Cette question des moyens de la médecine scolaire a été écartée par la ministre de la Santé pour deux raisons. La première, c'est que l'article 2, adopté hier, prévoit l'instauration d'un « parcours éducatif de santé » et non un parcours de soins, a précisé Marisol Touraine. Il ne s'agit donc pas, selon elle, « de donner du travail et des responsabilités en plus à la communauté médicale scolaire » (le code de l’Éducation prévoit déjà son rôle en matière de promotion de la santé à l'école), mais de faire en sorte que « l'équipe pédagogique s'approprie cette question de la santé » et que les agences régionales de santé et les rectorats travaillent davantage en lien pour promouvoir des actions de promotion de la santé tout au long de la scolarité.
Deuxième raison : cette question des moyens lui échappe. La médecine scolaire relève en effet du ministère de l’Éducation nationale. Mais « si l'organisation et les moyens ne suivent pas, ces intentions (de création d'un parcours de santé NDLR) se révéleront n'être que des leurres », a insisté la députée UMP d’Ille-et-Vilaine Isabelle Le Callennec.
De son côté, le SNMUS-Unsa espère que la négociation entamée avec le ministère de l’Éducation nationale sur une revalorisation des emplois de médecins scolaires - à l'arrêt depuis janvier – reprenne. « Il y a 300 postes vacants de titulaires aujourd'hui parce que la profession n'est plus attrayante. Nous avions obtenu une revalorisation en 2011 mais nous sommes revenus aujourd'hui à la situation de 2009 : un jeune médecin scolaire qui débute sera moins bien payé qu'un interne. On reste les médecins les plus mal payés de la fonction publique », dénonce Jocelyne Grousset.

