositifs existants, en concluant de manière similaire à l’Ademe que si les plateformes donnent une visibilité et permettent également de tirer des données sur les trajets, « 80 à 90 % des covoitureurs ne les utilisent pas » ; en effet, une fois un covoitureur identifié sur un trajet régulier domicile-travail, conducteur et passager s’arrangent entre eux.
D’ailleurs, comme le souligne l’Ademe, « il y a peu d’échange d’argent, il s’agit d’alternance de véhicule dans la majorité des cas ».
D’où la difficulté pour les collectivités de mesurer l’impact de leur action - et la raison pour laquelle les actions de sensibilisation et d’animation d’un réseau semblent plus efficaces que la mise en oeuvre d’une plateforme, « car elles semblent avoir un effet durable », a complété Mathieu Chassignet. Elles peuvent toutefois être complémentaires.
En effet, la mise en place d’une action de promotion du covoiturage (avec subvention de trajet pour les conducteurs) au printemps dernier a permis l’augmentation de 60 % du nombre d’inscrits sur la plateforme Karos, développée avec une startup par le conseil départemental de l’Essonne, a témoigné Gilles Besnard, son chef de projets au service Stratégie, Mobilités essonniennes et Grand Paris. Cependant, sur près de 12 000 inscrits fin septembre, seuls 1800 étaient actifs - ce qui relativise l’impact de l’action.
Selon le Cerema, plusieurs leviers pourraient permettre de développer le covoiturage : la création d’une indemnité kilométrique de covoiturage, pour encourager les conducteurs au-delà du simple partage des frais ; ou encore la mise en place d’une « preuve de covoiturage », réclamée par certains employeurs, « pour gratifier les usagers reconnus d’avantages financiers ou non ».
Télécharger le guide méthodologique de l’Ademe.

