Les Français portent un jugement assez sévère sur les quartiers en difficulté. Ils sont ainsi plus nombreux qu’il y a cinq ans à associer ces quartiers à des images négatives telles la délinquance (92 % des personnes interrogées) et le chômage (94 %). En cinq ans, la proportion des Français qui pensent que l’on en fait trop pour les banlieues progresse de 11 %.
Ces résultats sont issus d’une étude du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) réalisée en janvier 2014 à la demande de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE) juste avant sa fusion au sein du Commissariat général à l’égalité des territoires. L’étude, qui portait sur l’évolution du regard sur les quartiers sensibles et les discriminations entre 2009 et 2014, a été rendue publique ce mois-ci.
Même si 78 % des Français se disent préoccupés par les quartiers sensibles, l’intérêt qu’ils leur portent a diminué de 6 points par rapport à 2009. « En même temps, le regard que portent nos concitoyens sur ces quartiers s’est durci », révèle l’étude du Crédoc. Ainsi, les Français sont moins nombreux qu’en 2009 à penser qu’il existe une forte solidarité entre les habitants de ces quartiers (51 %, - 7 points), qu’il y a de nombreuses opportunités pour monter des projets (44 % - 7 points), que les jeunes issus de ces quartiers constituent une richesse pour notre pays (43 %, - 5 points).
Parallèlement, les connotations négatives continuent de dominer : 94% des personnes interrogées pensent qu’il y a trop de chômage et 92% (+2 points) pensent que la délinquance est particulièrement présente dans ces quartiers.
Face à ce constat d’échec, 84 % des Français estiment que l’Etat devrait intervenir davantage pour améliorer la situation. Viennent en tête des mesures qui devraient être mises en place : l’aide aux élèves en difficulté scolaire (94 %) et le développement économique (86 %).
Autre évolution notable : la demande de mesures dites « sécuritaires »  progresse fortement. En 2014, 82% des Français considèrent que le développement de la police de proximité serait un moyen efficace pour améliorer la situation et 76% évoquent la piste des punitions plus sévères vis-à-vis des délinquants : +7 et +5 points respectivement par rapport à 2009.
Le regard des habitants de ces quartiers « diffère assez peu de celui de l’ensemble de la population », souligne également l’étude du Crédoc. Ainsi, ils sont 81 % à répondre que les inégalités de revenus sont pour eux un sujet de préoccupation, contre 79 % pour l’ensemble de la population. De même, peu de différence non plus en ce qui concerne le traitement de la pauvreté : il s’agit d’un sujet de préoccupation pour 96 % des habitants des quartiers sensibles, contre 94 % pour l’ensemble des Français.

Télécharger l’étude du Crédoc.