A l'occasion de cette deuxième campagne à laquelle ont participé, via un portail web gratuit, 165 collectivités représentant 314 000 agents, le président de l'ADRH-GCT, Johan Theuret, a rappelé la philosophie de ce projet lancé en 2015. « Si les données nationales sur l'absentéisme sont intéressantes, elles ne donnent que des tendances, indique-t-il. L'intérêt du benchmark pour les collectivités est de se comparer entre elles par taille et par strate notamment et de permettre à terme une cartographie locale. Ce taux 2016 n'est pas une grande surprise et la hausse n'est pas considérable. Il faudra attendre quatre à cinq ans pour en tirer de véritables conclusions. »
Selon les données fournies par 64 communes, 38 départements, 37 EPCI, 18 CCAS, 3 SDIS, 2 régions, 2 centres de gestion et un « divers », l'augmentation du taux d'absentéisme entre 2015 et 2016 est dû à celle du taux pour maladie ordinaire (4,42 %) et de celui pour accident du travail (0,87 %). Parmi les autres causes d'absence prises en compte dans cette étude figurent la maladie professionnelle, les congés longue/grave maladie et les congés longue durée. Les CCAS (12,1 %) et les communes (8,5 %) enregistrent les plus forts taux d'absentéisme devant les EPCI et les départements. En outre, les agents de catégorie C ont un taux d'absentéisme moyen trois fois plus élevé (10 %) que les agents de catégorie A et deux fois plus élevé que les agents de catégorie B. La moyenne d'âge des agents parmi les collectivités répondantes est de 45,8 ans.
« De fortes variations de taux apparaissent également selon les filières, observe Johan Theuret. Les filières technique, médico-sociale et sociale étant de loin les plus concernées. Des critères de pénibilité physique mais aussi psychologique peuvent être évoqués. »
Dans cette version 2016 du benchmark, les collectivités ont également détaillé les actions de prévention mises en oeuvre face à l'absentéisme, même si elles sont confrontées principalement au manque de ressources (58,2 %) et à l'absence de budget (36,4 %).
La formation « gestes et postures » est ainsi la solution de prévention la plus déployée (plus de 90 % des répondants) et les travaux ergonomiques sur les postes de travail la plus bénéfique (plus de 80 % des répondants) tandis que la contre-visite médicale ciblée est perçue comme décevante par quelque trois quarts des répondants y ayant recouru. A noter que 84 % des collectivités n'ont pas conduit un audit détaillé des causes de l'absentéisme.
Afin d'enrichir le portail, l'ADRH-GCT entend y adjoindre prochainement des ressources orientées vers la prévention. Elle projette aussi de fédérer en 2018 les statistiques absentéisme de 250 collectivités représentant 400 000 territoriaux.

