Il faut se souvenir que cette remise en question des critères et des modalités d'attribution des places en crèche remonte à une promesse du candidat Macron, défendue par la secrétaire d’État à l'Egalité entre les femmes et les hommes autour du concept d'un « pacte transparence crèche ». C'est un amendement d'un député La République en Marche qui a repris cette idée à l'occasion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale en octobre 2017. L'AMF avait alors critiqué le manque de concertation préalable, et contesté l'accusation d'absence de transparence dans les pratiques des collectivités.
Selon l'AMF, dans l’immense majorité des communes, les critères d’attribution sont liés aux contextes locaux et les attributions de places ont lieu lors de commissions où siègent notamment des parents. Ce qui manque, ce sont donc surtout les places en crèches… La décision couperet du Conseil constitutionnel ne met pas pour autant les maires à l'abri. Car le Conseil constitutionnel n'a pas tranché sur le fond du sujet mais sur le caractère de « cavalier » de cet article dans une loi de financement de la Sécurité sociale, où ne peuvent être prévus que « des rapports susceptibles d'améliorer l'information et le contrôle du Parlement sur l'application de ces lois de financement ». Le projet risque de revenir sur la table à l'occasion de la négociation de la prochaine convention d'objectifs et de gestion entre la branche famille (la CNAF) et l’État qui doit bientôt débuter. La CNAF s'est d'ailleurs déjà dite plutôt favorable à cette idée d'afficher plus de transparence, en proposant d'ailleurs d'utiliser pour cela son site monenfant.fr.
Quant aux moyens de moduler un peu plus les financements accordés aux gestionnaires de crèches, cela reste un objectif d'actualité.

