« Un pilotage national mais une coproduction territoriale, c'est la spécificité française de l'accueil des réfugiés que je défends », a réagi le préfet Kléber Arhoul, nommé récemment coordinateur national pour l'accueil des réfugiés. La délégation aux collectivités territoriales du Sénat qui organisait cette table ronde avait pensé à inviter les représentants de l’État. Ceux-ci ont voulu rassurer les élus locaux sur plusieurs points. Le premier est que la réduction des délais d'instruction des dossiers de demande d'asile, à tous les stades de la procédure, commençait à se mettre en place, de même que le renforcement des moyens de l'OFPRA (office chargé du traitement des demandes d'asile). Cette accélération du traitement des dossiers fait partie des modifications introduite par la réforme de l'asile. L'enjeu est, en accélérant la procédure, de réduire la durée d'attente et d'hébergement dans les centres d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) et de faciliter le retour, plus rapide, des déboutés (ceux à qui l'asile est refusé).
Le directeur général des étrangers en France, Pierre-Antoine Molina, a également voulu rassurer les élus sur la prochaine répartition des demandeurs d'asile, à l'avenir encadrée par un schéma national d'hébergement (une réforme également née de la loi asile). Cette répartition serait forcément « équilibrée ». « Là où les collectivités ont un rôle à jouer », a-t-il pointé, c'est dans la recherche du foncier nécessaire à la création des nouvelles places de CADA, ainsi qu'en aidant à ce « que la population accepte ces nouvelles structures », un point parfois sensible.
Si l'Europe doit faire face à un flux migratoire exceptionnel depuis quelques mois, la France ne subit pas d'afflux massif de demandeurs d'asile, a voulu relativiser Pierre-Antoine Molina. La demande d'asile, qui avait déjà diminué en 2014 de 5% par rapport à l'année précédente, devrait rester à la même échelle en 2015. En revanche, la France accueillera 31 000 réfugiés supplémentaires en deux ans, au titre de la relocalisation décidée entre les pays européens pour soulager les pays d'entrée notamment, l'Italie et la Grèce.
N.B. : Un atelier du prochain Congrès de l'AMF abordera cette thématique : « Europe : les communes et les intercommunalités face aux défis des migrations » (jeudi 19 novembre, 14 h30).

