L'objectif de 100 000 nouvelles solutions est donc en passe d'être atteint, « voire dépassé car les projections nous portent à 125 000 enfants supplémentaires accueillis en crèche d'ici à la fin 2017 », précise à Maire Info le directeur de la Cnaf, Daniel Lenoir. Si la tendance est tenue, la manière d'y parvenir, elle, n'est, en revanche, pas forcément conforme à ce qui était attendu. Le retard dans la création de crèches « a été rattrapé », mais le nombre de destruction de places reste élevé, même s'il est redescendu en 2015 en dessous de 5000 (quand la COG fixait un objectif plutôt autour de 3000 par an).
Les micro-crèches financées par la Paje continuent, elles, à fortement se développer. Pour rappel, ces structures disposent d'un cadre réglementaire plus souple que les crèches (en contrepartie d’un accueil limité à 10 enfants maximum). Lorsqu’elles sont financées par la Paje, leurs tarifs ne sont pas soumis au barème de la Cnaf comme les autres Eaje. Elles sont gérées en grande majorité par des associations ou des entreprises à but commercial. Ce fort développement n'est « pas encore un problème mais un sujet de préoccupation » pour la Cnaf. « Il nous faudra peut être l'organiser davantage pour éviter les dérives possibles », précise son directeur. Ces dérives ne sont pas légion mais suffisamment notoires pour ne pas passer inaperçues : comme de faire co-exister deux micro-crèches côte à côte, une façon de contourner les contraintes qu'aurait imposé une seule crèche. Autre dérive : l’implantation là où les besoins ne sont pas évidents, au risque de déstabiliser l'offre existante.
De façon plus globale, les crèches privées (commerciales ou associatives) affichent un taux de croissance supérieur aux crèches publiques. Cette tendance s’affirme cette année encore. De là à parler d’un désengagement des collectivités ? « Un désengagement relatif », modère Daniel Lenoir, et dont « rien ne dit qu’il sera durable ». Même si les perspectives financières ne présagent pas de meilleures marges de manœuvre…

